Arnaud Montebourg, choix primaire

Petite anecdote personnelle : la première fois que j’ai acheté un bouquin politique, c’était chez Coiffard en 2005 et il s’appelait « La Constitution de la 6e République » (par Arnaud Montebourg et Bastien François). La question institutionnelle m’a toujours profondément inspiré, parce que je sais qu’elle est la condition d’une démocratie saine.

Pour la primaire de la Belle Alliance populaire (BAP), j’ai fait le choix de voter pour Arnaud Montebourg. Pourtant, certains s’en souviennent, je n’ai pas tari de critiques sur lui et me reste en travers de la gorge l’opération stratégique qu’il mena avec Benoît Hamon pour faire nommer Manuel Valls à Matignon en remplacement de Jean-Marc Ayrault.

Néanmoins, je crois que la social-démocratie doit redevenir elle-même si elle veut demain être de nouveau une alternative crédible. Elle doit abandonner cet ersatz de capitalisme libéral qu’elle est devenue, se rassurant sur sa dérive libérale en votant des réformes de société et en assurant de nouvelles allocations aux plus démunies : prime d’activité contre travail le dimanche ; tiers payant généralisé contre loi Travail ; mariage pour tous contre TVA sociale.

La social-démocratie, c’est envisager le progrès économique, social, écologique, au travers d’une société pleinement démocratique, qui maîtrise son destin et porte une vision du monde. Je ne sais pas si c’est la définition exacte mais c’est ainsi que je la perçois.

Quand Arnaud Montebourg fait passer les intérêts du peuple et de la Nation avant les règles technocratiques et comptables d’une entité supranationale sans réelle légitimité, quand il assume le protectionnisme, quand il parle des frontières (points de repère indispensables dans un monde globalisé où plus rien n’a de sens), quand il défend la « ligne de crête » en matière de laïcité, il remet la question démocratique au cœur de la société.

L’ancien ministre de l’Économie ne promet pas la révolution, il garantit qu’il appliquera un projet fidèle aux valeurs de la gauche, aux principes de la social-démocratie qui conçoit la puissance publique comme le levier du progrès, du développement et de l’égalité.

La victoire du Brexit et l’élection de Donald J. Trump ont démontré que la gauche doit porter sa propre vision du monde, une vision alternative à la droite sans en être le bête et simple opposé. Il ne faut pas gagner sur la peur de l’autre, parce que ce discours construit une coalition des opposants qui fait une majorité électorale mais pas une majorité sociale. Il faut gagner sur la conviction. On gagne parce qu’on est le meilleur, pas parce qu’on est le moins pire.

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