
Une transformation digitale réussie passe par une réorganisation complète de l’entreprise et de ses méthodes de management
Nous vivons depuis les années 80, époque à laquelle la mutation numérique a débuté avec l’industrialisation des processeurs et des ordinateurs, l’ère du digital. La troisième révolution industrielle celles des TIC (techniques de l’information et des communications) révolution avec laquelle s’opère un vrai bouleversement digital. Dans ce monde en constante et rapide évolution catalysé par le big data, où l’information, la monétique, le e-commerce, la banque, le cloud, et les échanges relationnels ,l’individu et ici l’entreprise doivent inéluctablement s’adapter. Car, lorsque le monde extérieur évolue plus rapidement qu’à l’intérieur de l’entreprise, nous nous dirigeons doucement mais sûrement sur la voie de l’obsolescence.
La mutation numérique permet à l’entreprise d’être plus proche du consommateur, même si son coût est important, l’équation: plus proche du consommateur et à la fois du collaborateur peut s’avérer gagnante.
Le chantier semble vaste mais incontournable au sein duquel, il faut avoir la volonté de mener de front transformation numérique, fidélisation client et réorganisation interne. En visant ainsi le rapprochement du collaborateur, qui est celui qui crée la valeur économique de l’entreprise, on tentera de trouver une organisation qui soit vecteur d’engagement et assurer ainsi le ROI (retour sur investissement) attendu. L’entreprise en sortira métamorphosée doublement gagnante et grandit.
Les Etapes de la transformation:
Faire appel aux nouveaux métiers du numérique

A l’image de la General Electric qui a entamé sa transformation il y a 5 ans et qui a misé énormément sur un nouveau profile: le CDO (Chief Digital Officer). Dans chaque division la GE a placé un CDO à qui l’on confère un pouvoir authentique, et qui est en lien directe avec la direction. Son rôle consiste à accélérer la transition numérique de son organisation pour relever plusieurs défis : s’adapter aux nouveaux modes d’interaction avec les clients, soutenir l’innovation, digitaliser son réseau physique, gestion des Big Data …Evidemment ce sont des digital natives contrairement aux membres du comité de direction, qui ont une moyenne d’âge d’une cinquantaine d’années. Ils se verront confier de véritables projets stratégiques à mener au sein de leur division.
Elire un shadow comex qui travaillera parallèlement au Comex en toute intelligence, afin d’allier agilité numérique des plus jeunes et sagesse des anciens.
Le comex (comité exécutif) ne délibérera qu’après avoir reçu les conclusions du shadow sur un même projet, pour adaptation, modification, réorientation. Ce qui va de soi, c’est une réelle sincérité, une réduction de l’égo, une intelligence collective admise, et une acceptation totale de la démarche de collaboration transgénérationnelle. Ce shadow comex serait formé de : CDO, hauts potentiels, intrapreneurs de divers horizons: business, marketing, finance, production, support pour créer un melting pot créatif, à la prise de décisions décalées. Au sein du shadow ne négliger aucun horizon tant qu’il y a potentiel, l’innovation candide du néophyte est connue et cette créativité peut être accueillie si elle est entourée de ceux qui ont la méthode pour étoffer, concrétiser le projet. Le comité de jeunes talents triés sur le volet, mais dont la durée du mandat peut être limitée, afin de renouveler le groupe, sera sans cesse alimenté de nouveaux talents révélés ou récemment recrutés. Dans le meilleur des cas on pourra allouer un budget avec lequel il s’exercera au test&learn.
S’inspirer du modèle start-up

L’entreprise agile doit s’adapter à l’habilité de la start-up qui utilise des outils et méthodes souples et rapides comme le cloud et le mobile, pendant que l’entreprise utilise des systèmes ERP rigides et inertes. Dans le même temps, Les profils en entreprises doivent également évoluer en sensibilisant les collaborateurs aux méthodes souples par le biais de la formation, les nouvelles recrues seront idéalement exercées aux modes de fonctionnement start-up où l’on pratique le test & learn. Au-delà des outils et des profils, les méthodes de management sont à adapter vers plus de simplicité de transparence, moins de process plus de confiance, insuffler la libéralisation de la parole et l’accorder aux employés, établir un leadership positif avec un système d’évaluation réciproque d’égal à égal, moins arbitraire que le système actuel où la valeur prépondérante a le jugement pour tendance, se retrouver à l’inverse davantage dans un rôle de composition et construction mutuelle. Car reconnaissons-le, les grandes structures perdent énormément en créativité et innovation du fait de la rigidité de leur process, du respect des règles dictées par le groupe.
Les Réseaux sociaux d’entreprise

En soulignant l’intérêt collaboratif et non compétitif entre services, le réseau social d’entreprise (RSE) peut aider à créer du lien et du partage. Libérer la parole, diffuser des tranches de vies intra services, encourager la diffusion des moments de bonheur qui existent en entreprise, moins de tabou, plus d’expression des émotions et de lâcher prise, humaniser l’entreprise et aussi échanger process et informations techniques.
La transformation digitale doit être pensée dans sa globalité prenant en compte tous les facteurs intervenants dans la production de la valeur ajoutée de l’entreprise, passant par l’employé jusqu’au consommateur. Il est question de trouver le juste équilibre entre user-centric & customer-centric, pour assurer une transformation multidimensionnelle réussie.
Marie Ehilé