Utilisation des services de santé : « Désormais, je me rends au centre de santé pour faire vacciner mon enfant », Fatoumata Binta Diallo, résidente à Sannou

Centre de santé de la commune rurale de Sannou — ©UNICEF/ I.S. KABA

En plus de la surveillance épidémiologique et la mobilisation sociale pour une couverture vaccinale escomptée, les relais communautaires (RECO) dépistent les enfants de 0 à 59 mois victimes de malnutrition aigüe. Ils les réfèrent ensuite aux postes ou centres de santé, avant d’initier les parents à la préparation des aliments à base de produits locaux à travers des démonstrations culinaires. Fatoumata Binta Diallo, mère de famille témoigne « un jour, j’étais assise à la maison quand j’ai aperçu les RECO dans notre concession. Ils ont dépisté mon enfant et conclu qu’il était malnutri. Ensuite, ils m’ont convaincu de venir au centre de santé pour faire vacciner mon bébé. Ils m’ont ensuite donné des conseils et montré comment préparer l’alimentation du bébé à travers les produits locaux.

Fatoumata Binta Diallo et enfant retablit — ©UNICEF/ I.S. KABA

De retour à la maison, j’ai commencé à m’exercer et deux semaines après, mon enfant a grossi et ses problèmes liés à sa santé ont diminué. Maintenant, je me rends chaque fois au centre de santé pour faire vacciner mon enfant et j’encourage les autres femmes à en faire autant ».

En juillet 2018, à Sannou, situé à 20 km à l’Est de Labé, 4 agents de santé communautaires (ASC) et 36 relais communautaires ont été formés, en dépistage des maladies à potentiel épidémique et des enfants malnutris, le suivi de la grossesse, la vaccination et la supplémentation en vitamine A. Ces agents sont aujourd’hui équipés et déployés dans la commune rurale pour couvrir une population de 23.757 habitants.

Dans le registre du centre de santé, nous avons constaté une nette augmentation de la fréquentation des structures de santé par la communauté entre juillet et août comparativement aux mois de janvier et février de cette année. Comme l’illustrent les statistiques : consultation prénatale 426 (juillet-août) contre 356 (janvier-février) , consultation primaire curative 1 509 contre 251 personnes, stratégie avancée de la vaccination de routine, 129 enfants (juillet-août) comparativement à 58 (janvier-février) et au niveau des accouchements, le nombre est passé de 29 femmes à 36 en juillet-août.

Lors d’une séance de démonstration culinaire et la stratégie avancée de la vaccination de routine — ©UNICEF/ I.S. KABA

S’agissant du travail synergique entre les ASC et les RECO, Alhassane Bah, agent de santé communautaire, précisera « nous assurons la supervision des RECO sur le terrain, aidons aussi l’agent du programme élargi de vaccination) à aller sur le terrain pour la stratégie avancée de la vaccination de routine et veillons au bon déroulement des activités sur le terrain. Les RECO sensibilisent et nous les supervisons. En cas de détection d’un malade ingérable, les RECO nous remontent immédiatement les informations pour intervention. Si nous n’avons pas la compétence de gérer le cas, on réfère au centre de santé ».

Certes, les relais communautaires existaient dans les communes rurales, mais les activités n’étaient pas aussi coordonnées et motivées comme on le constate aujourd’hui. Il y a une synergie d’action entre les acteurs à tel point que c’est la communauté elle-même qui partage son souci de santé avec les structures sanitaires. Comme on le constate, l’accompagnement est devenu plus important aujourd’hui surtout en matière de santé publique.

De Gauche à droite : Alhassane Bah, Agent de Santé Communautaire et Souleymane Diallo, relais communautaire de la commune rurale de Sannou — ©UNICEF/ I.S. KABA

Souleymane Sannou Diallo, RECO à Sannou, reviendra sur les points-clés de leurs activités et s’en réjouit « nous faisons de l’information, l’éducation et de la communication et parfois nous faisons des visites à domicile pour demander s’il n’y a pas de cas de maladie qui requièrent une assistance. On travaille en symbiose avec les structures sanitaires, la communauté et les ASC. J’aime vraiment ce travail, parce que c’est passionnant d’aider la communauté ».

L’environnement sanitaire et les lieux publics ne sont pas en reste des activités des relais communautaires. C’est du moins ce que nous explique Amadou Habib Diallo, Maire de la commune rurale de Sannou « depuis le lancement du projet santé communautaire, je vois des jeunes dévoués qui sillonnent les villages pour partager les informations, sensibiliser pour orienter les malades vers les postes et centres de santé de la localité.

Amadou Habib Diallo, Maire de la commune rurale de Sannou — ©UNICEF/ I.S. KABA

Je trouve cela vraiment salutaire et soulageant. Le second constat est que l’environnement est assaini, les postes et centres de santé sont propres, la communauté s’intéresse de plus en plus aux structures sanitaires quand elle a des problèmes de santé ».

Financé par l’UNICEF, ce programme de santé communautaire aide le gouvernement guinéen à travers le Ministère de la Santé et celui de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation à accroître l’accès aux soins de santé primaire.

Ibrahima Sory Kaba UNICEF Guinée