Première année scolaire pour Naomie

Le programme « Educate A Child » permet à Naomie et à 13 200 autres enfants de l’ancienne Province Orientale de bénéficier d’une éducation primaire de qualité.

Affrontant la pluie, Naomie a pris le chemin de l’institut Tobongisa de Kisangani, au nord-est de la République démocratique du Congo, de bonne heure pour être ponctuelle. Naomie a 7 ans et c’est sa première année scolaire.

Naomie attend le professeur pour débuter la leçon

« Il y a beaucoup d’enfant de mon âge qui ne vont pas à l’école car leurs parents n’ont pas d’argent. Dans ma famille, seule ma demi-soeur va à l’école car son père peut payer les frais scolaires ».

Malgré son jeune âge, Naomie est consciente de la chance qui lui est offerte. Elle bénéficie du programme « Educate A Child », financé par la Fondation Qatari Education above all et mis en place par l’UNICEF. Le but de ce programme est de permettre aux enfants affectés par l’extrême pauvreté d’avoir accès à une éducation primaire de qualité.

Naomie apprenant à écrire à l’aide de son professeur.

« Grâce à l’école, je deviendrais une mère responsable »

En raison de la météo, le professeur est en retard et seule une douzaine d’élèves sont présents quand Naomie arrive en classe. En élève appliquée, elle en profite pour réviser ses leçons.

« J’aime beaucoup étudier, surtout le ‘’français lecture’’ », dit-elle.

Dans sa classe, 9 élèves profitent du programme. Ils ne sont pas tous aussi assidus que Naomie. Pour les aider dans leur scolarité, une équipe constituée du directeur de l’école, d’enseignants, et du président du comité des parents, est chargée de surveiller la scolarité de ces élèves.

Naomie au tableau pour son cours de “français lecture”

« Certains élèves du programme sont régulièrement absents », explique Élysée Vuanazode, une enseignante. « Nous sommes alors chargés de nous rendre au domicile des parents pour évaluer la situation. La plupart du temps, ils nous disent qu’ils n’ont pas les moyens de vêtir leurs enfants, et qu’ils ne peuvent pas les envoyer en classe dans un uniforme sale. Pour ces familles extrêmement pauvres, il est parfois difficile de prioriser la scolarité face aux autres dépenses. Elles sont en quelque sorte victimes d’un certain complexe d’infériorité. À nous alors de les convaincre de renvoyer leur enfant à l’école, et de trouver des solutions pratiques ». Ainsi, pour les aider à rattraper leur retard scolaire, le programme finance également des tuteurs pour leur donner des cours de rattrapage individuel.

Naomie et ses camarades en récréation

Des activités para-scolaires sont également organisées une fois par semaine, sous forme de jeux, pour faciliter leur intégration, les stimuler et leur faire aimer l’école. Une méthode qui semble porter ses fruits pour Naomie : au 2ème trimestre, elle a obtenu 61 % aux examens alors que la moyenne de la classe était de 50 %. « Grâce à l’école, je deviendrais une mère responsable ».

Une éducation de qualité pour chaque enfant

En partenariat avec “Educate a Child” et le gouvernement de la RDC, UNICEF implémente le projet “ Equitable Quality Primary Education for All Children”. Ce projet vise à s’assurer que chacun des 1,5 millions d’enfants de la RDC puisse avoir accès à une éducation primaire de qualité.

Sur le territoire de l’ancienne Province Orientale, le programme permet de scolariser 13 200 élèves parmi les plus vulnérables, soit 30 élèves répartis dans 440 écoles à Kisangani, Banalia, Ubundu, Buta, et Aketi.