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L’art du titre sur les réseaux sociaux, ce secret bien gardé

Si on peut reprocher beaucoup de choses aux réseaux sociaux, il n’en demeure pas moins qu’ils ont permis une remise en question essentielle au sein des médias. L’atomisation des contenus oblige les médias à s’adapter à la façon à laquelle on s’adresse à son audience. C’est une vérité, plus qu’un constat.

Titrer sur les réseaux sociaux se rapproche d’une forme art dans l’écriture. Y titrer c’est développer une habileté pour contourner les algorithmes qui dictent la distribution des contenus. L’engagement des audiences étant au centre.

Lire aussi : Les médias traditionnels sont-ils encore maîtres de la diffusion de leur contenu ?

Justesse, clarté, sensibilité et émotion

Le titre devient un juste dosage. Un titre doit être unique et ne servir qu’une seule fois. Aucun titre ne doit se ressembler.

Les réseaux sociaux évoluent sans cesse. Les tendances passent. Les internautes se lassent. La remise en question est permanente au fil des effets de mode. Il n’y aucune vérité, c’est toute la difficulté. Un community manager média doit savoir jouer les équilibristes pour sans cesse tester et mettre à l’épreuve son audience. Les community managers sont de ces créateurs de tendances dont on ignore leur impact.

À l’heure actuelle, on ne peut pas aimer les réseaux sociaux et ne pas être sensible au titre. On ne peut pas travailler sur les réseaux sociaux et ne pas les pratiquer personnellement. Faute professionnelle. Bref.

“Si le clic de l’internaute peut s’apparenter à un but sur un terrain de football, alors le titre c’est la passe décisive.”

Le titre, une question de bon sens avant tout

Le titre est une alchimie de ces éléments cités plus haut : clarté, justesse, sensibilité, émotion. Le succès d’un titre repose sur sa qualité tout en atteignant sa cible. De cette qualité en dépend inévitablement son engagement. De cet engagement en dépend son audience. Le B.a-ba des audiences quoi.

Les réseaux sociaux sont une chance pour les salles de rédaction. Ce qui est parfois impossible de faire sur un site, est possible sur les Facebook & co. Ils sont des terrains d’expérimentation idéale pour mesurer l’impact d’un contenu.

Avant de continuer, clarifions le vocabulaire :

Commençons. Dans le fond, pas de secret : un titre doit respecter au moins un de ces critères.

Clair, explicite et attrayant

Un titre = une info

Donner envie de le partager et avoir un ton

Faire des titres longs : en SEO on aime avoir un titre qui tient sur une ligne ; c’est souvent l’inverse pour les réseaux sociaux

Ne pas tout dire dans le titre et susciter suffisamment d’intérêt pour l’inciter à en découvrir plus

Ajouter de l’émotion: rire, nostalgie, peur… l’émotion attire l’engagement

Dans la forme, les pratiques évoluent aussi. Au milieu des titres, la ponctuation joue un rôle clé.

Les (parenthèses) sont utilisées comme pour donner son avis.

L’émoji 😎 interpelle et modernise.

Les points… de suspension jouent avec notre attention.

Les MAJUSCULES donnent du poids.

Les onomatopées WOW ! accrochent.

Les *étoiles* mettent en valeur.

Du bon sens certes, mais des secrets aussi bien gardés

Si le bon sens est de mise pour réussir à engager son audience, il existe des secrets qui relèvent de compétences non palpables. Parmi les secrets, la veille active et permanente. La capacité à comprendre comment est véhiculé l’info. La capacité à réagir rapidement. La capacité à sentir les coups et à repérer les tendances avant qu’elles n’explosent.

Le secret c’est de pratiquer les réseaux sociaux. Facebook et Twitter forcément. Mais aussi d’explorer ce qui se fait ailleurs. Il y a une vie au-delà de ces deux mastodontes et des pépites encore bien cachées. Bien utilisés, instagram, reddit, nuzzel, google trends et bien d’autres, remontent d’innombrables sujets tendances. Sans compter les ezyinsights, crowdtangle et autres graphystories pour les payants.

Le secret c’est aussi de faire son auto-critique. C’est comprendre pourquoi ça n’a pas marché. C’est de savoir dire non. D’avoir parfois des avis tranchés et d’accepter de se tromper. De ne pas céder à la pression de ceux qui veulent voir à tout prix leur article sur Facebook. C’est de faire une sélection drastique des contenus à mettre en avant et de relayer uniquement ceux qu’on considère comme “sociaux”.

Le secret c’est aussi d’être conscient que c’est aux médias de créer l’info. Si la distribution des contenus n’est partiellement plus du ressort des médias traditionnels, alors il est plus que temps d’accepter qu’on ne doit plus attendre qu’une dépêche tombe pour “créer” du contenu.

Une réflexion qui suppose de savoir où on place les réseaux sociaux dans l’écosystème numérique. Sont-ce juste un vecteur d’un pan de l’audience ou bien moteur dans la distribution des contenus à travers d’autres plateformes.

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