Applications Cloud Ready, ou comment passer d’une vision Newtonienne à une vision Einsteinienne

Les applications des GAFAs sollicitées par des millions d’utilisateurs ne tombent jamais, car elles ne sont ni conçues ni réalisées selon les standards IT conventionnels.

Pont San Francisco–Oakland Bay (remplacement de la branche est)

Ingénieur, architecte, DSI… quel que soit le poste occupé au sein de l’entreprise, quand on travaille avec un SI qui est tout sauf Cloud Ready, on ne veut pas entendre parler d’Applications Cloud Ready (ou Cloud Native). Et de toute façon, “nous on n’est pas Facebook ou Google, on n’en a pas besoin”. Mais encore faut-il savoir “de quoi on parle”.

Comme l’article la méprise du Cloud l’évoque, beaucoup (trop) de professionnels pensent encore que le cloud est “à l’extérieur”… de l’entreprise, de l’organisation. Une erreur d’appréciation largement ancrée dans les esprits, née avec les premières offres cloud relevant surtout de l’externalisation. Pour beaucoup, le cloud serait donc une commodité, à laquelle l’entreprise peut accéder rapidement et ce, quels que soient ses systèmes et ses logiciels. Mais le cloud n’a jamais été une commodité, mais le contre-pied absolu des anciennes cultures informatiques.

Il faut donc voir les Applications Cloud Ready par rapport aux applications “traditionnelles” de la même façon : ce n’est pas une localisation des applications, elles ne sont pas “à l’extérieur”. Le Cloud est une manière de construire les applications, et une Application Cloud Ready est une application dont la mise en production est un non-évènement.

Des applications qui ne peuvent pas tomber

Cette famille d’applications révolutionnaire est capable de fonctionner dans les environnements les plus hostiles, et peut se voir allouer automatiquement de nouvelles ressources physiques en fonction de sa charge (du nombre d’utilisateurs qui la sollicitent). Elle dispose également d’une résilience à toute épreuve, d’un niveau extraordinairement élevé. Qu’il s’agisse d’un problème de performance, d’une coupure réseau ou d’une machine qui tombe, l’Application Cloud Ready continuera de fonctionner.

On ne conçoit donc pas ce type d’application en fonction d’un cadre idéal (un serveur opérationnel et un réseau performant), mais en fonction des pires contextes possibles. C’est en cela une véritable inversion de paradigme. L’enjeu ici étant de délivrer une expérience utilisateur heureuse, performante, et ce quel que soit le nombre d’utilisateurs. Car il ne faut jamais oublier qu’aujourd’hui, la seule source de création de valeur, c’est l’utilisateur final (le client).

Il faut donc orienter les applications au service des utilisateurs. Car dès que leur utilisation devient fastidieuse, ennuyeuse, ou problématique, l’entreprise doit savoir qu’elle peut perdre cet utilisateur. Pire : les proches de cet utilisateur insatisfait risquent de le suivre ailleurs. Le salarié quant à lui utilisera toujours l’application puisqu’il n’a pas le choix, mais à des coûts de formation exorbitants, et un stress déprimant. L’enjeu pour l’entreprise est donc de s’assurer de délivrer une expérience utilisateur heureuse, performante, quel que soit le nombre d’utilisateurs connectés, quelles que soient leurs demandes.

Un autre univers

Mais la délivrance d’un tel service (résilience absolue, nombre d’utilisateurs illimités) ne peut s’imaginer avec une architecture traditionnelle. En cela, une architecture Cloud Ready est à l’architecture “legacy” ce que la relativité est à la mécanique Newtonienne. Il ne s’agit pas d’un simple problème d’échelle, mais de la conceptualisation même de l’environnement. Il faut “partir à l’envers”. Il faut oublier les concepts IT basés sur des référents uniques et des grandes constantes. Il faut arrêter “d’essayer de faire entrer l’appli dans la techno” (son architecture legacy), car la technologie ne doit pas être structurante.

Pour bâtir une Application Cloud Ready, il faut partir de l’expérience utilisateur à délivrer. Puis, à partir de cette expérience utilisateur, il faut identifier tous les cas de ruptures et d’exceptions possibles, et imaginer des solutions fonctionnelles qui pourront y faire face. La résilience n’est donc pas obtenue par l’utilisation d’une quelconque technologie miracle, mais par la conception même de l’application. Ici, les problèmes sont abordés comme des exigences fonctionnelles, et ne sont donc plus, par nature, des problèmes. Là est le secret de la très haute résilience : dans la capacité à identifier le plus grand nombre de cas de ruptures.

La compétence comme carburant

Ainsi, une entreprise Cloud Ready est une entreprise qui n’investit que dans une seule chose : le cerveau humain. L’expérience en construction d’Applications Cloud Ready permet de cristalliser un savoir-faire hors pair, et seule la compétence humaine est capable d’anticiper un maximum de cas de ruptures et d’exception. C’est la seule qui peut concevoir et mettre au point les solutions optimales pour y faire face ou les contourner. Avec dans certains cas — comme Facebook et ses presque deux milliards d’utilisateurs par exemple — la capacité de concevoir des architectures d’une telle complexité qu’on peut les comparer à des centrales nucléaires digitales, là où les architectures legacy ressemblent à de vieilles centrales hydrauliques. Mais une fois que l’entreprise a bien compris le principe des Applications Cloud Ready, et qu’elle se retourne pour regarder son parc applicatif, le parc existant, elle peut être prise des vertiges. Car entre l’existant et la cible, il va bien falloir à un moment ou à un autre traverser la vallée du désespoir.

Mais si aujourd’hui les applications déjà présentes dans les entreprises sont tellement complexes, tellement instables, imprévisibles, mais qu’au final elles fonctionnent tout de même, ce n’est pas grâce aux technologies. C’est grâce au génie des salariés qui maîtrisent une complexité effroyable. Et au lieu de mobiliser ces salariés à gérer cette complexité programmée, il faut les libérer pour qu’ils puissent participer à la fabrication des Applications Cloud Ready. Ainsi, les entreprises ne doivent pas avoir peur de s’engager dans cette vallée du désespoir, puisqu’elles ont l’assurance d’avoir les ressources nécessaires pour effectuer à bien cette traversée, et atteindre la clairière de l’heureuse UX.

Par Habib Guergachi, PDG de Zengularity, publié dans le JDN le 05/04/2017

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