Facebook, identité numérique & projection de soi

Sur la manne des 6 milliards et demi d’individus sur Terre, Internet revendique près de 900 millions d’utilisateurs vraiment actifs à travers le monde. Les chiffres sont colossaux et attestent de l’importance de ces nouveaux médias à l’échelle de la planète. À lui seul, l’exemple de Facebook paraît astronomique : 10 milliards et demi de minute passé chaque jour sur le réseau social ! Devenus à ce jour le plus populaire du web, ces utilisateurs apparaissent comme accroc : ces 10 milliards et demi de minute représente chaque jour l’équivalent de 2000 années d’existence, ou plus terre-à-terre, 22 minutes/jour par personne. À ces chiffres, il faut rajouter le 1,28 milliard d’utilisateurs quotidiens actifs ; les 140,3 milliards de relations entre amis, sans manquer les 300 millions de photos téléchargées chaque jour. Par ailleurs, selon des spécialistes, le réseau social regrouperait aussi près de 30 millions de comptes de défunts : une première dans l’Histoire du Monde où vivant et mort cohabitent…

« 30 millions de comptes de défunts : une première dans l’Histoire du Monde où vivant et mort cohabitent… »

L’apparition des réseaux sociaux a changé notre manière d’agir sur la toile. Si internet nous fait souvent gagner du temps, il peut aussi très bien nous en faire perdre. Le temps de connexion est en effet venu se greffer à la multitude des activités produites par l’Homme dans son quotidien. Le temps est devenu précieux, c’est pourquoi il convient aujourd’hui de gagner du temps, mais intelligemment.

L’importance du web est telle qu’il est plus assimilable à une société digitale qu’à un média. Le web est devenu une extension de nous qui nous rapproche toujours plus du monde qui nous entoure. Il est devenu ce macro-éco-système qui nous aide à nous à organiser, à agir, à réfléchir, à penser.

Mais c’est quoi Facebook au juste ?

Facebook est plébiscité par les jeunes et permet aux internautes les moins dotés en capital culturel de se mettre en scène sous des formes plus légères et facileS que, à titre de comparaison, les blogs et son écriture.

Ce qui a fait le premier succès de Facebook c’est de voir sur une même plateforme des visages qui nous sont familiers. Au caractère aussi intrusif soit-il, le réseau social offre le spectacle initié par l’ensemble de nos amis. À ce que les gens veulent voir, Facebook est surtout le réseau de ce que les gens veulent montrer : une communication personnelle calibrée sous fond d’idéalisme.

À travers son fil d’actualité, le réseau social permet la navigation et facilite la recherche. Sur le principe de la sérendipité, comprenez la découverte par hasard, l’internaute lambda s’influence des intérêts et des passions d’autrui. L’ami devient un influenceur pour le quotidien.

« À ce que les gens veulent voir, Facebook est surtout le réseau de ce que les gens veulent montrer. »

Du réseau social au média social

On pourrait attribuer à Facebook, voire même lui reprocher, son penchant monopolistique. Si le web a ouvert les frontières et permis aux entreprises d’être plus compétitives, il rend aussi plus fort les nouveaux leaders du monde. Le GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) feraient presque marche seule au milieu des nouveaux entrepreneurs qui tentent eux-aussi de se faire une place au soleil.

Car aujourd’hui se positionner sur un autre réseau social — hormis Twitter si tant est qu’il en soit vraiment un — résulte du parcours du combattant. On parle du syndrome MySpace. Cela signifie que cela les internautes n’ont aujourd’hui ni l’appétit ni le temps disponible pour être actif sur plusieurs réseaux sociaux à la fois. Seul le plus attrayant, le plus utile et celui qui réunit la masse critique la plus importante a des chances de survivre. Difficile donc de concurrencer les leaders sans apporter une expérience utilisateur revisité et novatrice.

« Le réseau s’apparente à un média réticulaire de communication interpersonnel dont la caractère exponentiel contribue à renforcer les effets de clubs ou de réseau. »

Réseaux sociaux : principe et usage

Facebook est donc devenu un acteur incontournable. Plus qu’un réseau social, il est devenu un portail, voire un agrégateur de contenu, à l’instar de yahoo.fril y a encore quelques années. Le réseau s’apparente à un média réticulaire de communication interpersonnelle dont le caractère exponentiel contribue à renforcer les effets de clubs ou de réseau. Plus il y a de membres inscrits, plus son utilité augmente ; et plus il existe de contact, plus la communauté d’interlocuteur s’élargit.

Le réseau cher à Mark Zuckerberg s’est imposé comme le support de notre identité numérique. Selon les sociologues, il est un processus de simulation du soi et assure au quotidien notre projection du nous. Facebook a provoqué l’invention du soi, comme un double numérique qui nous est aisé de transformer à notre guise. La popularité devient une nécessité

Le réseau est aussi un moyen de sociabilité basé sur des critères d’affinités. Les relations ou connexion sont déterminées en partie par les caractéristiques socio-culturelles. Ceci contribue à renforcer le caractère communautaire.

Ci-dessous : Nouveau logo Facebook depuis Juillet 2015