L’éducation des filles à Télimélé, une promesse tenue

© UNICEF /Afreecom

Dans la préfecture très enclavée de Télimélé où 62.5% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, le projet d’accélération de l’éducation des filles (PAEF) y a été initié pour la période 2013–2017. Il est le fruit d’un partenariat fructueux entre le Ministère de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation et l’UNICEF, avec l’appui financier de Canal+ à travers le Comité UNICEF-France. Il répond à l’atteinte de l’objectif 4 de développement durable à savoir « assurer l’accès à tous à une éducation de qualité sur un pied d’égalité et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ».

Aux prémices du projet, des constats alarmants avaient été révélés à Télimélé. Un enfant sur deux en âge d’aller à l’école n’y était pas, 93% des enfants âgés 3 à 6 ans ne bénéficiaient pas de programme d’éveil leur permettant de préparer leur entrée au cycle primaire, 87% des écoles de la préfecture étaient incomplètes et seulement 37% des filles scolarisées parvenaient à achever leur cycle primaire. Des constats qui ont scellé la promesse de parvenir à l’échéance 2017, à scolariser au moins 90% des enfants en âge d’aller à l’école dans les 9 sous-préfectures de Télimélé ciblées et de les maintenir avec assiduité en classe, tout en ayant une parité de filles et de garçons d’au moins 80%. 2017 touchant à sa fin, le 1er novembre a eu lieu un atelier de restitutions des résultats du projet dans le but de dresser son bilan. Cet atelier a été présidé par Hadja Mama Kany Diallo, Secrétaire au comité de genre et d’équité du Ministère de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation en présence de Casimir Diora, Secrétaire général du Ministère de l’Éducation National et de l’Alphabétisation, Marc Rubin, Représentant de l’UNICEF, Thiapato Barry, inspecteur régional de l’éducation de Kindia, ainsi que les membres des départements ministériels accompagnant le projet.

Une rencontre attendue qui a révélé que le PAEF a tenu toutes ses promesses, et est même allé au-delà des objectifs qu’il s’est fixé. Le projet a atteint le pourcentage remarquable de 104.6% d’élèves inscrits à l’école, avec 102% de filles inscrites au CP1 au Taux Brut d’Inscription (TBI), soit un accroissement global de 66%, avec 79% pour les filles. En outre, entre 2011–2012 et 2015–2016 la parité entre les filles et les garçons au (TBI) a augmenté de 0,13%. De plus à la fin du projet, 64% au Taux brut de Scolarisation du primaire (TBS) de filles sont inscrites, contre 52% de filles inscrites au départ. Pour finir, 48% d’élèves dont 39% de filles au Taux Brut d’Achèvement du cycle primaire (TBA) sont parvenues à aller au bout du cycle primaire, contre 46% dont 37% de filles en 2011–2012.

Ce qui fait dire à Thiapato Barry, inspecteur régional de l’éducation de Kindia, que « le projet a permis la réalisation de choses merveilleuses et prometteuses qui doivent être disséminées au niveau national ».

Thiapato Barry, Inspecteur régional de l’éducation de Kindia — © UNICEF/D. Diarra

Ces résultats ont été obtenus grâce à la combinaison de plusieurs facteurs. D’abord l’augmentation de la mobilisation communautaire et l’amélioration de la cogestion de l’école avec la mise en place de 130 Gouvernements d’Enfants (GDE). Ensuite, 710 apprenants des Centres d’Encadrement Communautaire (CEC) ont également reçu une dotation de kits récréatifs et éducatifs de l’UNICEF, sans compter la formation de 54 éducateurs et l’instauration d’un système de soutien scolaire, des petites filles par les grandes filles. Mais aussi par la construction de 18 écoles primaires, 5 classes spéciales (éducation primaire accélérée pour les enfants surâgé*), ainsi que 32 CEC et l’aménagement de 18 forages. Le projet a également mis des fournitures scolaires à disposition de 26.173 élèves d’écoles publiques.

Membres des départements ministériels invités à l’atelier de restitution des résultats — © UNICEF/D. Diarra

En somme, toutes ces dispositions ont permis d’aider les filles de Télimélé à relever le défi qui était le leur et de faire dans la même lancée, un saut important dans le processus de changement éducatif engagé dans la région. Ainsi, le projet PAEF a permis de convaincre et de mobiliser les parents sur l’importance d’inscrire et de maintenir leurs enfants à l’école.

à gauche photo d’un CEC et à droite photo de filles de Télimélé en salle de classe © UNICEF

Dans le même esprit, « il faut que ces acquis se conservent et que cette réalisation fructueuse fasse tache d’huile. Le résultat de la scolarisation des jeunes filles à Télimélé ne doit pas s’arrêter là » a indiqué Casimir Diora, Secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale et de l’alphabétisation.

Casimir Diora, Secrétaire général du Ministère de l’Education National et de l’Alphabétisation— © UNICEF/D. Diarra

Pour Marc Rubin, Représentant de l’UNICEF, même si les objectifs sont atteints « le défi est maintenant de pérenniser ces acquis et, si le Département est convaincu des effets positifs du projet, alors il doit planifier sans tarder la généralisation, sur l’ensemble du territoire de cette innovation ».

Marc Rubin, Représentant UNICEF — © UNICEF/D. Diarra

La scolarisation des jeunes filles de Téliméle leur donnera plus de chances de développer leur plein potentiel et leur permettra également de réduire les risques d’être mariée avant 18 ans, fléau qui touche la Guinée de plein fouet et dans lequel l’éducation a un rôle crucial à jouer.

Djontan Diarra, UNICEF Guinée

*Surâgé: le mot « surâgé » est utilisé par les spécialistes de l’éducation pour désigner l’enfant dont le niveau scolaire est en décalage par rapport à l’âge.

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