Une guerre sur tous les fronts contre le Choléra à Kalemie

A Kalemie, chef de lieu de la Province du Tanganyika, le choléra est une maladie endémique. De nombreux ménages prélèvent de l’eau du lac gigantesque et la consomment sans traitement malgré les nombreuses maladies hydriques susceptibles d’affecter leur santé. En 2017, 5496 cas de choléra ont été déclarés et 130 décès sont à déplorer.

Les postes de chloration

Différentes solutions simples existent pourtant : le chlore permet d’aisément éliminer les microbes les plus néfastes pour ces familles afin de prévenir les maladies cholériques, typhoïdes et diarrhéiques.

©UNICEF/Kalemie/Novembre 2017/Luc Pavot

Dans le quartier de Kitchanga, sur une artère donnant directement sur le lac, Amisi tient un point de chloration. Il injecte ainsi quelques gouttes de chlore dans les seaux, bidons et bassines des 300 à 500 personnes par jour qui viennent le voir après avoir puisé leur eau dans le lac. Ces quelques gouttes sont suffisantes pour sauver les vies des familles qui consommeront cette eau et les prévenir des maladies hydriques qui sont fréquentes à proximité du lac.

©UNICEF/Kalemie/Novembre 2017/Luc Pavot

Depuis mars 2017, le CERF (Central Emergency Response Fund) a permis l’instauration de près de 80 postes de chloration dans le Tanganikya qui profitent jusqu’à 40 000 personnes chaque jour.

Les puits réhabilités

A Mukuku, en périphérie de Kalemie, se situe un des 10 puits réhabilités de la région qui permettent aux communautés proches d’avoir une source d’eau traitée accessible. Certaines personnes parcourent jusqu’à 1km équipées de leurs lourds bidons pour accéder à ces points, et cela 3 ou 4 fois par jour afin d’obtenir assez d’eau pour subvenir aux besoins de leurs familles.

©UNICEF/Kalemie/Novembre 2017/Luc Pavot

Il faudra par ailleurs être patient car en fonction de la saison, les nappes peuvent être moins abondantes en eau et le débit du puit s’en voit considérablement réduit. Certains attendront jusqu’à 30 minutes certains jours pour remplir un bidon d’une dizaine de litres. Avec l’arrivée des personnes déplacées internes suite au conflit inter communautaire survenu dans la province depuis Novembre 2016, une forte demande en eau autour des points d’eau s’est fait sentir dans les communautés d’accueil. A cela s’ajoute le risque de transmission du choléra suite à la promiscuité et les mauvaises conditions d’hébergement dans ces mêmes communautés. C’est le cas de la communauté de Mukuku.

©UNICEF/Kalemie/Novembre 2017/Luc Pavot

Cependant, ces puits traités au chlore directement sont une source primordiale et nécessaire pour les ménages avoisinants qui peuvent obtenir une eau saine qui les préviendra de la maladie. 
 
 Le projet CERF a permis de réhabiliter 10 puits et 30 sources d’eau; soit un total de 40 points d’eau.

Une équipe d’intervention rapide

Dans les cas de choléra déclarés, une équipe de désinfection rapide a été mis en place. Equipée d’une combinaison de protection, de masques et de diffuseurs en spray, cette équipe de 3 personnes est appelée à intervenir le jour même pour désinfecter les habitats des malades identifiés.

©UNICEF/Kalemie/Novembre 2017/Luc Pavot

A l’aide d’une pompe manuelle, les désinfecteurs vont remplir le bidon dorsal de chlore HTH afin de les répandre dans les habitats qui ont été touchés par la maladie et de prévenir tout risque de présence résiduelle de la maladie. Il faudra diffuser ce produit sur les murs, sols, plafonds et latrines du ménage affecté ainsi que dans les 5 autres avoisinants. Il est impératif de traiter ces cas sur une zone élargie afin de prévenir toute possibilité que d’autres personnes soient affectées.

©UNICEF/Kalemie/Novembre 2017/Luc Pavot

En septembre 2017, 149 cas ont été déclarés et 149 fois cette équipe est intervenue pour désinfecter 894 ménages à l’aide de ce produit chloré.

Un club des mères pour une prévention efficace

©UNICEF/Kalemie/Novembre 2017/ Mandela Longa & Ayawavi Dogbe

Afin de prévenir la maladie, Clémentine, Brigitte, Bernadette, Elodie, Sergine, et Justine, des mères volontaires, se réunissent en tant que membres du Club des mères de Lubuye. En binôme, les 22 mères de ce club, visitent en moyenne deux fois par semaine, plus d’une centaine de maisons pour sensibiliser les ménages de leur communauté sur différents sujets (l’assainissement, la prévention des maladies d’origine hydrique, lavage correcte des mains, la vaccination). Outre les bons conseils qu’elles partagent avec leurs concitoyens, elles se chargent aussi de remonter les problèmes que rencontrent les ménages en ce qui concerne la difficulté d’accès à l’eau potable par exemple, afin que des solutions soient trouvées.

Les Clubs des mères sont des structures en place et fonctionnelles depuis longtemps dans tous les territoires du Tanganyika, le fonds CERF a servi à les redynamiser. Les mères sont bien sûr formées avant de commencer les sensibilisations.

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L’UNICEF, ses partenaires, avec le support du fonds CERF, intervient sur les différents aspects du Choléra par la prévention, l’assainissement, la désinfection, la prise en charge des malades et l’adoption de bonne pratique d’hygiène afin d’entraver la propagation de cette maladie et dans l’espoir de connaître la fin de cette endémie au Tanganyika.

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