Les épopées fantastiques : Descente en Enfer sous alexandrins.

Ici, au sud de la Loire, tout près de Clisson

Il se trouve un lieu vraiment extraordinaire

C’est surtout un champ d’foire, magique à sa façon

Ou tous les métalleux exposent exposent leur savoir-faire

Ici quand Juin ,épuise sa première moitié

Tous les T-shirts noirs de France et de Navarre

Se ruent par leurs moyens pour venir célébrer

En fanfare le premier acte : c’est le jeudi soir

Et quelle soirée mes aïeux ! Même si les concerts

Doivent encore attendre le lendemain matin

Pour jouer leurs sons délicieux, on peut boire d’la bière

Pour l’instant et commencer nos cubis de vin

En chantant ! Le camping est là, lui gigantesque

Et il n’est surtout pas fait pour dormir, ou presque !

Ici, une seule idée prédomine : faire la fête

Toute la nuit en marchant d’un air ivre et bête

Le long des tentes Quechua mises en tas et en fond

Et s’étendant, infinies, jusqu’à l’horizon !

Mais que d’énergumènes ne rencontrons-nous pas

Pendant toutes ces joyeuses déambulées nocturnes !

Dans ce jardin d’Eden, certains n’ont rien sur soi

On y voit leur Lune et même les anneaux de Saturne !

Pour d’autres encore, le kilt reste de tradition

Et le vrai s’il vous plaît ! Rien du tout en dessous !

Si ce n’est qu’il n’en sort parfois toute la passion

Virile des pays celtiques ! Enor Gwenn ha du !

Ici, en maître, règne un seul mot

Répété et demandé par tous : Apéro !

Ca, c’est certain, on n’a pas la frousse de le dire

Et de le crier. Nos bières, il faut bien les finir !

Enfin, toute cette folie dure toute la nuit jusqu’à…

Eh bien, elle ne finit pas ma foi !

A 6 h, on a encore tout un peuple en liesse

Et de bonne humeur qui continue dans l’ivresse

« Nom de Dieu, c’est l’aurore ! » s’exclament ces joyeux drilles

En tombant et frissonnant. Qu’est ce qu’ils sont fébriles !

Il serait peut-être temps d’aller se coucher

Car dans 3h les concerts vont commencer !

Ainsi, excepté quelques robustes gaillards

Qui continuent toujours à danser et à boire

Le camping, pendant quelques heures, très doucement

Se repose, s’apaise dans de doux rêves insouciants.

Il est 8–9h, voilà enfin le matin !

La chaleur des rayons fait un étrange contraste

Avec les faces blêmes des festivaliers. Sereins,

Néanmoins, ils prennent le p’tit déj’ avec faste

Et entrain. On fait carburer le saucisson

Et le café chaud, la bière fraîche et la brioche.

On prend sa douche, et le plus souvent sans savon

Oui, monsieur, juste d’la belle eau fraîche sur la caboche !

Après cette brève et saine toilette matinale

On change vite fait ses fringues et d’un grand pas on s’lève

Avec quelques râles c’est certain, mais bon la trêve

Elle est finie ! Attaquons le mal par le mal !

Ah sacrée gueule de bois, t’as pas fini d’en chier

Car oui, nous, on va continuer à picoler !

Le houblon nous appelle du fond de nos entrailles

Assaillis par la faim, tenaillés par la soif

Et la fureur de livrer enfin la bataille

Promise et ancrée au plus profond de nos coiffes

Nos corps impatients, frémissent, se trémoussent, s’extasent

La porte du festival est en face de nous !

Et dans la foule entassée devant, que ça jaze

Et que ça jacasse ! C’est vraiment un monde de fous !

L’attente se lit sur ces voyages joyeux, rôtis

Au four de l’ivresse. Quelle joie ! Et quelle euphorie !

Point de tristesse où de larmes coulant sur les joues

Non, juste du bonheur à l’état pur, c’est tout !

Ca y est le bracelet vient de se faire valider

La fête de l’Enfer, elle va pouvoir commencer…

On entre enfin, on pénètre dans ce lieu magique

Dans cet antre ou tout est possible et fantastique

On se perd vraiment facilement dans cet endroit…

La, en ce monde onirique bondé à craquer

On en prend plein les les oreilles et les yeux, plein le foie !

Dans cette foule énergique fin-prête à éclater.

Mais soudain, voilà que le ciel ensoleillé

Perd de son éclat bleuté et vire au gris !

Le tonnerre surgit, en se mettant à gronder

Un éclair s’illumine, au loin dans les prairies

La pluie arrive, très lentement, mais très surement

Sans pitié, sans merci, elle commence à châtier

De son courroux ces pauvres gens, qui bien souvent

Oublient leurs parapluies en ces jours de gaieté

La terre se métamorphose en boue marron

Les flaques se transforment en gigantesques océans

Qu’il convient de traverser avec précaution

En sautant par dessus ou en le contournant

On pourrait croire que c’est la fin, mais que nenni !

Au diable l’humidité et ses plaines mouillées

On continue d’boire et de sauter sous la pluie !

Quitte à être trempé, autant prendre un bain de foule

Et nager dans cette eau noire peuplée de cheveux longs

Qui, telles de grandes algues blondes portées par la houle

S’envolent doucement au vent au bruit des chansons

Quelle magie, vraiment , de survoler l’horizon

Porté par ces bras audacieux et téméraires

Qui vous font voler aux cieux et bondir dans les airs !

Et que les mauvaises langues ferment donc leur clapet

Mal cadenassé quand elles haranguent la populace

Sur la prétendue bestialité de ces places !

Moi ; votre plus humble serviteur y étais

Et dans ces danses ou l’on se fait valser partout

Jeté au sol et renvoyé en l’air d’un coup

Bousculé à gauche, éjecté par la droite

Pour ressautiller de plus belle avec la patate

Eh bien, c’est violent certes, un brin brutal

Mais ô combien entraînant et convivial !

Allons enfant de la batterie, ouvrons nos cœurs

Pleins de vie à notre prochain, et oui, chantons

En choeur avec lui les refrains et les chansons

Qui nous feront un peu oublier nos malheurs

Levons nos verres et picolons

Sautons donc en l’air et dansons

Profiter de ce week end de boissons !

De la vie, nous sommes de belles fleurs et des pétales

S’épanouissant au son du heavy métal.

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