Étudiant au Japon [12/23] : Le Miyako Odori
Aller voir un spectacle de geishas

Tout le monde a entendu parler des geishas. Alors, quand j’ai appris qu’elles donnaient un spectacle de danse deux fois par an à Kyoto, et que la date de fin des représentations approchait, j’ai couru pour réserver une place.
En effet, les geiko — on les appelle comme ça à Kyoto — sont aujourd’hui des artistes qui se produisent afin de divertir une clientèle aisée, lors d’un repas d’affaires par exemple. Elles maitrisent principalement la musique, le chant, la danse, le service du thé, la composition florale et la poésie. Elles sont formées dans des okiya, où elles passent du stade de maiko — apprentie — au stade de geiko vers l’âge de 20 ans.
Cette pratique très ancienne est consubstantielle à la ville de Kyoto, ville de la cour. C’est de là que la profession est apparue, et là qu’elles restent les plus nombreuses. Ainsi, lorsque la capitale a été déplacée à Tokyo et que Heian-Kyo a pris le nom de Kyoto en 1868, il a été décidé de monter un spectacle biannuel pour garder en attraction vis à vis de Tokyo. C’est comme cela qu’a vu le jour le spectacle du Miyako Odori, en 1873. Il se déroule au printemps et à l’automne. Depuis cette date, d’autres okiya ont organisé leur représentation sur le même modèle, dans différents théâtres, comme le Kamogawa Odori, dans la rue de Ponto Cho.

Je suis donc allé voir ce spectacle fin avril, au théâtre Gion Kobu Kaburenjo, dans Gion. Ma place était un peu chère, mais précédée d’une cérémonie du thé (dispensable à mon avis, aucune information n’étant délivrées), et placée dans l’orchestre. Il y a même des billets pour les étudiants.



Le spectacle est court, 45 minutes. Cependant, il est vraiment très beau à voir, et il est merveilleux de se dire qu’on assiste à un événement rare et assez unique. La musique et les chants apparaissent étranges au début ; cependant, on a vite transporté dans cette histoire entre le bien et le mal — avec même des effets assez impressionnants. L’histoire est rythmée par les quatre saisons, et donne à voir de très beaux décors et costumes. Si vous prévoyez de voyager à Kyoto au Japon au printemps ou à l’automne, allez-y !
Voilà le lien pour réserver : http://www.miyako-odori.jp/english/
Pour compléter, je propose la lecture d’un petit livre qui parle très bien du métier et de la vie d’une apprentie geisha aujourd’hui à Kyoto :
Koyoshi de Kyoto ; Maiko : journal d’une apprentie Geisha ; éditions Philippe Picquier, 2016.
La suite : le pavillon d’argent et son beau jardin https://medium.com/@_unautrevoyage/le-pavillon-dargent-gingakuji-e997f1dfb4b1

