Facebook : le réseau social du pauvre

Sans vraiment le savoir, le sentiment de frustration gagne très vite les rangs des réseaux sociaux et le degré de « loose attitude » peut très vite se faire ressentir. Car voir ses amis constamment passer leur temps à Ibiza ou dans un chalet à Megève a de quoi fustiger pas mal d’incompréhension.

Les réseaux sociaux sont un peu comme ces films d’actions, l’impression d’une vie à 200 à l’heure, où le héros ne prend jamais la peine se de préparer une tisane en pyjama devant un vieux film. Non. Et c’est là que le contraste avec la vraie vie peut paraître saisissant, avec parfois l’impression livide de ne pas vivre la même vie, voire même de ne pas appartenir au même monde. Loin de nous donc les préoccupations quotidiennes, le combat contre la routine ou encore la lourdeur des tâches administratives. Au lieu de vivre sa vie, on rêve celle des autres.

En vérité, les réseaux sociaux n’ont jamais autant accentué le degré de comparaison d’autrui. L’autre nous influence, nous guident, nous dictent notre façon d’être, d’agir, de penser, si tant est que ce dernier soit légitime.

« Derrière la course aux likes et cette frénésie pour développer notre popularité sur le web, on s’oublie et on finit parfois par s’éloigner de notre propre identité. »

Instagram : place à l’image

S’il est un réseau social qui fait la part belle à l’image c’est bien Instagram. Bien plus que Facebook, le réseau aux 300 millions d’utilisateurs fait place à la perfect-attitude. Ici, pas de place pour les moches, ou plutôt pour LE moche. Tout doit être beau : on applique un filtre sur une photo pour gommer des défauts… ou plutôt pour enjoliver la réalité.

Instagram c’est le réseau qui vous permet de visionner le bonheur des autres. Quand vous vous êtes en pyjama avachi sur votre canapé parce que vous avez eu une journée harassante au possible, vos amis, eux, sont en bikini sur une plage de sable fin à matter des mecs beau gosse jouer du beach volley. Si si !

« L’internaute 2.0 parfait sa quête de reconnaissance et devient un web-acteur au service de son image personnelle. »

Derrière se dresse votre réalité, vous semble-t-il, bien fade. Un flot d’images déferle en permanence sous vos yeux sans que vous n’ayez rien demandé. La perfection véhiculée sur les réseaux sociaux provoque une frustration permanente.

Derrière la course aux likes et cette frénésie pour développer notre popularité sur le web, on s’oublie et on finit parfois par s’éloigner de notre propre identité. Au final, on dévalorise notre propre vie.

Ainsi l’internaute 2.0 parfait sa quête de reconnaissance et devient un web-acteur au service de son image personnelle. À l’instar d’ailleurs du processus de starification qui garantit le succès de starlettes juste sous fond d’audiences, les réseaux sociaux ont pris le pouvoir.

Alors évidemment, tout le monde ne véhicule pas une vie idéale. D’une part parce que tout le monde n’en a pas les moyens, et d’autre part parce que certains se sentent suffisamment heureux et entourés pour ne pas chercher la comparaison virtuelle. Si le pouvoir d’influence des réseaux sociaux n’est plus à prouver, la part que ce dernier occupe dans nos choix reste considérables, si tant est qu’on veuille se l’admettre.

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