DSI conventionnelle : 6 défis à relever pour devenir digitale

Que reste-t-il de l’univers business traditionnel ? La pérennité des positions concurrentielles n’est désormais plus garantie. Chaque entreprise doit intégrer l’effet galopant de disruption chez ses concurrents et dans tous les secteurs. Dans un monde où les changements sont extrêmement rapides, la DSI “Réducteur de coûts”, celle qui s’acharne à délivrer un maximum d’informatique dans un minimum de budget, a fait son temps. C’est d’une DSI “Accélérateur Business” dont chaque société a besoin : une DSI qui n’utilise qu’un minimum d’informatique pour délivrer un maximum de business. Pour atteindre cet idéal digital, 6 défis principaux sont à relever.

Quid de la disruption ?

Avant tout, interrogeons-nous sur la substantifique différence entre DSI conventionnelle et DSI digitale. Est-ce simplement une question d’outillage et de budget atomisé ? Très certainement non, ce n’en sont que des conséquences directes.

Une DSI ne peut prétendre à sa digitalisation qu’à partir du moment où elle opère une disruption dans son approche vis-à-vis de ses clients.

Le salarié de l’entreprise n’est plus un consommateur captif de la DSI. Il est devenu un client très informé, équipé (chez lui) d’une pléthore d’applications performantes et faciles à utiliser. S’il était jusqu’ici mécontent, passif et prisonnier de solutions anxiogènes, il dispose maintenant d’une perception accrue de ce qu’il est possible de faire. Il peut alors évoluer en partenaire solide de la DSI, dans sa mission de création de valeur business. Mais il revient à la DSI d’abandonner le SI grabataire et mourant qu’elle s’acharne à accompagner dans sa fin de vie. A elle de réinventer avec les métiers les nouvelles façons de faire pour créer de la valeur.

La disruption suppose alors de croire en sa capacité de produire, avec les autres, de la valeur Data, de la valeur réputation, de la valeur engagement et bien sûr du chiffre d’affaire direct. Pour tout ça, suivez le guide !

Replacer l’émotion au centre de la création

L’expérience utilisateur est au coeur de toute disruption positive mais elle apparaît comme le parent pauvre. Pourtant, il n’est rien de plus efficace que le plaisir, le bonheur ressenti à utiliser une solution conçue comme si elle avait été faite pour soi.

La réussite de l’expérience utilisateur conditionne l’appropriation de la solution et favorise de nouvelles énergies.

Or, pour y parvenir, les experts techniques doivent se muer en artistes sensibles à la beauté des applications qu’ils développent. Cette sensibilité, c’est la reconnaissance de leur rôle, de leur impact, mais aussi de leur responsabilité, sur le bonheur des utilisateurs.

C’est une disruption, car elle suppose de se détacher complètement de la brutalité ergonomique, imposée par des frameworks absurdes, qui a prévalu en entreprise jusqu’ici. Les contingences de la complexité technique n’ont pas leur place à ce niveau. Seuls l’émotion et le plaisir de l’usage entrent en ligne de compte, auxquels contribue une efficacité démultipliée. Pour nous, chez Zengularity, c’est un adage.

Faire de la mise en production un non-événement

La mise en production semestrielle est intégrée dans les esprits comme une étape pour le moins angoissante, une forme de départ dans l’au-delà. Et pour cause, nous soupçonnons qu’elle fut à l’origine de véritables drames humains.

Il n’y a pas 36 manières d’éliminer ce cauchemar. Il y en a une, celle d’être cloud ready. Une plateforme as a service, le piano de cuisson applicatif professionnel, replace le développeur dans la meilleure configuration qui soit. Entièrement concentré sur la qualité de son code, il s’extrait des contingences du build et du déploiement de l’application. Les équipes sont alors tout à la beauté ergonomique de leur création.

Faire sien le principe de l’obsolescence

L’obsolescence des technologies ? En voilà une idée ! Nous avons vu des DSI remerciées pour avoir opté pour des solutions très innovantes mais ayant échoué sur le marché. L’assurance de la pérennité des technologies est quasiment inscrite dans l’ADN de toute DSI. Comment le leur reprocher dans un fonctionnement budgétaire à 5 ans gravé dans le marbre d’un schéma directeur ?

Mais quel sens donner encore à la notion de continuité sur un marché digital disruptif ? Comment livrer la bonne application au bon moment si l’on reste pieds et poings liés avec des technologies inadaptées ?

Il n’est plus l’heure de tergiverser. Le bon sens commande de choisir la bonne solution pour répondre à un problème donné.

Adopter le principe de la maîtrise de l’hétérogénéité technologique est une stratégie d’innovation.

Nous allons même plus loin : c’est une arme, dont l’entreprise désormais ne doit plus se passer.

Maîtriser l’entropie du SI

Fast Design and Delivery est une méthode qui repousse les limites de l’agilité vers l’hyper réactivité. Elle permet de mettre rapidement en production une application fonctionnelle et de qualité dès l’apparition d’un besoin. Elle intègre notamment les réponses aux trois précédents défis présentés jusqu’ici.

Les effets en sont connus : la DSI prend à son compte les réflexes d’innovation continue. Son évolution ne connaît plus de barrière et son organisation la conduit à créer à un rythme soutenu, en accord avec les besoins business de l’entreprise.

Or l’état naturel d’entropie du SI peut inciter la DSI à freiner la cadence. En général, il apparaît en effet que la seule chose à faire est de réduire la vitesse de production pour parvenir à contrôler la complexité grandissante d’un système.

Chez Zengularity, nous invitons les entreprises à atteindre un état idéal de néguentropie, capable de réduire la complexité générée par l’activité renouvelée des développeurs au service de l’accélération business digital.

Résoudre le paradoxe de la sécurité dans un SI ouvert

L’ouverture du système d’informations aux partenaires est toujours l’arlésienne de la DSI. On ne reviendra pas sur les avantages compétitifs ni sur les effets transformateurs d’un nouvel SI “tout fait d’API”.

En revanche, on rappellera que la sécurité du SI et partant de là de toute l’entreprise, ne peut reposer que sur une conception d’applications intelligentes, capables de garantir par elles-mêmes leur sécurité applicative.

Applications, services, APIs, etc. intègrent la sécurité dès la phase de conception en identifiant le maximum de cas de fonctionnement à caractère anormal voire frauduleux.

Requinquer les quinquas

The last but not the least, qu’en sera-t-il des équipes en place ? Seront-elles prêtes à adopter de nouveaux codes, à concevoir leur métier avec l’oeil et le coeur de l’artiste ? A jongler avec la virulence technologique ? A défaut, faut-il budgétiser le divorce ? On l’a compris, les défis auxquels doit se soumettre la DSI pour se faire véritablement digitale implique une rupture intellectuelle lourde.

C’est, avant toute chose, un sujet humain.

Les collaborateurs de l’entreprise, aussi débordés qu’ils soient par la complexité de leur SI conventionnel, sont les porteurs de mémoire et les détenteurs du savoir-faire métier de l’entreprise.

Consacrant leur temps et leur génie à éviter la catastrophe industrielle d’un SI en déliquescence, ils sont les seuls à pouvoir opérer la transition, dans un rôle de premier plan.

Mais n’oublions jamais que la passion et le dévouement se nourrissent de reconnaissance. Oubliés de la disruption, mis de côté, ces collaborateurs sauront mettre toute leur intelligence au service du statu quo voire du sabotage en bonne et due forme. Il faut avoir à gagner dans la disruption pour y adhérer pleinement.

Par Habib Guergachi, CEO de Zengularity