VAUCLUSE

CANTON de GORDES


GORDES, 188,65 km2 : Beaumettes — Gordes — Goult — Joucas — Lioux — Murs — Roussillon — Saint-Pantaléon

Beaumettes

On sait qu’il y a eu une occupation romaine, comme le montrent les vestiges de la villa romaine de Font-de-Loup. Mais la première mention date de 1055 : Balma, du celtique et latin balma qu’on retrouve en patois romand et en vieux français : grotte, caverne. Le village relève à l’origine de l’abbaye Saint-Victor de Marseille. Puis au 16e s., de la seigneurie des Autric de Vintimille. Au 14e s., le pays est dévasté par des bandes de Routiers ; en 1471, le village est inhabité.

Gordes

Gord, en celte “falaise”. Importante occupation romaine. Cité aux 4e et 5e s. : Vordao, du nom du peuple des “Vordensès”, premiers hahitants de Gordes, le nom de Gordes en serait une déformation.

Ils descendent s’installer dans la vallée sous la colonisation romaine. Ils regagnent cependant leurs rochers lors des invasions barbares ; castrum Gordone, en 1031. Fief des Simiane, érigé en marquisat en leur faveur (1615) ; le fief passe aux Soubise, puis au 18e s., aux Condé. Pendant les guerres de Religion, le bourg est assiégé en vain par le baron des Adrets. Tremblement de terre de 1887 qui ébranle le clocher.

Goult

Cité en 1031 : Agoldum, nom de personne d’origine germanique latinisé, lui même repris d’un toponyme désignant une mare, un bourbier.

Seigneurie successivement aux d’Agoult, Simiane, Sade et, enfin, aux Denis, de 1597 à la Révolution. Pendant les guerres de Religion*, le village résista aux attaques huguenotes*.

Joucas

Jukk, en celte “hauteur”, le terme “joc”, qui désigne un perchoir, a été utilisé par métaphore pour désigner une forteresse juchée sur un rocher. Cité en 1071 : Jocadae, Jocadium. Aux 11e et 12e s., fief des d’Agoult ; fin 12e s., les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem en font l’acquisition et y implantèrent une commanderie. Village déserté aux 14e et 15e s. Les habitants embrassèrent dans leur quasi-totalité la Réforme. Le village change plusieurs fois de mains au cours des guerres de Religion.

Lioux

Cité en 960 : Leuca, en ce sens nous connaissons leuca, ae, f., mot celtique : lieue (soit 1500 pas romains) ; au 12e s. : Leu ; vers 1350 : Lhieous, c’est à dire la louvière, l’endroit ou régnent les loups, pourquoi pas ? Mais le nom latin du loup est lupus, la transformation en lhieous est problématique. En revanche si l’on considère le paysage, la géologie nous apprend que la faille de Lioux (cassure et affaissement) s’est produite il y a environ 30 millions d’années. Orientée nord-est/sud-ouest, cette falaise longue de plus de sept kilomètres est le résultat de l’émergence des terres et d’une formidable poussée qui, aujourd’hui, constituent les Monts de Vaucluse. Le nom de ce village viendrait du mot grec leukos/blanc, transformé en 960 en leuca.

Au 13e s., il prend le nom de Lueux, traduisant et amalgamant dans le même toponyme la présence de nombreuses meutes de loups qui sévissent alors dans la région. Fief des d’Agoult, puis des Astouaud. Propriété de l’évêque de Carpentras au 16e s. Les autres fiefs de Saint-Lambert et de Besaure sont également aux mains des Astouaud. Le nord du territoire actuel, dont Javon, fait partie du Comtat. Il est cédé, au début 16e s. aux Baroncelli, devenus depuis Baroncelli-Javon.


Murs

Cité au 11e s. : “Mus, Muris/enceinte fortifiée”. Les deux lieux apparaissent dans les textes médiévaux sous la forme Muris, murs. Seigneurie des d’Agoult au 12e s., des Crillon, puis en 1462 des d’Astouaud. Territoire inhabité au 15e s. Pendant les guerres de Religion, le capitaine de Mormoiron fait périr d’asphyxie, en les enfumant, plusieurs familles calvinistes réfugiées dans les grottes de Bérigoules( grottes à champignons).

Roussillon

Vocable romain, Vicus russulus, lié à l’ocre rouge de son environnement. Cité en 989 : de Rossillione. Seigneurie des d’Agoult, des Vins, puis des l’lsle jusqu’à la Révolution. Le village échappe aux malheurs des guerres de Religion, à l’exception d’un siège symbolique qui ne cause pas de dommage.

Saint-Pantaléon

Présence néolithique. Cité en 998 : Cella S. Pantaleonis. Etymologie incertaine : la première racine correspond au grec “pantos/tout”, la seconde pourrait être eleêmon, compassion, latinisé en leo, lion. Variantes : Pantaleon, Pantaleoni. Pantalon, Pantaloni.

Fief des seigneurs de Gordes, érigé en marquisat en 1690. Vocable révolutionnaire : Pantaly. Une des plus petites communes du département.