Google, le moi, le nous.

Il serait tentant de commencer cette histoire par se remémorer “1984” de George Orwell.

“A une époque de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire.”

Ce n’est pas ici une fonction de vérité que je souhaite apporter mais plutôt une fonction d’éclairage. Google est intrinsèquement lié à notre existence comme une fonction psychanalytique. Dans la psychanalyse moderne existe trois étages, trois tropismes, que l’on ressent plus ou moins consciemment :

  • Le “moi”
  • Le “surmoi”
  • Le “ça”

Afin de décrire plus précisément à quoi correspondent ces termes, voici un petit schéma tiré du site : www.laphilosophie.com

Le géant américain de la recherche en ligne est devenu partie prenante intégrale de ce conflit permanent. Il n’y a pas une semaine dans votre vie où Google n’arbitre des conflits conscients ou inconscients.

Les processus d’achat, les recherches d’informations, la propension à “zapper” d’une requête à l’autre, la suggestion d’idées lorsque vous avez seulement taper 3 lettres, la reconnaissance de vos envies (remarketing — retargeting), l’anticipation (grâce à Google Agenda), etc…

Notre “moi” qui assure les compromis et qui engage un mécanisme d’auto-conservation, d’auto-critique parfois, est annihilé par Google. Car c’est lui-même qui assure le compromis désormais en nous proposant une information biaisée, issu d’un algorithme, sans donner la chance d’une interprétation critique de ses résultats.

Rôle plénipotentiaire de Google dans nos échanges avec la “réalité extérieure”

Et nous dans tout ça ?

Comment ne pas intégrer la notion collective dans tout ce fatras d’informations que nous livre le géant américain tous les jours ? Il n’y a pas un seul “nous” au fond face à Google, il y en a plusieurs. Nous ne sommes pas tous égaux face à lui, même s’il souhaite que nous le devenions face à son apport d’information.

Le “Nous” est une boîte à idées. Neuves, disruptives et ambitieuses. Face à l’avènement d’un “Google monde”, où l’intelligence artificielle aurait supprimé toute notion de “moi”, le collectif est une ressource intarissable. Le géant américain a déjà engagé sa politique de désertion de l’engagement critique. Comment ? Eléments de réponse

  • Qui pourrait critiquer les résultats qu’il nous propose quand on tape une requête ?
  • Qui pourrait critiquer l’avènement de la voiture “parfaite”, sans conducteur, sans contrainte ?
  • Qui pourrait critiquer cette recherche “anticipatoire” basée sur vos anciennes requêtes et qui vous propose qu’à telle heure, tel jour, “vous devriez acheter des fleurs pour votre compagne” ?

Personne ! Et pourtant, c’est le grand défi de demain. Apprendre à “ré-apprendre”, à renouveler notre modus operandi, face à lui. A constituer un nous capable de collaborer avec Google et non de le subir.

Bref. Penser.

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