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Les stories sont le modèle social media de demain

Qu’on se le dise, les stories tendent à devenir LE format dominant sur les médias sociaux. Le format initié par Snapchat a fait des petits et chaque plateforme sociales veut désormais capitaliser sur ce format à la mode. Il est loin le temps de la vidéo qui dictait les audiences sur les plateformes sociales : place aux stories !

Aujourd’hui, les stories n’arrêtent pas leur progression. Et parmi les principaux acteurs, c’est Whats App, avec “status”, qui en génèrent le plus,. Suivent au classement : Instagram, Snapchat, Facebook et Messenger (Facebook possédant d’ailleurs 3 des 4 plateformes du graphique ci-dessous).

Instagram, avant-tout

Instagram apparaît comme le réseau phare de 2018. Les médias français ont tous accéléré leur présence depuis Janvier. Et, effet coupe du monde, en France les médias ont battu des records d’interactions en Juillet dernier. Une présence qui s’est intensifié et qui devrait s’accélérer encore à la rentrée.

Exemple ici avec 5 médias (hors le trio de tête l’Equipe, le Monde et TF1) : évolution mensuelle du volume des interactions sur 5 comptes médias (Source : Crowdtangle)

Mais pourquoi être sur Instagram ?

  1. Générer de l’audience : on est encore très loin des stats de Facebook ou de Twitter. En estimation, une story est vue environ par 20% de vos abonnés. Le taux de “swipe vers le haut” est de 1 à 3% (taux de clics moyen observés aussi sur Facebook). Autrement dit, avec une base d’un million d’abonnés vous pouvez espérer 2000 sessions/ jour, soit 60 000 par mois. Pour l’instant, une aiguille dans une botte de foin quand on sait que les 10 premiers médias français génèrent plus de 50 millions de sessions par mois.
  2. Conquérir une nouvelle audience : en 2018, chaque jour, 600 millions d’internautes se connectent sur Instagram. 53% des 18–29 sont sur Instagram.
  3. Nouvelles opportunités publicitaires : au-delà des publicités classiques, c’est surtout le marketing d’influence dont il fait écho. Pour un Cristiano Ronaldo, chaque post sponsorisé lui rapporte 750 000 euros. Evidemment, les médias sont loin des 137 millions d’abonnés du quintuple ballon d’or, mais des opportunités sont à trouver pour les médias avec des influents nationaux et locaux.
  4. Etre présent : c’est un argument en soi. Etre là avant que la concurrence le soit aussi et se développe. Instagram connaît une forte croissance et il est fort à parier qu’Instagram soit le réseau incontournable sur lequel les entreprises vont déployer rapidement des stratégies.
Les réseaux sociaux regorgent de leur propre code. Les stories, elles, apportent (encore) une nouvelle dimension.

Les stories ne sont pas qu’un format à la mode

L’émergence des stories va redessiner les contours de la consommation de l’information sur les médias sociaux. D’ailleurs selon Facebook, la consommation de stories dépassera celle du newsfeed courant 2019. Une annonce qui peut faire grincer des dents les médias tant Facebook reste un générateur puissant d’audience.

Et par-dessus tout, le format s’apprête (encore) à redéfinir les codes du journalisme et la manière dont le public interagit avec le contenu. Rappelons que 20% des stories sur Instagram génèrent des conversations sur la messagerie privée.

Les réseaux sociaux regorgent de leur propre code. Comme toujours. La prise de parole sur les réseaux sociaux dépend de chacune des plateformes. Les stories, elles, apportent une nouvelle dimension : intégration des vidéos, en direct ou non, utilisation des emojis, avec ou sans texte, surligné de couleurs vives ou non, le format dépend largement de l’affinité du journaliste et de la maîtrise de ce format.

Voici 7 réflexes de bases pour un média :

→ Penser vertical: c’est un réflexe nouveau, déjà initié par les facebook live. Un téléphone se tient à la verticale. Fini les vidéos horizontales pas adaptées au mobile. Les vidéos sont désormais en 9:16 et idéalement en 4k.

→ Les stories sont incarnées : il est de plus en plus fréquent de voir les journalistes prendre la parole, face caméra. Cela rend les stories plus engageantes et rapprochent encore plus le média de son audience.

Exemple ici avec Mashable, Verge et CNN

→ Des équipes social média centrées “story” : comme dit plus haut. Les stories remplaceront notre consommation sur les réseaux sociaux.C’est pourquoi, l’audience Facebook étant acquise et stable pour les médias depuis 18 mois, il faut dorénavant orienter les community managers éditoriaux vers les nouveaux usages et concentrer les efforts sur la création de contenu vertical, visuel et narratif.

→ Monétisation : le format des stories est si immersif qu’il devient facile pour une marque de réaliser des publicités intuitives à placer entre chaque histoire. Ce format publicitaire ringardise les annonces pré-roll ou mid-roll comme dans une vidéo conventionnelle. Il faut donc assurer une relation plus étroite entre la rédaction et le marketing pour garder une cohérence globale.

→ Arrivée de la réalité augmentée : la réalité augmentée n’est plus un mythe, elle existe et devient un format utilisable par les médias. Par exemple, durant les Jeux Olympiques d’hiver, le New York Times a par exemple crée des pistes de ski sur votre bureau pour rendre le contenu plus immersif, plus narratif.

Exemple d’un Lens via The New York Times

→ Le visuel avant tout : les stories changent la manière dont nous recherchons du contenu sur le web et ringardisent les moteurs de recherche classique. Sur Instagram, nous n’écrivons pas dans la barre de recherche pour rechercher une vidéo, un lieu, une personne. Cela changera la façon dont les journalistes devront demain présenter leurs contenus. L’accroche se fera par le visuel.

→ Une consommation interactive : les grands acteurs de la vidéo que sont Netflix et YouTube ont démontré que la consommation de vidéo sur leur plateforme était souvent passive. Or, avec les stories, la vidéo devient interactive. Les vidéos se regardent désormais avec le pouce sur l’écran. Les stories, agrémentées de “social cooling” permettent une interactivité avec le contenu : l’internaute peut désormais sauter, revenir, commenter, répondre à des sondages, etc…

Format “Fake or Real” du Guardian : un hebdomadaire dont le concept est simple : l’animatrice expose des sujets de l’actualité, interroge la communauté, puis l’animatrice révèle la réponse et l’explique.

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