Lost in Pairmutation

La tentation de céder à la simpliste s’est faite belle et grande par mille fois sur le chemin des incertitudes. Des sentiers non battus ou des voies enrobées, je sillonne en curiosité accompagnée du verbe une infime partie des cordes des humanités.
Eut-il été lâche celui qui succomba à la fatigue de l’entreprise dans les méandres des novations pour rendre un “Objet de questionnement” passé à la lessiveuse ? Rompre sous la supplique du groupe puis noyer le fruit du labeur dans courant principal pour enfin donner à ingurgiter, cela nous rend complice de mauvaises pratiques ?
Parfois perdu et souvent en course contre une forme d’écoulement, j’ai à l’occasion, sans circonstances atténuantes, aliéné mon discours et mes actes par asthénie. Cela me tourmente encore aujourd’hui.

Ci-gît quelques grammes d’un voyage intérieur Humain. Certes non-linéaire et surement rude, un cheminement est souvent plus riche que la destination. Attache toi.

Lost

A choisir de se perdre autant le faire en beauté, ainsi l’altération de certitudes avait été entièrement subie elle aurait mené à la lie. Alors une science de l’équilibre dans l’instabilité il fallait expérimenter. Affronter la complexité et s’allouer du temps pour en restituer des expériences, ceci était une force de gravité pour garder une forme d’eurythmie.

Difficultateur, voilà un métier qui érige le respect d’autrui en rempart à la propagande brumeuse qui nous encercle dans une pseudo zone-de confort. Se mettre au pied d’égalité d’autrui pour aborder ensemble l’ascension de la difficulté pas à pas. Apprendre en faisant, élever son niveau en transmettant, élever son niveau en apprenant, s’élever mutuellement. Mais qui le pratique et le transmet dans une société à l’attention volée ?
A tâches répétitives forcées d’évider nos représentations, de simplifier les concepts, de caricaturer les explications, nous nourrissons notre méta-ignorance. 
Un Paradoxe D’Alibène? Ou abdication de la pensée, refus de cognition de l’épreuve, faiblesse contentée dans l’inconfort du Binge, cette zone de surabondance de tranquillisant que l’on pense à tord douillette.

Trouvé quelque part au hasard des mutations sur http://www.zimoun.net/

Plus difficile de faire compliqué que de faire simple. Serait-ce là une manifestation du poids de la matière culturelle à travailler qui accompagne la création ? Pour sûr un travail exigeant de l’esthétique qui se brise comme un cristal sur l’amalgame pointu entre simplisme et simplicité. Les précieux éclats dégringolant sur les deux versant d’une cime aux grands vents exposées.

Sans simplisme ni simplification. Une simplicité authentique qui respecte, en la magnifiant, la grande complexité du réel.
Marc Halevy

Routes de l’ailleurs traversées pour sortir de l’entre-soi, j’ai mal à mon humanité d’observer la disparition des champs fertiles de la créativité, une vitalité et une diversité ainsi menacées par la mécanisation de l’humain. De l’espace de cerveau disponible a été vendu, aujourd’hui même le silence est mercantilisé
J’entrevois les résurgences du rejet de d’autrui, l’incompréhension galopante dans la société, la peur de l’inconnu. Je me sens coupable d’impuissance.
L’ombre se propage, la “vulgus feignantisis”est contagieuse. Heureusement la mutation nous est permise, ce qui n’est pas encore réalisé laisse tout autant jaillir de lumière à l’horizon et cela aussi est hautement contagieux.

Mais aujourd’hui sur un autel de à coup de pouce à liker même la poésie des échanges complexes se meurt, nous avons dévoué notre prose à un Messenger.

Je deviens vieux réactionnaire ? Je pose des objets de questionnement et j’interroge les propriétés des objets.

Tu me fais penser aux poètes maudits…” m’écrivait Daily laurel, un compliment à double tranchant sur un fil facebook, anecdote de modernité qui attend son upgrade. Qu’il en soit ainsi.

Un genre de vie simple est chose difficile : il y faut beaucoup plus de réflexion et d’inventivité que n’en ont les gens même très intelligents. 
Bergson dans la Pensée et le mouvant, « L’intuition philosophique. »

Pair

A se considérer comme des pairs on se prémunit, en partie du moins, de l’irrespect adressé à son alter. Pairs, nous lui offrons une zone de congruence pour en sérénité travailler la difficulté et la matière culturelle.

