Un hackday, pour quoi faire?

Un hackday suscite notamment l’émergence de l’innovation technologique dans l’entreprise et la montée en compétences des collaborateurs. Retour d’expérience de Zengularity qui, depuis cinq ans, en organise un tous les deux mois.

Un dispositif pour brasser de la bière au bureau, une application pour attraper le dernier métro, une interface pour gérer la distribution de croissants chauds, etc., le point commun de ces trouvailles ? Toutes ont été développées durant des hackdays par les « Zengulars », les collaborateurs de Zengularity, un éditeur de logiciels en ligne à destination des entreprises. Tous les deux mois, pendant deux jours, l’entreprise « libère » ses développeurs, designers, ingénieurs systèmes, project managers et même ses commerciaux pour l’expérimentation de nouvelles solutions, à mille lieux des contraintes des projets clients. Dans un climat propice à la création, ces journées répondent à trois objectifs cruciaux.

Tester l’innovation technologique

« Il y a cinq ans, lorsque nous avons organisé notre premier hackday, l’objectif était de permettre à nos équipes de tester une nouvelle technologie maison, pour qu’ils se l’approprient, pour qu’ils en découvrent tous les usages possibles, pour qu’ils proposent de nouvelles fonctionnalités », explique Nadiya Shur, responsable communication et marketing de Zengularity. L’expérience se révélant concluante, l’entreprise décide de formaliser ce rendez-vous. Ce sera d’abord une journée par mois, puis deux jours d’affilée, tous les deux mois, pour disposer de davantage de temps afin de développer des idées plus ambitieuses. « Le hackday fonctionne comme un laboratoire d’innovation : davantage que le résultat, ce qui importe c’est de pouvoir explorer de nouvelles techniques de mise en œuvre, en cycle très court, avec une prise de risque importante », souligne Antoine Michel, le CTO. Alors que sur un projet destiné aux clients, les technologies avant-gardistes sont peu utilisées, lors du hackday leur mise en application est de l’ordre de 70 %. Le but est d’en tester l’efficacité et de les maîtriser pour de futurs besoins. Les équipes participantes ont carte blanche pour se challenger et donner libre cours à leur créativité. Les hackdays ne doivent pas être confondus avec les hackathons, moins réguliers et davantage ouverts à l’extérieur de l’entreprise .

Faire monter les compétences

Un hackday s’articule en quatre étapes : le brainstorming, réflexion collégiale pour identifier les envies de chacun ; la présentation des projets qui seront développés le jour J ; la constitution des équipes (allant d’un seul à une dizaine de participants), le plus souvent pluridisciplinaires ; et le hackday lui-même, événement attendu et plébiscité par les collaborateurs. Chez Zengularity, 80 % de Zengulars ont participé au hackday qui s’est déroulé en novembre dernier. « La pluridisciplinarité des groupes est un élément fondamental, pointe Antoine Michel. Cela favorise le partage d’expertise et la transmission des connaissances : ça fait grandir les participants d’être confrontés à des contraintes différentes, de vivre « en live » les impératifs des autres métiers ». En général, les groupes composés pour l’occasion reproduisent la typologie des équipes travaillant sur les projets clients. La différence est le contexte de liberté et d’amusement. D’après les collaborateurs eux-mêmes, lors de ces journées, le « BBZ » — Bilan Bonheur des Zengulars — atteint des sommets.

Identifier la relève

« Rencontrer les autres », « sortir la tête de l’eau », « geeker », « se détendre », « innover à sa sauce », etc., les « Zengulars » voient dans les hackdays une sorte de parenthèse récréative et créative et l’occasion de créer les outils qu’ils ont envie d’utiliser. Exemple avec l’application Gonogo, développée lors d’un hackday, qui permet aux collaborateurs de twitter au nom de l’entreprise. Autre appli qui a vu le jour dans le même cadre, Radyo, pour connecter une station de radio à sa liste Spotify. Du côté des ressources humaines, il y a d’autres bénéfices : « avec le changement des rôles, c’est l’occasion de repérer certains talents, ce qui nous aide dans notre démarche de gestion des carrières », observe Antoine Michel. Innovation, agilité, prise de risque : les ingrédients des hackdays résonnent avec des enjeux globaux pour toutes les entreprises aujourd’hui.

Par Julie Le Bolzer, publié le 27/12/2016 dans Les Echos : http://business.lesechos.fr/directions-numeriques/digital/transformation-digitale/0211581112305-un-hackday-pour-quoi-faire-303880.php?ww3FmQlzXpTMZO7E.99#xtor=CS1-3046