Un enfant du centre Tyabala en seance de lecture. Photo Credit: © UNICEF 2016 / Mohamed Saidou Diallo

Tyabala : “l’enfant c’est un œuf, il deviendra une omelette ou un poussin selon son éducation”

Tyabala est un centre de réinsertion sociale créé depuis 2009, avec l’institut supérieur des arts de Guinée. Tyabala signifie ‘’bassine renversée’’, utilisée dans la tradition Guerzé comme instrument de musique lors de grandes cérémonies traditionnelles : naissance, baptême, mariage, etc. La bassine est comme une messagère. Renversée, la main dessus, signifie la paix. Son rythme et les sons qu’elle émet rassemblent tout le monde quelles que soient son ethnie, sa race et sa religion. C’est pourquoi ce nom a été choisi pour le centre socioprofessionnel de Taouyah.

L’idée était de se regrouper en compagnie de production d’art théâtral, « mais nous avons décidé d’en faire une association, compte tenu de la situation des enfants autour de nous. Notre objectif de base est de recruter des enfants de la rue, afin de leur apprendre des métiers.», explique Mr Mohamed Momo Sylla, Directeur du centre Tyabala, associé à l’Académie de la percussion de Dubréka.

Le centre accueille des enfants de la rue qui n’ont aucun repère. « La mendicité se transmet de génération en génération, et notre objectif est de faire en sorte que cela ne soit pas transmis aux enfants et qu’ils puissent changer de chemin ». Le centre a reçu quatre enfants de mendiants qui sont en insertion professionnelle. Au-delà de la pratique de la musique, les enfants apprennent la menuiserie, la mécanique, la couture, etc. avec des maîtres d’atelier.

Tous les mois, ces derniers fournissent un rapport sur l’enfant en apprentissage chez eux. Les fondateurs essaient de partager leur expérience avec les tous petits. Ils prennent en charge aujourd’hui 20 enfants en situation difficile, qui apprennent des métiers d’art, en plus des cours d’alphabétisation.

Les partenaires directs comme M. Sylvain Leroux, un flûtiste américain vient aider les enfants et leur donner des cours de musique ; tandis que d’autres artistes apportent leur soutien bénévole avec passion. Le maitre Mamady Mansaré apprend aux enfants à fabriquer des flûtes, des balafons et d’autres instruments qu’ils utilisent dans leurs activités.

Les enfants du centre Tyabala de Taouyah en plein apprentissage du djembe. Credits photo: UNICEFGuinee/Mohamed Saidou Diallo

Le centre Tyabala souhaite disposer d’un local, afin de pouvoir exposer et vendre des objets artisanaux. Cette activité lui permettra d’être autonome. Mais, après l’apprentissage, comment trouver des machines pour les jeunes, afin qu’ils commencent effectivement leurs activités ?

Tyabala a réussi à mettre en place un partenariat avec un centre médical, qui leur offre des soins et des médicaments.

Depuis 2010, pendant la période de Noël, ils organisent un événement appelé « aide aux enfants déshérités ». Ils ont déjà réalisé une trentaine de spectacles. « Aujourd’hui, les enfants savent lire et écrire et nous organisons aussi des concours de peinture et autres et nous offrons des cadeaux aux lauréats… », dit le fondateur M. Momo Sylla.

Momo Sylla remercie tous ceux qui les ont compris comme l’UNICEF et invite tout le monde à œuvrer pour le bien-être des enfants. Il dit avec conviction « Vous savez, l’enfant c’est un œuf : il deviendra une omelette ou un poussin selon son éducation…»

Texte : Dédé Sylvie LAMAH

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