L’enfer c’est les autres ? Vivre ensemble et Faire ensemble ne me parait pas être le purgatoire mais une épreuve sur laquelle exercer arts et métiers, s’entrainer et s’entraider ; soit en elle-même une preuve d’humanité. 
Pour cela une membrane de confiance doit être tissée comme un fragile et perméable derme œuvrant à l’osmose entre les mondes et les cultures.

Pierre-Alexandre Klein me parlait de la vulnérabilité qu’il doit être possible d’exprimer pour engager ces processus pair à pair. Une donnée non ordinaire me semblant importante à préserver dans un système de congruence. 
Nos racines communes en pratique de la biologie exprimaient là un puissant désir d’ailes du changement de paradigme de société. 
Cela signifiait une nécessité vitale, presque darwinienne, de retrouver au plus vite une capacité de vie et d’action équivalente ou supérieure à ce qu’elle avait pu être avant le traumatisme sociétale actuellement subi. 
Un système pair à pair passant par la résilience en prose contributive conservant la mémoire du passé pour limiter voir annihiler la répétition des erreurs.

Résilience en 6 principes définis

  • Homéostasie : des boucles multiples de rétroaction pour contrer les perturbations et stabiliser le système ; l’homéostasie est la capacité que peut avoir un système quelconque à conserver son équilibre de fonctionnement en dépit des contraintes qui lui sont extérieures.
  • Omnivore : la vulnérabilité du système est réduite par la diversification des ressources et des moyens ; comme dans la nature l’ultra spécialisation entame les potentiels de survie. La frugalité de consommation est une des base avec The resource-based view. La vulnérabilité des individus renforce les interactions symbiotiques et dons les chances de survies de l’espèce.
  • Flux rapide : des mouvements des ressources rapides à travers le système assurent la mobilisation de ces ressources pour faire face aux perturbations. Par Biomimétisme, comme le fait la nature pour innover, optimisation des 3 flux : énergie, matière, information.
  • Niveaux hiérarchiques faibles : afin de mettre en œuvre rapidement des réponses très locales non standard. Comme chez nos amis les fourmis ou les rats. Peer to peer : nouvelle formation sociale.
  • Capacité tampon : capacités centrales sur-dimensionnées de telle sorte que les seuils critiques soient moins susceptibles d’être franchis. C’est ce qui est à l’œuvre dans les végétaux du désert et leur capacité interne en eau.
  • Redondance : les fonctions se chevauchent, et un relais peut ainsi être assuré si certaines échouent. Il est question ici de fonctionnalité et non pas de propriété. des chevauchement en économie de la fonctionnalité.

Principes adaptés depuis : Wardekker J. et al. (2010) “Operationalising a resilience approach to adapting an urban delta to uncertain climate changes”, Technological Forecasting and Social Change

Victoire conquise dans notre quête du mieux, que ferions nous ensuite ? 
Ami, amie, allons voir si l’hybridation que nous avons appelée et choisie de nos engagements a porté ses fruits mûres et nourrissants. Que verrions-nous ? Dans les graines de ces agaves, le jugement sans appel de nos enfants sur les actes que nous pensions pourtant bons et sains.
Le commandant Cousteau, lui même chantre de l’écologie et de l’exploration des océans à une époque, se retrouve aujourd’hui affublé de lourds jugements pour ses pratiques à la dynamite sur le corail. Ce monde là du Silence, palme d’or à Cannes en 1954, fait un drôle de bruit aujourd’hui.

Nous ne devons pas nous économiser à l’effort de l’épreuve de la complexité quand bien même l’orée du chemin pour la gravir semblerait repoussant. Toute montagne vaincue commence par une ouverture et un premier tout petit pas. Devenir pair, puis Faire en pair à pair, n’est un charme magique mais un apprentissage qui passe par l’acception de l’autre et par l’épreuve de soi.

