Depuis le 2 mars au 41 mars avec 58 citoyens

Au loin ce jour le plus long, folie d’un printemps non ordinaire, équinoxe d’une abnégation, au matin de ce 2 mars 2016 où je pris la décision de ne plus être un simple JE et de servir le NOUS.

Souvenir du pont de recouvrance à Brest, Finistère. Image par Emma , licence CC-BY-SA 4.0

Nomade engagé, pérégrin passionné, citoyen {H}activiste… Si je n’avais pas su jusqu’à présent mettre des mots sur mon acte délibéré, les personnes croisées depuis le 2 mars se sont chargées de le qualifier.

Tout plaquer, aucune sécurité, chômage ou RSA non possible, sans appartement, marcher, cultiver, donner, transmettre, enrichir, aider… C’est avec ces provisions que j’ai quitté Rennes le 2 mars 2016 pour un tour de France qui me semble faire sens.
Ce fut un mercredi matin, je ne me souviens pas s’il pleuvait ou s’il le soleil brillait. Je ne ma rappelle pas avoir déjeuné, il ne me reste en mémoire que la volonté qui m’animait alors: “ Se mettre gratuitement aux services de projets qui changent la France et le monde”. 
Il y a depuis ce jour encore plus de sève enragée qui coule dans mes veines. Chaque jour engagé alimente ma soif de transmettre.

C’est dans une France troublée que j’ai entrepris de voyager, c’est dans des projets de présent et d’avenir de liberté que j’ai choisi de polliniser.
Auray, Paris, Lyon, Nantes puis Brest atteint le 41 mars, j’ai croisé, au hasarde de ce tour, des indignés qui se réveillaient, des citoyens désabusés, des #NuitDebout qui s’éveillaient. J’ai échanger, j’ai transmis, j’ai aidé, j’ai donné ce que des années de pratiques et d’expérimentations m’avaient permis de cultiver et d’accumuler.
Auray, Lyon, Nantes, Brest, depuis le 2 mars ce sont 6 lieux, 5 communautés 20 réseaux impactés positivement, 10 projets, dans lesquels j’ai transpiré. J’écris ces mots depuis Concarneau où je continue à nourrir cet acte délibéré.

Bricolage, biologie, design, ménage, prospective, documentation, open source, geekerie de code, méthodologies, musiques, anecdotes, sourires, retour d’expériences, intensité humaine, pratiques collaboratives… Ce sont quelques une des graines que je suis venu déposer à chaque étape dans un terreau commun que nous avons cultiver tous ensemble. 
Des rencontres de personnes extra ordinaires, des moments de vie à nuls autres pareils, des collisions d’utopies concrètes, des liens qui dépassent nos individualités… Ce sont ces bourgeons qui fleurissent dans les jardins que nous alimentons de la connaissance liquide et de la bienveillance collaborative.

Cette utopie concrétè a été nommée #LabOSe pour Laboratoire Open Source d’expériences libres et distribuées. 2 mois d’itinérance(s) aux services des projets qui font sens et changent la France. Une démarche d’actions, de transmissions, de dons qui vise l’appropriation de la connaissance et des savoirs par les porteurs de projets et les citoyens qui en bénéficient. Avec également une documentation des réalisations, des outils et méthodes pour transmettre les savoirs par internet en plus de les faire voyager physiquement.

58 citoyens, souvent anonymes, ont déjà soutenu financièrement ce projet. Ils ont permis au premier mois de ce tour d’être une réalité. Depuis les USA, la Belgique, Paris, Arcachon, Bordeaux, Rennes, Lille, la Nouvelle Zélande… Les dons sont arrivés.
 J’ai puisé dans mes ressources pour assumer le reste jusqu’aujourd’hui. Il reste encore 3 étapes, 3 semaines, 3 beaux projets à polliniser comme promis à départ de ce tour. D’autres projets en Belgique, à Marseille ou Paris aimeraient eux aussi bénéficier des fruits de ce tour de France qui dépasserait alors les frontières de l’héxagone.
 Malheureusement tout ceci pourrait s’arrêter le 48 mars si 1000 euros au moins ne venaient pas compléter la collecte.
Je me condamnerais ainsi à une grande tristesse, à une errance sociale et une catastrophe financière personnelle qui entacheraient cette aventure nomade.

Le 41 mars je finissais une semaine à Brest au contact de la Maison du Libre. Un passage clôturé par trois #SciencesDebout lors des #NuitDebout Brestoises.

J’ai rallié Concarneau depuis Brest fauché comme les blés par la force de l’autostop pour préserver mes 2 euros de poche. 
La vie est parfois belle dans la misère. C’est un passionné du projet Nomade des mers qui s’est arrêté. Heureux hasard des collisions humaines, je me rendais là où les équipes à terre de Nomade des mers travaillent. Laurent et moi avons ainsi discuté à rires partagés. Touché par mon histoire de tour France, il me glissa quelques euros à la descente de la voiture au terminus de notre route commune. La vie est parfois embarrassante dans la misère.

Nous sommes le 44 mars, je suis à Concarneau. Ce ne sont pas les bricolages de drones sous-marins, les sciences marines participatives ou les séances FabLab qui illuminent ma journée, mais le strapping, tous les matins après le café, que j’applique au poignet gauche blessé de Sandra qui prend grand soin de notre alimentation collective dans la base Explore. Réminiscence des quelques années chez les pompiers qui sert ici aux petites choses simples de la vie.

Dans un élan de pensée, ce jour le plus long qui commença le 2 mars serait l’étincelle d’un bigbang encore plus grand, une naissance d’un mouvement plus puissant dans lequel nous appliquerions cette expérimentation en cours pour permettre à des dizaines de nomades engagés, pérégrins passionnés, citoyens {H}activistes de polliniser des centaines de lieux et projets. Pour rendre cette utopie concrète, il faut faire vivre ce premier tour, nous devons en parler autour de nous, nous devons trouver les mots pour éveiller l’intérêt qui fera décoller la collecte.

Xavier

Ressources

  • Documentation (en travaux et en consolidation) de #LabOSe
  • l’article sur l’étape 1 à Auray
  • L’article de l’étape 2 Lyon
  • L’ article 3 à Nantes
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