De battre mon coeur la ville de demain s’est arrêté

Les villes n’ont jamais été autant au coeur des débats. Chaque haut placé y va de sa conception pour imaginer la ville de demain et récolter les lauriers d’un succès qui sera déjà acquis en leur faveur. Alors à ceux qui cherchent en France l’idée d’une Smart City à la hauteur des mégalopoles bâties autour de ce monde, ne cherchez pas ! Asseyez-vous 2 minutes et comprenez.

Fatalement, les villes pourrissent. La qualité de vie se décline. Le stress envahit chaque coin de rue. Tout cela se combine à des alertes récurrentes à la pollution qui bientôt rendront chacun de nous semblables à des chirurgiens de rue avec des masques en papier. Parallèlement, les campagnes dépérissent. Exode rural omniprésent, mort lente du commerce de proximité et dynamisme vacillant en local, si l’attrait des villes encourage celles-ci à s’urbaniser davantage, rien de concret n’est encore lancé pour stopper l’hémorragie. L’urgence se fait tout aussi ressentir que de l’eau bouillante sur le feu.

« L’essor spectaculaire des nouvelles technologies et du numérique ont d’ores-et-déjà accompagné nombre d’entreprises et d’initiatives à la transformation digitale et au développement massif d’une économie de partage »

En attendant, les agissements de nos gouvernants sont aussi criants de fatalité et aussi discernables qu’un steak allégé dans un sandwich Mac Do. La ville fait front et connait depuis des années de profondes mutations culturelles, sociales, économiques et environnementales. Ce n’est d’ailleurs un secret pour personne : si la demande a beau se faire attendre, la France accuse toujours un certain retard en la matière. La faute à un modèle hexagonal stérile dont le management autocratique et la hiérarchie pyramidale stoppent la transmission de l’information à plusieurs niveaux. Le débat semble dès lors impossible, si tant est qu’il faille admettre que le pouvoir, dont la colonne vertébrale est sclérosée, courbe l’échine à plus d’un. Bref.

Autant de failles cumulées aux problèmes sous-jacents des mairies et collectivités qui ont du mal à maîtriser et tirer parti des NTIC et des nouvelles ressources telles que le Big Data ou les réseaux sociaux. Un retard accusé qui fait mal et qui relègue les communes françaises au simple rang de poisson pilote pour les start-up. Le Paris d’Anne Hidalgo n’échappe hélas pas à la règle, et ce malgré sa volonté récente affirmée pour faire de la capitale une cité futuriste. En résumé, ce qui prétendrait être le fruit d’une convergence parfaite entre le numérique et l’urbanisation se fait encore attendre.

Pourtant les faits sont là : l’essor spectaculaire des nouvelles technologies et du numérique ont d’ores-et-déjà accompagné nombre d’entreprises et d’initiatives à la transformation digitale et au développement massif d’une économie de partage. Si bien qu’à défaut que l’idée fasse son chemin en partant du haut, les projets novateurs fleurissent et l’idée d’une ville intelligente fait son chemin en partant du bas : les citoyens.

La ville de demain promise à ses habitants

La ville de demain a su nourrir l’imaginaire des scientifiques d’antan. Déjà, Léonard de Vinci, pour ne pas le citer, et lui-même réduit aujourd’hui à une tour d’immeuble et des constructions spectaculaires, vouait autant d’énergie à faire pousser des ailes à des turbines en acier qu’à imaginer des villes construites autour de valeurs humanistes. Portées tout autant par une filmographie riche, les oeuvres de visionnaires alimentent encore et toujours l’imaginaire collectif.

« La ville de demain sera aussi un état d’esprit »

Toutefois, la ville de demain ne résout pas à du visuel. Si les plus rêveurs imaginent la ville autour de tours d’immeubles enrichi de plantes vertes surplombant des panneaux numériques de plusieurs centaines de mètres carrés et tutoyant des voitures volantes, la ville de demain sera aussi un état d’esprit.

Orientée autour d’une intelligence collective, l’idée d’une ville promise à ses habitants progresse. À la fois intelligente, connectée et durable, la ville de demain c’est aussi l’émergence d’une participation citoyenne et d’un rôle prépondérant du dialogue citoyen dans les décisions communautaires. Si l’idée bouleverse de grands équilibres auxquels on n’est pas encore habitué en France, il est fort à parier que la fin d’une pensée unique donnerait enfin la parole aux startups et à l’entrepreneuriat et les libérera des idées acquises au nom des grands groupes, eux qui ont pullulé grâce au capitalisme et qui veulent aujourd’hui défendre, dans la contradiction la plus totale, des valeurs profondes de développement durable.

Bref. De battre mon coeur la ville de demain doit enfin se connecter.

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