Si notre cœur se ferme nous sommes comme des enfants perdus.
Face à l’adversité de l’épreuve, c’est par notre exemple que nous pouvons édifier les autres et nos épreuves peuvent devenir plus tard nos plus grandes alliées.
 Bouddhisme

Hier je me surprenais à râler de ne pas à avoir trouvé la force d’arpenter un chemin du rendre simple, mais pas simpliste. Expliciter les concepts et les idées sur ces sujets de sociétés ô combien importants dans un monde un mouvement, voici ce que j’espérais avec trop de passion semble t-il. 
Râle t-on uniquement sur ce qui nous tient à cœur ? J’en ai l’intuition.

Alors aujourd’hui je récidive, opiniâtre de la pratique pour améliorer le geste et la pensée. 
Si je pouvais décentraliser et distribuer l’attention actuellement volée, si pouvais rendre maîtres de leur temps écoulé famille,amis et proches, alors je leur ferais cadeau de l’expression de leur vulnérabilité pareille à ma fragilité. Une fois ce premier cercle mis en énergie, un mouvement de collision s’en irait par delà l’entre-soi. Nous pourrions dès lors nous épanouir et échanger ensemble pour développer des briques de confiance dans un espace-temps de congruence.

« Tout le long de l’histoire de la philosophie, temps et espace sont mis au même rang et traités comme choses du même genre. On étudie alors l’espace, on en détermine la nature et la fonction, puis on transporte au temps les conclusions obtenues. La théorie de l’espace et celle du temps se font ainsi pendant. Pour passer de l’une à l’autre, il a suffi de changer un mot : on a remplacé “juxtaposition” par “succession”. De la durée réelle on s’est détourné systématiquement. Pourquoi ? » 
Bergson

Après ces premiers mouvement de questions, je voudrais conseiller les écrits d’un ami et de son invitation au changement. Une réflexion à toute fin utile pour celles et ceux qui aspirent à plus de liberté.
Qu’importe que vous trouviez les ressources disponibles ici trop “riches”, mes écrits trop longs ou indigestes, j’aurais exprimé mes tourments et mis à disponibilité une partie de ma vulnérabilité. 
Les tourments affichés, il sera alors temps de muter.


Mutation

Lorsque ruissellent autant de questionnements sur le front d’un même conflit des sociétés, il apparait évident que l’occurrence d’un changement est incontournable. Reste à savoir le degré de désirez de subir et d’être absorbé ou de cultiver et d’être édifié collectivement. 
Maitre de vos silences et vos attentions pour sortir d’une zone d’inconfort dans laquelle on voudrait vous laisser baigner, pour mieux exprimer votre pensée, pour

« Ce n’est pas un signe de bonne santé que d’être bien adapté à une société profondément malade » 
Krishnamurti

Vivre, transmettre, écrire, passionner… j’ai rêvé presque de tout cela lors de la contraction à l’effort de ces écrits. Le temps du rêve (Tjukurrpa en langue anangu) ? Un requiem for a Dream ? Parfois perdu et souvent en course contre une forme d’écoulement…
J’expose ici un embryon de plaidoyer pour une nouvelle nature du travail, donc de la société, en 4 dimensions que je voudrais voir déployée dans une théories des cordes d’humanités :

Exemple de congruence appliquée à la connaissance liquide et passeurs de savoirs
  • X : champs des raisons de se perdre
  • Y : champs pistes à explorer
  • Z : champs des expérimentations à mener
  • Ω : espace-temps sans frontière ou sans bord

L’Utopie n’est pas l’irréalisable mais l’irréalisé écrivait Théodore Monod, je ne demande pas plus d’Utopie que celle je prends déjà. Ma seule requête du moment serait d’ouvrir de nouveaux espaces d’expérimentation dans un intérêt Commun.
J’ajouterais à ces 4 dimensions quelques règles qu’il me reste encore à conceptualiser et façonner :

  • Le droit à l’erreur est inaliénable et nécessaire à l’apprentissage
  • Les machines-outils assument les taches répétitives
  • Les Humains sont libres dans les pratiques créatives
  • Organisation décentralisée et distribuée des systèmes

De l’innée ou de l’acquis, où se joue le changement à opérer dans nos individualités et nos collectivités pour atteindre un pic en décalage de base ? Point de réponse satisfaisante trouvée à ce jour dans les itérations menées sur les pentes des novations.

Changer la base et changer l’ADN des cellules des problèmes structurels qui mènent aujourd’hui à l’épuisement des ressource matérielles et immatérielles, ceci me parait en revanche intéressant, au point de basculer du coté d’une “science” empirique de l’équilibre dans l’instabilité.

