
CADENET, 189,97 km2 : Cadenet — Cucuron — Lauris — Lourmarin — Mérindol — Puget -Puyvert — Vaugines — Villelaure

L’origine du mot Cadenet viendrait de Candellence, les habitants d’un haut lieu. Candelle comme chandelle est d’origine latine. Les premiers habitants étaient des Cavares. Mais cade c’est en occitan,le genévrier, juniperus oxycedrus. Il semble que le mot cade est autochtone dans l’est du domaine occitan où on le trouve aussi comme nom de lieu : Cadenet (Vaucluse), Cadenet-Perriers, lieu-dit à Sernhac (Gard), Cadenet lieux dits à Lussan, Le Cailar, Castries etc.. L’espagnol cada et le catalan cadec ont été empruntés à l’occitan. Le mot cade a été introduit tel quel en francais au début du 16e s.
La tradition locale attribue l’origine du nom du village à Jules César, comme nombre de communes provençales. Ce dernier, voyant les habitants du lieu courir, aurait prononcé la locution latine “cur current ?” (“Pourquoi courent-ils ?”).

En fait Cucuron, sous des graphies diverses, est un toponyme fréquent dans la France méridionale, avec le sens de point culminant, de monticule. De nombreux lieux-dits et communes partagent cette étymologie : Coucouron (Ardèche), Cuguron (Haute-Garonne), Cuqueron (Pyrénées-Atlantiques). Le redoublement du mot celte kuk, hauteur en forme de meule, indique un pluriel. Fief des Sabran au 12e s. puis co-seigneurie des Castillon et des Oraison, restés seuls propriétaires depuis 1654 ; passe ensuite aux Bruni de la Tour d’Aigues fin 18e s.
Mentionné en 1079 : Lauries, Le nom de Lauris serait relié à un nom latin, surnom de soldats romains. Ces légionnaires avaient le privilège d’une couronne de laurier marque des vainqueurs, ou des braves. Ca n’est pas loin de ce qui est plausible : La Villa Laurias à l’origine à Villelaure appartient à un certain Laurus . Ce notable romain dispose d’une seconde villa et la commune devient Lauris au Moyen Âge.

Fief érigé en baronnie en 1552 en faveur de François de Pérussis, terre située dans la viguerie d’Apt. Seigneurie des ducs de Lesdiguières au 17es., puis du marquis d’Arlatan au 18e s. Pendant les guerres de Religion,1563, le bourg est saccagé par le comte de Tende, sénéchal de Provence.
On suppose que le surnom de Laurus, souvent attribué aux soldats romains, a pu être le nom du premier possesseur de terres, allant de Pertuis jusqu’à Mérindol. On pourrait alors considérer que Lauris, Lourmarin, Villelaure, auraient la même étymologie. Mais il se trouve que “armerino” désigne l’osier en provençal… Il est probable qu’il s’agit d’une oseraie primitive, dont on a rentabilisé la culture en bordure de ruisseau. Bailly, dans son Dictionnaire des communes du Vaucluse pense que “Lourmarin est habité dès le Néolithique”.

L’occupation romaine y est attestée sans qu’il soit possible d’en préciser l’importance. La plus ancienne mention de Lourmarin est Luzmari, d’après une charte de 1075. On trouve par la suite Lucemarino en 1165, et Lourmarin en 1189. À l’origine, petite agglomération formée autour de deux monastères bénédictins. Seigneurie des d’Agoult, des Créqui-Lesdiguières au 17e s., des Bruni en 1719. Au 15e s., une colonie vaudoise est venue peupler et cultiver le terroir ; le village est de ce fait persécuté par les catholiques pendant les guerres de Religion ; une importante communauté protestante s’y est maintenue.

