My Readings #9 : Platon - Apprendre à philosopher

Le livre : “Platon” — Apprendre à philosopher

Le Monde a sorti une collection de hors-séries dédiée à la découverte des principaux auteurs philosophiques. Le premier numéro est consacré au père de la philosophie, Platon. Il s’agit d’un livre pour les non-initiés qui explique de manière assez simple les principales théories développées par Platon.

Platon est un philosophe Grec ayant vécu à Athènes entre le Vème et le IVème siècle avant JC. Il était le disciple de Socrate et, plus tard, le maitre d’Aristote (qui sera lui-même maitre d’Alexandre le Grand). Ses principales théories philosophiques se portent sur les notions de justice, de savoir, de biens, sur les différents régimes politiques et le pouvoir.

La démocratie

Contre toute attente, Platon s’en méfie et considère que la démocratie n’est pas un bon régime politique. Pour lui, ce régime est fondé sur des opinions changeantes et la défense d’intérêts individuels, ce qui est contraire au bien et à la vérité. Pour Platon, la gestion de la cité doit se faire par une minorité qui a soif de connaissance, qui recherche le savoir ultime : les sages. Il ne faut surtout pas confier la gestion aux plus riches (oligarchie), ceux-ci ne défendant uniquement que leurs intérêts, ni au peuple (démocratie), celui-ci ne comprenant pas l’essentiel des choses et ne cherche pas à perfectionner sa connaissance de toutes les choses. Le peuple ne comprend donc pas réellement les notions de Bien et de Justice. La démocratie consiste en la gestion d’intérêts individuels et personnels, ce qui est contraire avec le bien public, et qui dégénérera donc, tôt ou tard, en violence.

Pour Platon, la politique n’est pas une affaire d’opinion, de passion et d’intérêt mais de raison, de vérité et de connaissances.

Socrate

Comme dit plus haut, Socrate était le maitre de Platon.

Socrate a été exécuté par l’Assemblée et la démocratie Athénienne. Il était accusé de corrompre la jeunesse car ne croyait pas aux Dieux de la cité. Il cherchait à contredire et philosopher sans cesse, avec tout le monde. Pour Platon, Socrate était un modèle de sagesse, il était “l’homme le plus sage et le plus juste”. Il se plaçait contre le conformisme politique, érigeant la vérité morale en principe suprême. Il ne craignait pas la mort car étant totalement en paix avec sa conscience. Socrate considérait que philosopher signifiait dialoguer, rechercher la vérité via l’échange des idées pour rechercher la vérité commune.

La principale arme de Socrate était l’utilisation du paradoxe (en grec “contre l’opinion commune”) : ce qui est rationnel en théorie mais opposé à ce qui se passe dans la réalité. Le but était de parvenir à la connaissance en dépassant la contradiction paradoxale. “Connais-toi toi-même” pour pouvoir se maîtriser , contrôler ses émotions pour que ce que l’on devrait faire devienne ce que l’on fait réellement. Le paradoxe Socratique par excellence est le suivant : “je sais seulement que je ne sais rien”. Il faut prendre conscience de son ignorance pour dialoguer dans le but de rechercher la vérité.

La théorie des Idées

Cette théorie est le fondement de toute la pensée Platonicienne. Pour comprendre cette théorie, il ne faut pas donner au mot “idée” le sens contemporain que l’on en fait mais celui d’une forme intérieure, d’un modèle qui donne une identité et une structure à la diversité des choses.

Pour Platon, tout ce qui existe sous forme matérielle et temporelle n’est qu’une interprétation, une approximation de quelque chose qui “est” réellement et universellement. Ce quelque chose se trouve dans le monde des Idées. Une idée ne représente pas ce que sont les choses, mais ce qu’elles devraient être pour être parfaite.

Pour bien appréhender cette théorie, Platon utilise la métaphore suivante :

Une Idée est un modèle idéal, parfait et éternel. Lorsque l’on l’applique ce modèle, il en ressort bien souvent une vision approchée, imparfaite de ce modèle. Cette vision imparfaite est la réalité.

Le monde des Idées définit toute chose et sa forme la plus pure. Pour Platon, les concepts de Justice, de Beau et de Bien existent et se trouvent dans le monde des Idées de manière universelle, éternelle et parfaite. Ainsi, pour pouvoir appréhender ces concepts, il faut pouvoir accéder à ce monde des Idées. Et la seule voie d’accès se trouve dans la raison et la connaissance.

Gouverner avec Justice, nécessite donc la compréhension préalable des modèles purs et parfaits (qui se trouvent dans le monde des Idées). Le monde des Idées est le lien absolu et temporel de l’humanité : les Hommes passent, mais les Idées restent. On comprend mieux la vision de la démocratie de Platon : il faut donner le pouvoir aux gens qui comprennent les Idées grâce à la raison, et non pas à des gens dont les opinions sont changeantes, en fonction de leurs intérêts personnels.

Platon par Raphael

La Cité idéale

Platon cherche également à définir ce qui serait pour lui, le modèle de la cité idéale.

La Cité idéale est une cité dans laquelle les classes sociales se définissent par la maitrise de son âme. Le devoir suprême de l’être humain est de ne pas se laisser entrainer par la matière et les opinions qui varient mais de purifier son âme pour parvenir à la connaissance et la vérité. Ainsi, il doit y avoir 3 types de citoyens (et donc 3 classes sociales) :

  1. Le Souverain idéal : il est un philosophe-roi, son âme est rationnelle, il parvient au monde des Idées et comprend les lois éternelles. Il exerce la politique de manière totalement désintéressée.
  2. Les gardiens de la cité : ils ont réussis à maitriser la tentation matérialiste mais restent violents et agressifs.
  3. Les artisans/ouvriers : ils sont incapables d’accéder à la connaissance et doivent donc se contenter de tâches d’intendances, de fournir des aliments et divers services à la cité.

Cette notion de classe n’a rien à voir avec la notion de classes économiques dans laquelle la position est déterminée par l’argent. Seule l’âme structure profondément la Cité.

Dans cette Cité idéale, Platon définit la place de l’art. Pour lui, deux types d’art s’opposent :

  1. L’art comme moyen éducatif. Celui-ci est une nécessité pour la Cité idéale. Les mythes rentrent dans cette catégorie : ils apportent une réflexion sur des sujets difficiles et profonds. Ils permettent d’établir des concepts moraux en sollicitant d’abord l’imagination. C’est la 1ère étape vers la connaissance
  2. L’art comme domaine purement esthétique. Il s’agit là d’une imitation imparfaite du monde des Idées. Pour Platon, cet art est mauvais car il crée le désordre, les sentiments et donc le changeant. Cet artiste là est un menteur qui détourne l’homme de son devoir suprême.

La Cité idéale est une aristocratie (en grec, aristos signifie “le meilleur”) dans laquelle connaissance véritable et pouvoir se confondent. Les opinions sont changeantes, il est donc impossible de dire laquelle est préférable. Les hommes politiques en démocratie sont des hommes qui maitrisent l’éloquence et qui ont des ambitions contraires au bien de tous.

Le gouvernement doit se soucier de la rectitude de l’âme pour le bien être des citoyens. Seuls ceux qui passent leur vie à accéder à l’âme rationnelle et au monde des idées connaissent véritablement ce qu’est le Bien (principe unificateur et éternel).