Base-pair mutation : type de mutation impliquant le remplacement ou la substitution d’une base nucléotidique simple avec un autre ADN ou d’ARN dans une molécule.
La mutation en décalage de cadre (ou frameshift) est le terme qui indique l’ ajout ou la suppression d’une paire de base .
Un mutant est un organisme ou une cellule présentant un caractère nouveau dû à une mutation génétique.

Les inspirations sont puisées chez David Larlet et Stéphane Langlois (le difficultateur) :

Cette volonté de ne pas choisir la facilité pour évoluer.
Cette nécessité de s’adapter pour évoluer en milieu complexe, voire chaotique. Je retiendrai aussi ce proverbe modifié qui nous est venu naturellement lors des répétitions et qui est assez représentatif de ce que l’on expérimente avec scopyleft :
Tout seul on va plus vite, ensemble on va ailleurs
Pas forcément plus loin. L’exploration de cet ailleurs est notre quête, c’est ce qui nous insuffle l’énergie pour accepter de réduire notre efficacité en empruntant d’autres chemins. Ensemble. Ce nouveau territoire est une autre planète où les lois physiques ne sont plus les mêmes, on ne change pas de façon de travailler mais on change la nature même du travail en mutation ainsi que le rapport avec nos pairs. Ces nouvelles lois (numérique, confiance, communication) nous autorisent à imaginer de nouvelles façons de collaborer et de produire de la valeur.
Travail en Pairmutation

Âpres et mûres réflexions, collisionnées par discussion Chloé Lequette lors du summer camp 2016, la nécessité a rejailli plus urgente encore de travail sur le récit, l’Histoire et l’imaginaire des communautés de pratiques, de valeurs, que nous formons dans différentes membranes de confiances et sur les explorations que nous menons.
 En pleine face de l’espace vide laissé sur la culture de ces aspects contribuant tant à la documentation qu’à la mise en perspective de nos actions, s’éclabousse aujourd’hui la chute d’une forme de connaissance liquide que nous avons trop longtemps négligé.

Si nous inventons une nouvelle façon de parler des choses, nous transformons les choses.”
Michel Butor

Si l’eau nous est si précieuse c’est pour les oligoéléments qu’elle contient et sa capacité à permettre la vie là où elle est. Si le puits est innovant c’est qu’il nous donne accès à ces oligoéléments en ne dénaturant pas l’eau et en respectant son flux naturel.
Si les savoirs nous sont vitaux c’est pour les nutriments qu’ils contiennent, c’est par les Communs qu’ils nourrissent. 
Si le puits des savoirs est innovant c’est que sa technologie prend soin de la ressource, c’est que son architecture ne dénature pas le milieu, que ses usages n ‘entravent pas la libre circulation.

A la transformation des choses, au travail de la culture et l’application sur l’esthétique, se conjuguent naturellement les environnements des technologies et du design.

À mes yeux, le code libre libère également les esprits, les possibilités et la créativité, on l’oublie parfois.
Geoffrey Dorne, designer

Coder ou être codé ? Pas un choix de liberté réservé à une élite, pas une faveur qui s’accorde à des nantis d’un luxe intellectuel. 
Lire, écrire, dessiner, filmer, décider, agencer, chiffrer, innover, inventer, créer… par un petit pas cela s’initie puis même le goût de l’effort s’apprend à mesure de la pratique et au plaisir de l’artisan qui a chaque jour remet du cœur à l’ouvrage.

Si l’on s’égare parfois dans les sinueuses courbes de l’introspection ou dans les limbes des explorations d’un monde qui s’annonce, il y a toujours une raison valable de ne pas céder à la tentation de la simpliste pensée. Cette lumière de rappel au cap s’exprimera par les lettres ou la voix d’un lecteur qui jusqu’au bout de ces lignes son effort posera.

Contemplations…

Aux milieux des dunes de fatigues, lorsque les sables du simplisme fouettent la motivation, quand les mirages des paresseux intègrent ton paysage, il scintille encore et toujours les lueurs d’humanités quelque part dans le ciel ou dans les internets.

The Cambridge collaboration network vu avec Gephi (que je recommande)