Rencontre avec Arnaud Laffond, réalisateur du vidéo clip “Heartless” d’ISOLAA.

Plongée dans l’univers d’Arnaud Laffond, réalisateur du clip “Heartless” pour ISOLAA qui nous livre son parcours et décrypte son travail entre abstraction et onirisme.

Bonjour Arnaud, peux-tu nous parler de toi et de ton parcours en quelques mots?

J’ai toujours été plus attiré par les images que par les mots. Dessiner, recopier et interpréter les choses qui m’entourent. Je me suis donc tourné vers des études de communication visuelle à Paris en tant que graphiste, pour ensuite me spécialiser dans la vidéo et l’animation. Je suis descendu à Lyon pour me greffer à un collectif, puis exercer en freelance depuis 3 ans. Depuis peu, je m’oriente vers une direction de plasticien .

. Qu’est ce qui t’a donné envie de faire du motion design ?

Le motion design était quelque chose de tout frais, il n’y avait pas de réels cours de motion, j’ai d’ailleurs beaucoup appris en autodidacte avec des amis, car cela m’attirait plus. En graphisme il y a déjà pas mal de monde, on savait donc bien qu’il y avait une place à prendre. Par la suite, l’idée m’est venue de faire des clips. Maintenant, je me tourne plus vers des travaux de plasticien aussi bien en print qu’en vidéo.

. Tu alternes projets corporate et artistiques, quelle est ta manière de créer dans les deux cas ?

Avec l’expérience, les exercices corporate sont un peu en pilote automatique, car le plus souvent le brief est à destination du plus grand monde possible, ce qui n’est pas forcément ma sensibilité. Mais si l’occasion se présente, j’essaye de mettre ma touche artistique dans les boulots corporate.

Pour l’artistique, on essaye de se dépasser et de montrer notre propre personnalité. Je mets toute ma sensibilité, sans prêter attention à ce qui est “à la mode”.

. Comment abordes-tu le traitement visuel d’une musique ?

Illustrer visuellement de la musique est un processus complexe pour moi. Je peux le comparer à une vision de synesthéte, qui voit des formes quand il entend des sons . Il y a aussi toute ma culture de graphiste qui intervient avec le choix des couleurs, pour les compositions que l’on peut comparer à des paysages, je pioche dans ma culture cinématographique. Concernant les matières, c’est le fruit de mes recherches en association avec les émotions que m’apporte la musique .

. Que t’as inspiré le titre « Heartless » ? Comment as-tu décomposé ton travail ?

La musique m’a inspiré un voyage à travers quatre tableaux. Dans le premier, on y découvre cette montagne immense qui semble impossible à grimper. La montagne personnifie le morceau, comme le grimpeur qui après s’être dépassé, s’être élevé pour grimper cette montagne, n’a qu’une seule chose en tête : en monter une autre. Un dépassement de soi, où on oublie la place que l’on a dans notre société (travail, situation familiale, argent).

Le deuxième tableau montre des «morceaux» de matières qui une fois ensemble, forment des statues. C’est mon interprétation des instruments qui une fois ensemble, forment autre chose .

Le troisième, c’est un monde plus complexe, où l’on découvre des architectures variées et fournies ayant pour but de faire écho à la rythmique de la musique.

Et pour finir, un monde plus vaporeux , avec des formes ondulées pour revenir au calme. Là on atteint une sorte de paix, c’est la récompense, la fin du voyage. Ce qui se cache derrière les nuages.

Et à la toute fin, on retrouve cette montagne ou peut être une autre ?

. Avec quels artistes rêverais-tu de collaborer ?

En vrac, Rafael Anton Irisarri, Thylacine, Renart, Tame impala… et pour ce qui est des collaborations artistiques des gens comme Stuyk , Caroline Frisching ou Yoshi Sodeoka.

. Ta mini playlist : 3 incontournables pour toi .

C’est un exercice très dur, mais d’un point de vue plastique, travail de l’image, je choisirais :

-The fall de Tarsem Sigh

-La montagne sacrée de Jodowrosky

- 2001 de Stanley Kubrik