Quatrième partie: Dien Bien, on s’en fout!


8 Novembre 2013 — Tuang Giao

Partis de Moc Chau vers 12h00, nous arrivons à Son La à 14h00. Notre prochain bus étant pour 16h00, nous en profitons pour faire un peu de marche. Ayant l’estomac dans les talons, nous nous dirigeons vers un petit resto ou une délicieuse odeur de grillade règne. A l’intérieur, il n’y a qu’un seul « client », un vieillard à l’air affable qui nous invite en souriant à venir s’asseoir près de lui.

Du thé, une douille et un nouveau copain

Même s’il ne parle pas un mot d’Anglais, c’est vraiment un plaisir d’essayer de communiquer avec lui. Utilisant tour à tour les gestes et le lexique Vietnamien du Routard, nous arrivons à lui faire comprendre que nous avons soif. Se méprenant légèrement sur notre compte le voilà qui nous offre du thé, dans des petits gobelets en céramiques qui nous charment par leur authenticité. Bon une bonne bière n’aurait fait pas de mal, mais c’est comme Noël, c’est l’intention qui compte. Et il continue de nous servir en nous posant des questions que nous ne comprenons pas.

Est-ce prudent?

Au bout d’un moment, voyant nos refus polis ( le thé ça va bien 5 minutes!), il se met à nous offrir une douille, comme si c’était une clope. Euh d’accord…Nous acceptons cependant. Et contrairement à ce que nous pensions, il n’y a pas trace de drogue, c’est bel et bien du tabac, mais il est juste super fort. Ça arrache vraiment la gorge. Le vieux se moque gentiment de nous en voyant nos tronches. En tous cas, ça à l’air de lui faire plaisir de « parler » avec nous.

Après avoir mangé rapidement, nous prenons congé de ce sympathique bonhomme pour nous diriger vers notre bus. On démarre et là, le paysage se met à changer radicalement. La route se met à devenir plus étroite, circulant vaillamment à travers les montagnes devenant de plus en plus nombreuses. A un moment, le bus tombe en panne. