Risque de transmission mère-enfant du VIH : les succès du projet d’appui au système de santé à Palé et N’Zérékoré

Une mère écoutant avec attention les conseils de l’ATS. Crédit photo: UNICEF/JMJ

La région de NZérékoré, a un taux de séroprévalence du VIH de 1,9 pour cent. Ce taux est supérieur à la moyenne nationale qui est de 1,7 pour cent en Guinée, pour une population estimée à 10. 909. 896 habitants en 2017, selon Population Data, l’atlas mondial des populations. Voilà une situation qui préoccupe le système sanitaire guinéen.

C’est pourquoi, le Projet d’Appui au Système de Santé (PASA), mené sous le leadership du Ministère de la Santé et dans le cadre d’un financement de l’Union Européenne, intervient en priorité pour renforcer le système de santé guineen. Plus particulièrement dans ses composantes d’élaboration de stratégies, de capacité de planification, de suivi évaluation, de gestion des ressources humaines et financières. Mais également d’offre de services de qualité ainsi qu’en matière d’information sanitaire, particulièrement à Nzérékoré, zone d’intervention prioritaire du projet.

Lors d’une visite à Palé, une sous-préfecture située à une quarantaine de kilomètres de N’Zérékoré, avec 2655 habitants dont 379 ménages, nous y avons rencontrée Madame Séniné Doré, Agent Technique de Santé, chargée de la prévention transmission mère-enfant (PTME). Avant l’installation du projet, nous confie-t-elle, « l’on recevait des mort-nés ou des femmes qui mouraient sans que nous ne comprenions pourquoi. Mais, depuis que nous avons initié les activités de PTME, nous recevons les femmes à longueur de journée. Elles sont sensibilisées et conseillées grâce à la formation organisée par l’UNICEF. Maintenant, elles acceptent pratiquement toutes de se faire dépister et de recevoir les produits antirétroviraux, ARV. Au cours du mois passé, je suivais les enfants des deux femmes qui ont eu 18 mois, pour me rassurer de leur statut sérologique, je les ai référées à l’hôpital régional de N’zérékoré et après contrôle, ils étaient séronégatifs. J’étais vraiment très heureuse et fière pour cela ! »

Quelques échantillons d’ARV. Crédit photo: UNICEF/JMJ

La prise en charge avec les ARV, suivie d’un accouchement bien dirigé, réduit le risque de transmission mère-enfant du VIH. Dès après l’accouchement, le nouveau-né reçoit la névirapine sirop, un mois après, l’enfant continue avec le Cotri, jusqu’à ses 18 mois révolus.

Cependant, c’est au niveau des hommes que certaines réticences persistent. « Au niveau communautaire, généralement, les femmes acceptent toujours le dépistage après conseils. Mais les hommes refusent souvent catégoriquement. Et quelques fois même, les femmes nous demandent de ne point informer leurs maris qu’elles sont sous traitement. C’est le principal problème de notre travail ici»

Pour contourner cette situation, Madame Doré et le personnel du Centre de santé développent des séances de sensibilisation de proximité qui impliquent les sages du village. L’intimité et la confidentialité indispensables à la réussite de leur action ont permis d’obtenir des résultats très satisfaisants. Déjà, certains hommes, en toute discrétion, ont commencé à se présenter pour se faire dépister. C’est motivant.

Séance de counseling PTME. Crédit photo: UNICEF/JMJ

Madame Doré ne cache pas sa satisfaction concernant le traitement à la névirapine pour l’enfant. Elle confie : « Ce traitement apporte une bonne protection contre la transmission de la mère à l’enfant ». Ce que confirme même l’étude de National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID/NIH), présentée à la Conférence AIDS 2016. Elle démontre l’efficacité d’un traitement antirétroviral pendant l’allaitement chez les mères infectées par le VIH. On estime à environ 1,1 million le nombre d’infections au VIH évitées chez les enfants de moins de 15 ans entre 2005 et 2013. Pour ce qui est du nombre de nouveaux cas, il a décliné de plus de 50 pour cent pendant cette période, d’après des données publiées par l’UNICEF en 2014. Dans la région administrative de Nzérékoré, il existe 89 sites de dépistage volontaire, et de prévention de la transmission de la mère à l’enfant (PTME) et de prise en charge.

Le PASA mobilise quelque 30 millions d’euros dont 20 millions sur financement de l’Union européenne (EU) et 10 millions de l’Agence Française de Développement (AFD). L’UNICEF a reçu un montant de 4,491,499 Euros d’euros pour la mise en œuvre des différentes activités du projet.

Le projet se situe dans la logique de la politique gouvernementale de relance du secteur de la santé dont notamment le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) 2015–2024 et sa composante le Plan de Relance du Secteur Santé (PRSS) 2015–2017.

Justin MOREL Junior

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