Yvonne, une volontaire communautaire hors pair

Lutte contre la malnutrition

A Bamande, une aire de santé située dans la zone de santé de Komanda, au sud-ouest de la Province de l’Ituri en République Démocratique du Congo (RDC), Yvonne Nengo, 30 ans, ne passe jamais inaperçue.

Un problème de santé publique

Carnet de dépistage et jetons de référencement en main, la jeune mère fait le tour du village, trois fois par semaine, pour dépister la malnutrition aiguë chez les enfants de moins de 5 ans, suivre leur traitement et sensibiliser la communauté sur ce problème de santé publique.

« Quand j’arrive dans une famille, je me renseigne sur l’état de santé des enfants et sur d’autres problèmes d’hygiène et d’assainissement affectant la communauté locale » a déclaré Yvonne.

« Avec ce petit bracelet, je mesure la circonférence de l’avant-bras de l’enfant, puis je note les résultats dans mon carnet. Quand la petite flèche sur le bracelet est au jaune (entre 115 et 125 mm), l’enfant souffre de malnutrition aiguë modérée. Mais si la flèche pointe sur la zone rouge, en dessous de 115 mm, c’est la malnutrition aiguë sévère » a-t-elle précisé.

La malnutrition aiguë sévère en Ituri recule grâce à la mobilisation communautaire

Sur plus de 80 enfants dépistés et admis au centre de santé de Bamande entre avril et juin 2017, près de la moitié a été référée au centre par Yvonne. La plupart provient des populations déplacées internes.

A l’instar d’Yvonne, 80 autres volontaires communautaires participent activement à la sensibilisation des familles sur la gestion de l’eau , les bonnes pratiques d’hygiène et d’assainissement et bien d’autres pratiques familiales essentielles incluant l’alimentation adéquate du nourrisson et du jeune enfant.

Le volontariat communautaire a aussi permis d’identifier et d’orienter les enfants malnutris vers les huit centres de santé appuyés par l’UNICEF et ses partenaires dans les zones de santé de Komanda et de Mambasa

Combattre les préjugés pour sauver des vies

« Ma fille était en train de mourir lentement sous mes yeux, je pensais que c’était de la sorcellerie. Mais Yvonne m’a montré que l’enfant souffrait de la malnutrition. Depuis, elle a été référée au centre de santé où elle reçoit des soins alors que moi, je reçois des conseils sur l’alimentation adéquate des enfants. Ma fille va beaucoup mieux maintenant » a témoigné Paulin, 40 ans, habitant de Bamande.

Pour Dr Guy Lorry, médecin directeur de l’Hôpital Général de référence de Komanda, le travail des relais communautaires a aidé beaucoup de parents à prendre conscience de la malnutrition et à emmener leurs enfants dans les centres de santé pour des soins appropriés.

Améliorer la qualité d’eau et assainir le milieu de vie

Depuis le début du projet en octobre 2016, 991 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévères ont été pris en charge dans les centres de santé de Komanda et 1169 familles ont été sensibilisées sur les pratiques familiales essentielles grâce à la mobilisation communautaire et à l’appui financier du Fonds central d’intervention d’urgence (CERF).

Des kits d’hygiène ont été distribués aux familles des patients admis dans les structures de prise en charge de la malnutrition aiguë sévère. Leur utilisation a permis d’avoir l’eau potable et d’améliorer l’hygiène dans les communautés.

Dans les structures sanitaires, l’approvisionnement en kits composé de balais, de dispositifs de lavage des mains et de produits de traitement d’eau (Aquatab) ainsi que la construction et réhabilitation de latrines et incinérateurs ont contribué à améliorer la gestion des déchets médicaux et l’hygiène du milieu.


Par Jeannot Kassa, Consultant en communication au bureau de l’UNICEF pour la Zone Est