L’emploi salarié est mort : vive l’entrepreneuriat !

Notre société actuelle subit des problématiques auxquelles il devient difficile de faire face et surtout qu’il devient important de ne plus négliger. Notre modèle économique, combiné au déploiement du numérique dans l’hexagone et dans l’ensemble des pays développés, est dépassé. Et pourtant, côté actif comme côté politique on préfère encore poindre à un redressement devenu inespéré et mettre un sparadrap sur des solutions éphémères pour retarder l’influence évidente du web.

Les problématiques s’accumulent. La barre des 10% de chômage est atteinte et la courbe n’est pas prête de s’inverser. La faute à quoi, à qui ? Une pénurie criante de compétences ralentit cruellement certains secteurs. Des politiques d’antan de formation entraînent des déficits ici ou là et des offres d’emploi avec moult candidats pour remplacer un salarié démissionnaire croulent au pôle emploi.

« Notre politique d’emploi mériterait quelques assouplissements pour des salariés lessivés en manque d’assouplissants. »

Tout cela, auquel s’ajoutent des salariés mal dans leur entreprise au point de ne plus être performants, des ruptures conventionnelles à la pelle, suivi d’un désengagement du monde de l’entreprise et un refus du management autocratique aussi discernable en France qu’une feuille de salade dans un sandwich Mac Do. Un fossé générationnel s’est par ailleurs engagée et relègue au second plan des jeunes actifs qui veulent se faire une place sur le marché du travail.

Bilan : un marché de l’emploi composés de salariés aussi déçus de l’entreprise que de patrons devenus intolérants face à leurs salariés et leur manque de productivité. Des profils gâchés sous prétexte que les candidats sont devenus ressources inépuisables et des dérives à la pelle avec des méthodes de recrutement parfois douteuses. Incontrôlables.

Malgré l’urgence de la situation, l’idée même d’une société de l’emploi recomposé fait d’ores et déjà bondir nos élus. Face à nos politiques réfractaires et la déferlante numérique qui s’écrase toujours plus fort sur notre société, les décisions ne suffisent plus. Elles colmatent les brèches en attendant toujours mieux. Et pourtant, notre politique d’emploi mériterait quelques assouplissements pour des salariés lessivés en manque d’assouplissants…

De battre mon coeur la transition numérique s’est amorcé

Mais concrètement que se passe-t-il ? La culture de l’entreprise et de l’entreprenariat inexistante en France n’a pas empêché d’irréductibles actifs à s’engager dans de nouveaux rouages. Mieux, ils seraient déjà plus de 10% d’actifs à avoir opté pour des alternatives d’emploi : auto-entrepreneur, portage salarial, intérimaires ou intermittents.Ces travailleurs atypiques semblent avoir trouvé la solution adéquate pour réaliser avec passion leur métier et surtout se détourner du rythme classique des entreprises du privé.

Parallèlement, une autre mécanique s’est engagée: celle du business des formations. À-tout-va, elles viennent colmater les brèches de ceux qui se sentent isolés sur le marché du travail. Apport de compétences dans un marché de l’emploi en ruine ou amorçage d’un virage qu’on ne sait pas encore négocié, toujours est-il que les propositions de formations pullulent pour des effets rapides — ou presque. Car, si elles s’avèrent parfois nécessaires, complétant ainsi des cursus parfois trop fragiles pour mériter un emploi salarié, elles n’ôtent pas complètement les doutes. Il n’est en effet pas forcément utile de se lancer dans l’emploi salarié à court terme et de rencontrer les mêmes problématiques à la fin du CDD. Double peine.

« Mon grand-père a connu un seul métier. Nos parents connaitront 7 entreprises dans leur vie, quand nous, nous travaillerons avec 7 à la fois. »

Non l’emploi n’est pas mort : il revit !

Alors non l’emploi n’est pas mort ! Au contraire, il a juste besoin d’une cure de jouvence. La nécessité de repenser le travail est urgente et accompagner les néo-futurs-entrepreneurs s’avèrent essentiels si on veut éviter la fuite des talents vers l’étranger et gâcher l’énorme potentiel qui réside au fond de chaque créateur d’entreprises.

C’est pourquoi, si dans les faits créer son activité répond à des aspirations profondes plutôt qu’à des aspérités avec le monde du travail, il est donc grand temps de soutenir ceux qui représentent un levier de croissance non négligeable pour notre économie sclérosée, sous peine de voir naître une nouvelle forme de précarité.