Occupation préhistorique et romaine. Cité au 13e s. : Merindolium. De Merinus, hypocoristique (mot affectueux) de Aymerich, Americh. C’est un nom de personne d’origine germanique, Aginhard (agin,lame de l’épée+ hard, dur).+ Dolium, très grosse amphore : l’amphore de “Merin”. Fief du vicomte de Cavaillon, puis des évêques de Marseille. Mérindol “village-martyr” du Luberon : au 14e s., Raymond de Turenne dévaste le château et le bourg ; la région désertée fin 15e s. est repeuplée par des Vaudois venant de Mallemort. Au 16e s., ils suivent naturellement la Réforme et refusent d’abjurer leur foi. Le bourg est rasé par le tristement célèbre seigneur d’Oppède en 1545, sur arrêt du Parlement de Provence. Les Vaudois rebâtissent leur village qui devient capitale religieuse de l’Eglise protestante en Provence et point de départ des expéditions huguenotes.
Cabrières et Mérindol, villes huguenotes, où le prétexte de la religion fait commettre les plus horribles cruautés par les troupes royales. Les protestants français n’ont pas été à l’abri de la persécution . Elle ne s’est pas poursuivie avec violence, ou d’une manière uniforme, mais avec des alternatives d’acharnement et d’indolence. Les victimes pendant les années 1541 et 1542 ne sont pas nombreuses, mais chaque supplice présente des circonstances remarquables d’atrocité de la part des juges, de constance et de foi de la part des martyrs. Après la paix de Crépy, François 1er veut qu’un acte plus éclatant encore annonce à l’Europe son zèle pour la foi, et sa résolution de détruire quiconque ne se soumet pas aux enseignements de l’Église.
Il existe en Provence, dans un territoire montueux, entre Aix et le comtat Venaissin, une colonie de Vaudois, sortis originairement du Dauphiné et du marquisat de Saluces. Ils occupent deux villes et une trentaine de villages, et on assure que s’ils sont attaqués ils peuvent mettre quinze mille hommes en armes. Mais ils ont en général vécu plus exempts de persécution que leurs frères des Haute Alpes. Les seigneurs de qui ils tiennent leurs terres à cens les protègent, parce qu’ils ont, par leur industrie, changé en un fertile jardin tout le district qu’ils occupent. Leur prospérité même excite la jalousie de leurs voisins. Ils sont dénoncés au Parlement de Provence comme hérétiques. Il rend, le 8 novembre 1540, un effroyable arrêt, lequel porte “qu’en punition de leurs erreurs tous leurs villages doivent être rasés, les forêts coupées, les arbres fruitiers arrachés, les chefs et principaux révoltés exécutés à mort, et leurs femmes et enfants réduits en esclavage”. Mais cet arrêt est rendu par contumace contre des absents qui n’ont pas été entendus en défense, et l’exécution en est suspendue sur les instances des princes protestants alliés du roi. Puis des lettres de grâce sont expédiées le 8 février 1541 aux habitants de Mérindol et de Cabrières, et à tous ceux accusés en Provence pour cause de religion. Après la paix de Crépy-en-Valois (1544), le roi, n’a plus de ménagement à garder avec les princes leurs protecteurs. Il écrit, le 1er janvier 1545, au Parlement de Provence “de mettre à exécution l’arrêt rendu quatre ans auparavant contre les Vaudois, malgré ses lettres de grâce, et de faire en sorte que le pays soit entièrement dépeuplé de tels séducteurs”. Les Vaudois de Provence ont déjà beaucoup souffert, mais ils n’ont jamais résisté. Paisibles et timides, ils cherchent seulement à demeurer ignorés de leurs voisins. Ils n’entretiennent pas de querelles avec eux. Ils ne provoquent leur ressentiment… Un secret profond enveloppe la révocation de leurs lettres de grâce et les préparatifs de l’expédition destinée à les égorger. Une petite armée est conduite par les barons d’Oppède et de La Garde, dont le premier est président du tribunal qui les a condamnés ; le second un aventurier employé par François Ier. Elle part d’Aix le 13 avril 1545 , passe la Durance et entre par le Pertuis dans le pays qu’habitent les Vaudois. Dans les trois premiers villages qu’elle atteint le lendemain, les habitants, n’ayant pas le moindre soupçon des desseins formés contre eux par le gouvernement auquel ils sont soumis, sont tous égorgés et leur maisons brûlées. L’armée, voyant qu’elle ne rencontre aucune résistance, se partage le jour suivant en petites troupes pour détruire tout le pays à la fois. Cependant la terreur la devance, et désormais elle trouve vides tous les villages où elle entre. Mais les fuyards ne peuvent éviter leur sort : chargés de leurs enfants en bas âge, ou de leurs effets les plus précieux, ils succombent les uns après les autres à la fatigue. Les plus faibles, les vieillards, les femmes, les enfants, restent sur la route. A mesure que les soldats les atteignent, ils les égorgent après en avoir fait le jouet, ou de leur atroce cruauté, ou de leur impudicité. Tout le pays est ainsi détruit du 14 au 19 avril. Pour atteindre aussi ceux qui errent encore dans les bois ou dans les montagnes, le Parlement d’Aix et le gouvernement pontifical d’Avignon proclament, le 24 avril, par toute la province : “que nul n’ose donner retraite, aide, secours, ni fournir argent ni vivres à aucun Vaudois, sous peine de la vie”. Après cette effroyable boucherie, François Ier n’est pas encore satisfait. Au mois d’août 1545, il envoie dans les diverses provinces des conseillers du Parlement de Paris, comme commissaires pour la poursuite et la punition des hérétiques. Il n’y a pas de provinces, il y a peu de villes où l’on ne passe sans arrestations et supplices. L’affaire de Mérindol est instruite alors : les accusés que l’on a mis en prison, entre autre le premier président d’Oppède et le baron de la Garde, trouvent le moyen de se justifier, et, en 1552 et 1553, ils sont élargis. Le seul Guérin, avocat du roi au parlement d’Aix, impliqué dans cette affaire, mais accusé de bien d’autres crimes, est décapité en 1554.

