Mossoul : La peur d’un nouvel Alep

Lundi 17 octobre, les forces gouvernementales irakiennes ont lancé leur offensive sur Mossoul, deuxième ville du pays, entre les mains de l’Etat Islamique depuis 2014. L’enjeu stratégique est majeur autour de ce fief historique de l’organisation djihadiste, mais la crainte d’une crise humanitaire majeure est dans toutes les têtes.

La catastrophe humanitaire qui menace aujourd’hui Mossoul est comparable à celle qui frappe actuellement Alep. Selon l’ONU, 200 000 personnes pourraient être déplacées dans les deux premières semaines de l’offensive. Un chiffre qui ne fera qu’augmenter à mesure que l’avancée des troupes irakiennes s’accélèrera. Un déplacement massif de population est donc à craindre, tout en sachant que les camps existants ne pourront accueillir que quelques dizaines de milliers de réfugiés. Quant aux populations restantes, Jeff Davis, porte-parole du Pentagone, pense que les 5000 à 6000 djihadistes qui occupent encore la ville s’en serviront comme « boucliers humains » pour freiner l’avancée des troupes adverses.

Militairement cependant, nous ne sommes pas dans la même configuration qu’à Alep. Comme le précise Christophe Ayad sur le site du Monde, Mossoul ne fut pas le théâtre du « printemps » des sunnites d’Irak en 2014 et n’est donc pas le foyer d’une opposition au gouvernement de Bagdad. Les forces irakiennes bénéficient donc de tout le soutien de la coalition internationale menée par les Etats-Unis pour venir à bout de l’Etat islamique. L’armée irakienne ne disposant pas d’aviation militaire, les raids aériens seront assumés par la coalition, laissant espérer des bombardements plus limités et ciblés qu’à Alep. Contrairement à la Russie, la coalition devrait pas chercher à viser les infrastructures nécessaires à la survie des habitants de Mossoul.

Deuxième ville d’Irak avec un million et demi d’habitants, Mossoul est la principale possession du groupe terroriste en Irak. En juin 2014, c’est ici que le leader de l’organisation Abou Bakr al-Baghdadi c’est à Mossoul que le leader de Daech, Abou Bakr al-Baghdadi, avait proclamé un « califat » sur les territoires conquis de Syrie et d’Irak. Implantés depuis le milieu des années 2000 dans la ville, les combattants de l’Etat islamique étaient parvenus à prendre la ville en 2014 par effet de surprise, instaurant par la suite un gouvernement par la terreur et procédant aux massacres des populations chiites et chrétiennes.

Antoine Jégat

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