De qui dépend notre bonheur ?

Bonjour à tous,
 Chaque jours, nous souhaitons plus de bonheur, être heureux et épanouis. Entre les environnements parfois toxiques, les injonctions paradoxales et nos propres travers, la construction du bonheur est souvent plus complexe qu’il n’y parait. Explications.

De l’impérative et absurde obligation de créer son bonheur

Avez-vous remarqué qu’il devient de plus en plus essentiel de créer son bonheur ? Les magazines, les articles en ligne et les ouvrages sont remplis de contenus visant à vous permettre de créer le bonheur. Ce blog en fait partie et pourtant je vous propose non pas de créer votre bonheur mais de mettre des critères sur un mieux-être ce qui est différent. Le bonheur semble être un concept « tarte à la crème » comme disait un de mes profs de fac : un concept que tout le monde utilise mais que personne ne peut définir correctement. Si je veux votre bonheur, je ne veux pas que vous soyez obligatoirement heureux, je veux que vous soyez satisfaits de votre vie, ce qui selon moi est différent, si cela passe par le fait d’être heureux, nous travaillerons sur le sujet. L’obligation d’être heureux est pour moi un non-sens absolu, c’est comme hurler à quelqu’un qu’il doit se calmer, ça n’aide pas, voire, ça empire la situation. De toute façon, c’est quoi le bonheur ? Est-ce simplement un état identique pour tous ou un éventail de possibilités?
 Il n’a jamais été aussi facile et difficile d’être heureux qu’à notre époque. Les reconversions, à défaut d’être évidentes et facile, sont possibles, les informations circulent facilement et vous avez accès à un grand champ des possibles. Dans le même temps, ce champ des possibles crée une angoisse diffuse qui se traduit souvent par « est-ce que je fais le bon choix ? » « Est-ce qu’aller dans cette nouvelle entreprise me rendra heureux ? » Sans oublier le « je dois avoir une belle vie » qui souvent bloque toute décision, de peur de prendre la mauvaise… S’il n’a jamais été aussi possible d’être heureux, nous n’avons jamais été aussi exigeants avec notre bonheur et surtout, nous n’avons jamais été aussi égoïstes avec ce dernier.
 Nous sommes présentés comme les seuls capables de créer notre bonheur mais est-ce un fait ou est-ce une perception ?

bonheur

Est-ce à nous de créer notre bonheur ?

A l’heure actuelle, le développement personnel nous met dans une position particulière, nous sommes présentés comme les artisans de notre bonheur dans une société qui n’a de cesse de souligner ce qui ne va pas dans le monde. Loin de dire qu’il faut oublier ce qui ne va pas, savoir replacer les choses à améliorer dans une perspective plus globale peut devenir une posture bien plus utile. Nous ne l’adoptons pas car il est toujours plus facile d’expliquer dans tous les sens pourquoi la situation n’est pas parfaite plutôt que d’expliquer en quoi elle est appréciable. Jamais notre monde a connu aussi peu de guerres et de violence et pourtant, nous n’avons jamais accordé une telle importance à la dite violence. Comment être heureux dans une société qui est aussi anxiogène ? Pouvons-nous décider d’être heureux, pouvons-nous y parvenir alors que nous sommes constamment bombardés de mauvaises nouvelles ? Que peut l’individu face à cette lutte nécessairement déséquilibrée ?

Il y a encore quelques décades, la notion de communauté créait une unité de buts qui nécessitait entraide, bonnes intentions et altruisme. Depuis, nous avons profité du village planétaire sans pour autant maintenir cet altruisme, créant une dégradation du lien social, or l’absence de lien social favorise les perceptions biaisées du bonheur. Nous avons toujours eu besoin des autres pour construire notre bonheur et malgré une société assez individualiste, cela est toujours le cas. Peut-être que la recette ultime du bonheur, c’est d’en confier une partie à nos contemporains et de s’occuper de leur bonheur à eux. Il a été maintes fois prouvé que faire le bonheur des autres contribuait à notre santé morale, pourquoi ne pas intégrer cela dans nos stratégies ? Nous avons besoin d’un effort collectif pour créer un bonheur partagé qui influencera notre propre bien-être.
 Encore une fois, alors que notre réflexe premier serait de tout contrôler, lâcher prise semble une option intéressante. Le bonheur ne peut se créer que dans un contexte favorable et avant de chercher à créer notre bonheur, peut-être que créer un contexte favorable pour qu’il existe et ne soit pas sans cesse perturbé par les éléments extérieurs serait une solution intéressante pour tout le monde.

Au final, la création de notre bonheur nous appartient mais dépend de notre entourage, de notre contexte. La clé du bonheur serait-elle dans la co-construction de ce dernier avec la société dans laquelle nous vivons ?
 A vous de trouver votre réponse.
 Bon weekend.
 William


Originally published at William Roy.

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