À Kalan, la communauté s’unit pour la santé des enfants

La participation des communautés à la base est essentielle pour garantir le développement local. Kalan en est un parfait exemple. Située à quinze kilomètres de la commune urbaine, cette sous-préfecture de Labé s’est distinguée par la mobilisation de sa population autour des autorités et des partenaires au développement pour une meilleure santé de ses habitants, particulièrement celle des enfants.

Faisant suite à une réunion de plaidoyer de haut niveau qui a rassemblé les sous-préfets de Labé, le maire Thierno Abdoulaye Diallo, le chef du centre de santé Joseph Ouendeno, le sous–préfet de Kalan Lansana Bangoura a lancé un appel à la communauté pour une rencontre collective le 21 juillet 2017 dans le district de Missidè Tiga, secteur de Sireya. La population de Kalan a massivement répondu à l’appel : les sept présidents de district étaient présents, ainsi que les agents communautaires, les ressortissants de Kalan résidant à Labé, la radio rurale de Labé, les notables et les jeunes.

Les femmes sont venues en grand nombre, accompagnées de leurs jeunes enfants. Après la sensibilisation, la communauté de Kalan, touchée par les messages reçus, a décidé d’offrir un bâtiment pour abriter le poste de santé et un logement pour le chef de poste qui sera muté dans leur district.

Les activités mises en œuvre ce jour portaient sur la vaccination des enfants âgés de 0 à 1 an, les démonstrations culinaires pour les enfants âgés de 6 mois à 2 ans, le dépistage de la malnutrition chez les enfants de 0 à 5 ans et la recherche des cas de poliomyélite dans les communautés.

La forte mobilisation communautaire a permis le rattrapage vaccinal de 27 enfants dont six âgés de 0 à 1 an qui n’avaient jamais été vaccinés auparavant.

Téwa Marie Ouendeno, consultante en Communication pour le développement à l’UNICEF et très active dans l’organisation et la mise en œuvre de ces rencontres communautaires, revient sur une autre catégorie d’enfants ciblés par la mobilisation :
« En plus des enfants jamais vaccinés, nous avons aussi les abandons, c’est à dire, des cas où les mères commencent la vaccination mais ensuite ne respectent plus les rendez-vous établis pour le suivi du calendrier vaccinal. »
À Kalan, les jeunes de la communauté sont particulièrement actifs dans la recherche des cas d’abandons. Ils se rendent dans les communautés avec les agents de santé pour faire le suivi des enfants et s’assurer qu’ils sont à jour dans leurs vaccins.

En ce qui concerne les cas de polio, il est fréquent que des agents communautaires volontaires appuyés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et des groupes de soutien, procèdent à des recherches porte à porte de cas de Paralysie Flasque Aigüe (conséquence de la polio) dans les familles. Fort heureusement, aucun cas de poliomyélite n’a été identifié et ni aucun cas de malnutrition dépisté parmi les enfants testés ce jour.

Au vu de ces résultats encourageants, les notables de la localité ont exprimé leur grande satisfaction et leur fierté : « Nous sommes ravis de cette grande mobilisation et des résultats que nous avons enregistré aujourd’hui » a déclaré le représentant des notables, Thierno Ourausy Bah. « Si Kalan était la dernière sous-préfecture en termes de vaccination, je vous promets que Kalan sera exemplaire à compter de ce jour », a-t-il promis.

Les femmes aussi se sont engagées : « Nous les femmes de Kalan, nous nous engageons devant les autorités, les notables et toute notre communauté à ne manquer aucun rendez-vous de vaccination » a-déclaré Mme Aïssatou Diallo, leur porte-parole.

A travers ce processus d’engagement collectif, les services publics et la communauté, soutenus par les partenaires, œuvrent ensemble autour d’une vision collective au profit de la population. Après Kalan, d’autres sous-préfectures telles que Noussi, Popodra, Garambé et Dionfo ont elles aussi tenu des séances similaires et ont pu dépister et vacciner un grand nombre d’enfants. Les habitants de toutes ces localités sont véritablement des exemples car ils ont compris que le développement de leur localité dépend fondamentalement de leur implication personnelle.
Téwa Marie Ouendeno & Kadijah Diallo, UNICEF Guinée