Cité au 13es.: Pugetum, petit podium, “motte”, (vient de pic, sommet pointu + icos, suffixe diminutif). Simple lieu-dit inhabité en 1471, peuplé par un acte d’habitation en 1617 de François d’Urre de Brotin, ce qui constitue en fait son érection en commune.
E1300, on trouve De Podio Viridi, la colline aux arbres verts. Vestiges préhistoriques : stèle anthropomorphe au quartier de Lombardie. Vieux village légèrement surélevé face à la Durance.

Village primitif des Grottes : habitat troglodytique complété de constructions encore en usage. Seigneurie des Villemus puis des Oraison, seigneurs de Cadenet. Pendant les guerres de Religion, les habitants sont massacrés et les maisons incendiées. Le village rayé de la carte ne se relève qu’en 1618 avec l’arrivée de nouveaux habitants, à la suite de l’acte d’habitation établi par le marquis d’Oraison.

Mentionné en 1004 : Rupen Juvinam, Valle Jovina, la vallée de Jupiter. Seigneurie d’Elzéar de Sabran, puis de Foulques d’Agoult, au début 15es. Le lieu est inhabité, fin 15e s. .Gilbert d’Agoult le repeuple au 16e s., par un acte d’habitation. Seigneurie passée aux Bolliers (17e s.), puis aux Bruni (1752 à la Révolution).
Cité au 12e s. : Villa Laura, lieu où pousse le laurier, en occitan laur, ou encore terre labourée : laur signifie aussi labour. Le village est à cette époque un bien de l’abbaye de Montmajour.

Seigneurie des Baux au 15e s., des d’Agoult, puis des Forbin du début 16e à la Révolution. Le village, repeuplé en 1512 par des Vaudois, est ravagé en 1545 par les troupes catholiques, ainsi que le village de Treize-Eminés qui ne s’en relève pas ; nouvelles déprédations fin 16e s., au cours des guerres de la Ligue.
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