Rihanna ou Beyoncé ? La non-comparaison pour les nuls

La recherche de la perfection ou le dilettantisme assumé ? Voilà comment nous pourrions résumer le match “Beyoncé vs Rihanna”. Et cessez dès maintenant de râler quand je parle de “match” puisque les médias que vous chérissez tant le font régulièrement. Par exemple ici, et ici aussi.

Two girls, one boy ?

Comme moi, vous avez sans doute remarqué que depuis son arrivée sur les ondes en 2005, Rihanna n’a cessé d’être comparée à Beyoncé. Comme si sa carrière n’avait d’intérêt qu’en comparaison de celle de Queen B. Mais pourquoi au juste ? C’est vrai, d’où vient cet acharnement à constamment comparer une belle gosse de la Barbade à une superbe Texane ? La question mérite d’être posée. Et à chaque fois que j’y pense, j’arrive au même point. C’est-à-dire une partie du discours “We Should All Be Feminists” de Chimamanda Ngozi Adichie que Beyoncé utilise dans sa désormais fameuse chanson “Flawless”.

We raise girls to see each other as competitors. Not for jobs or accomplishments — which I think can be a good thing — but for the attention of men.

Entre nous, le débat “Beyoncé ou Rihanna” n’a jamais eu lieu d’être. Nos amis journalistes, blogueurs et autres ne cessent de vouloir les comparer comme si elles étaient deux facettes d’une même pièce. Mais c’est complètement faux. La seule chose qui lie ces deux très belles femmes c’est Jay Z. La superstar, le producteur multimillionnaire, le rappeur légendaire. L’homme qui a (gentiment) boosté la carrière de Beyoncé et est allé chercher (pour notre plus grand bonheur) la jeune Rihanna.

Mais en 2016 (et même avant d’ailleurs), nous avons tous très bien compris que les deux femmes se débrouillent très bien sans lui. Malheureusement pour elles, les médias du monde entier (le plus souvent propriétés d’hommes) les comparent sans cesse à cause de ce pseudo-lien masculin… Ceci dit, il y a moyen de rire de cette situation. Lors du On the Run Tour de M. et Mme Carter, nombreux sont ceux qui ont eu l’impression que Jay Z faisait la première partie de Beyoncé ! Qu’il n’était là que pour permettre à l’interprète de “Single Ladies (Put A Ring On It)” de changer de costume. Car clairement, la quasi-totalité des personnes présentes au Stade de France ces soirs-là l’était pour Beyoncé. Et le mois dernier, celle qui nous a apporté “Formation” a récidivé dans une arène encore une fois pleine à craquer. Beyoncé n’a pas besoin de Jay Z. Ou bien si… pour avoir la matière suffisante à écrire des hymnes féministes (coucou “Sorry”) et l’aider à faire des photos sympas pour Instagram.

De son côté, Rihanna vole de ses propres ailes depuis un moment. Première preuve de cette émancipation : leur dernier featuring (“Talk That Talk”) n’a pas fait des miracles côté charts. Plus encore, rares sont ceux qui se souviennent que c’était l’un des singles devant faire la promotion de l’album éponyme. Par la suite, Robyn Rihanna Fenty de son vrai nom a démontré qu’elle était seule patronne à bord. Depuis sa sortie en novembre 2012, son album Unapologetic s’est écoulé à plus de 4 millions d’exemplaires dans le monde. En mai 2014, elle a fondé son propre label (Westbury Road) grâce auquel elle a pondu son album ANTI. Son tube “Bitch Better Have My Money” (apparemment destiné à son ancien producteur) est double disque de platine aux Etats-Unis. Et son Anti World Tour devrait rapporter au moins 100 millions de dollars.

Who run the world ?

Bref, en wonder women qu’elles sont, Beyoncé et Rihanna vont parfaitement bien. Alors pourquoi constamment les comparer ? Eh bien parce que c’est la seule chose que les gens sans vie ont trouvé de mieux à faire. (Et aussi parce qu’en raison de leur influence dans la pop culture, placer leurs deux noms dans des titres d’articles fait grimper le nombre de vues !) Mais en attendant, qui se moque de savoir qui a le plus grand nombre de Grammy Awards à la maison (avantage pour Beyoncé) ou vendu le plus de disques dans le monde (avantage pour Rihanna) ?

Depuis qu’elle a débarqué dans nos vies (c’était en 1997), Beyoncé n’a eu de cesse d’être un modèle pour des millions de personnes. Elle fait rêver, elle inspire la confiance et le professionnalisme et ses performances sont juste terrifiantes. A côté, Rihanna a tout de la bonne copine qui boit beaucoup, qui fume beaucoup mais qui est capable de chanter des tubes comme personne (“We Found Love”, “Only Girl (In the World)”, “Diamonds”, “Umbrella”) tout en enchaînant les apparitions dans des projets plus divers les uns que les autres (Valérian de Luc Besson, Bates Motel, Ocean’s Eight, etc.)

Choisir entre Beyoncé et Rihanna est absurde. Plus encore, ce serait se priver de morceaux géniaux, de clips incroyables, de tenues méchamment stylées et de concerts on ne peut plus mémorables. Consensuel peut-être, je n’imagine pas une soirée réussie sans au moins un morceau de ces deux artistes dont le succès n’est plus à démontrer. Alors si vous pensez encore que ce débat est pertinent, sachez qu’il n’est pas trop tard pour vous raviser. Après tout, nous nous sommes aussi lassés du match “Lady Gaga vs Madonna”… et il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis !