Pourquoi le « piratage » s’est-il généralisé ?

Fin des années 90, l’arrivée d’internet a ouvert l’accès à la culture au plus grand nombre.

Seulement, cette révolution technologique a été vue par la filière des films et des séries, et plus précisément par le Cartel des majors, comme une menace. Aveuglé par la peur de perdre le contrôle, il n’a pas su voir l’opportunité qui s’offrait à lui.

Son réflexe a été de préserver son modèle pour protéger ses rentes à tout prix et a préféré consacrer tous ses efforts sur la répression plutôt que de se renouveler pour s’adapter à l’évolution de son marché et, plus généralement, de la société.

En effet, le Cartel aurait pu s’emparer de cette technologie et offrir au monde un nouvel accès à la culture, un accès non muselé donc meilleur. Il lui suffisait d’investir massivement dans cette nouvelle opportunité.

Mais cela lui demandait de voir à long terme et d’aller contre ses intérêts à court terme. C’était faire le pari sur le futur avec des investissements massifs et revoir sa captation de richesse sur l’offre culturelle des films et des séries.

L’attentisme de la filière, pour ne pas dire le refus de perdre son niveau de rentes, a donc conduit à la naissance du piratage à grande échelle.

Oui… Donner un outil aux gens pour ensuite leur dire de ne pas s’en servir, c’est presque insensé et difficilement acceptable.

C’est donc assez logiquement qu’une nouvelle façon de consommer les films et les séries a fait son apparition.

Cette nouvelle consommation a vu le jour par l‘arrivée de sites de téléchargement complètement illégaux tels que MegaUpload.

Alors, oui, dans les années 2000, nous étions loin de la simplicité actuelle avec des temps de téléchargement de plusieurs jours, une qualité d’images souvent pourrie et sans même aucune garantie de réellement charger le film souhaité.

Seulement, c’était tellement révolutionnaire et surtout 100% gratuit que le phénomène s’est très vite propagé.

Mais le Cartel a fini par siffler la fin de la récréation en faisant fermer ces sites et en sanctionnant très sévèrement leurs initiateurs pour en faire des exemples.

Seulement, il ne s’est pas arrêté là. Un lobbying puissant a été mis en place pour défendre ses intérêts en s’échinant à discréditer des actions dont le seul but était d’ouvrir la culture.
L’idée est donc de faire passer ce partage massif pour le mal ; les personnes qui partagent pour des pirates ; ces pirates pour des voleurs qui privent les auteurs de toute rémunération ; le piratage tue la création…
Le lobbying a fini par réussir à changer les mentalités des internautes et du législateur mais il n’a en rien changé les comportements. Une révolution est en marche et elle est inarrêtable !

Et ça, de nouveaux acteurs l’ont bien compris : le premier d’entre eux a été Netflix et il est, aujourd’hui, suivi par les GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple).

Netflix a su faire ce que le Cartel a été incapable d’accomplir : s’emparer de la rupture technologique pour réinventer la façon de consommer des films et des séries. 
 C’est-à-dire offrir un accès simple et efficace à un énorme catalogue de films et de série, provoquant ainsi une nette diminution du piratage, et tout cela pour un coût raisonnable !

Netflix a-t-il, pour autant, tué le « piratage » ? Malheureusement non car, finalement, Netflix, ainsi que les GAFA, sont devenus la nouvelle menace ; menace plus importante encore pour le Cartel que ne l’est le « piratage ».

La stratégie de l’inaction face à de tels compétiteurs ne suffit plus et serait même suicidaire.

Comprenant que leurs positions ne sont plus tenables, les Majors ont décidé de réagir pour ne pas mourir, en annonçant le lancement de leurs propres services de Direct Vidéo (SVOD) et tout en préparant une nouvelle arme législative sur mesure (article 13 de la directive Copyright).

Cette guerre qui s’annonce va avoir pour conséquence d’enfermer les films et les séries sur telle ou telle plateforme en raison d’exclusivité négociée. Mais entre les contrats d’exclusivité et la multiplication des plateformes, l’accès à un catalogue de films et de séries exhaustif deviendra impossible sauf, peut-être, en s’abonnant à toutes les plateformes et encore…

Vous vous en doutez, la conséquence ne s’est pas fait attendre et le « piratage » est reparti à la hausse…

Est-ce que le Cartel des films et des séries est responsable du piratage ?

Sont-ils les seuls responsables de la généralisation massive de partages de films et de séries ? Peut-être pas…

Pouvait-il savoir ce qui allait se passer et ne pas avoir fait ce qu’il fallait pour l’empêcher ? Oui, bien sûr ! Comme expliqué dans Les moments clés de l’histoire du piratage selon WAATCH.co !

Le Cartel des films et des séries est coupable d’avoir voulu protéger sa rente à tout prix le plus longtemps possible se sentant protéger derrière une barrière technologique (temps de téléchargement, qualité d’image, …)

Mais cette barrière technologique n’est plus ; aujourd’hui le streaming permet à tous d’avoir accès à des films et des séries de façon illégale.

Le Cartel est acculé par ses consommateurs qui se rebellent et par des compétiteurs bien plus puissants que lui.

Malgré cela, il refuse encore et toujours d’aligner ses intérêts avec ceux de ses consommateurs.

Pire, le Cartel pour ne pas perdre sa rente est de plus en plus agressif en démultipliant ses efforts pour privatiser la culture. Il va même jusqu’à attaquer nos libertés individuelles, que l’on soit pirate ou pas.

Nous sommes tous devenus des délinquants en puissance que l’on soit coupable ou pas.

Partant de ce constat, le Cartel participe à la mise en place de lois toujours plus dangereuses pour nos libertés individuelles ainsi que pour l’accès à la culture.

Vous pensez toujours que les « Pirates » sont les méchants ?

Le Cartel nous a prouvé par ses actions passées que seule la contrainte le faisait céder.

Il semblerait donc que seule une action massive de l’ensemble des consommateurs pourrait le contraindre.

Et contrairement à ce que le Cartel des films et séries s’évertue à nous faire croire, celui qui est appelé « pirate » ne veut pas d’un champ de mines pour le droit d’auteur mais il ne veut pas non plus un internet restreint.

Il veut simplement protéger la Culture… et pour cela, nous devons entrer en Résistance !