La malnutrition chronique au Sud-Kivu

Au début de cette année, j’ai voyagé avec l’UNICEF au village de Bunyakiri dans la province du Sud-Kivu, à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) pour couvrir un événement en faveur des enfants de moins de trois ans souffrant de malnutrition chronique.

Bunyakiri est un village très éloigné : nous avons mis six heures pour nous y rendre depuis Bukavu, sur des chemins de boue. Si les vieux camions transportant des marchandises s’embourbent, vous pouvez parfois attendre de longues heures avant de pouvoir continuer le voyage.

Le village offre un calme précaire. La plupart des villageois de Bunyakiri et des villages voisins n’osent pas s’éloigner à plus 2 kilomètres du village. Bunyakiri offre un calme précaire : autour d’eux, dans la jungle, différents groupes rebelles circulent, attaquent et pillent des villages, violent des femmes. Cela crée un problème très complexe pour les habitants. Ils ont peur et ne veulent plus sortir du village. Ils ne peuvent plus cultiver leurs petites terres pour couvrir leurs besoins alimentaires.

De nombreux jeunes enfants souffrent de malnutrition. A l’ancien hôpital, on retrouve deux enfants de moins de cinq ans qui bénéficient d’un traitement pour la malnutrition aigüe.

Le premier est si faible qu’il ne peut même pas tenir les yeux ouverts. La peau du second garçon a changé de couleur le long de ses jambes en raison des carences nutritionnelles.

Les quelques médecins de l’hôpital sont exténués mais travaillent d’arrache-pied et avec patience pour fournir les soins nécessaires et redonner espoir à la plupart des malades.

De l’autre côté du village, entouré de collines vertes géantes et d’un paysage à couper le souffle, se trouve un autre centre médical. Un chaos ordonné y règne.

Dans la petite tente blanche, des jeunes mères font la queue sur des bancs en bois, pour consulter les deux médecins stressés. Ceux-ci pèsent les enfants pour découvrir d’éventuels signes de malnutrition chronique. L’attente semble interminable.

Non loin de là, deux femmes locales ont rassemblé un groupe de mères pour des cours de cuisine afin de leur montrer comment cuisiner des aliments nutritifs et sains, pouvant être cultivés dans leur propre jardin.

Elles ont montré comment mélanger de la banane, de l’arachide et de l’eau pour obtenir une bouillie sucrée.

Dans des tasses en plastique colorées, chaque participante a goûté la nouvelle recette. Toutes semblent apprécier et s’accordent à dire qu’elles pourraient préparer cela à la maison.

Le travail à petite échelle qui se fait à Bunyakiri aura certainement un impact pour les enfants de ce village éloigné de l’Est de la RDC. Malheureusement, les activités menées demeurent à un niveau trop restreint.

Il est nécessaire de mettre en place des actions de grande envergure pour lutter contre la malnutrition chronique dans la région.

Réalisé par Fredrik Lerneryd

Traduit de l’anglais par Eric Ahassa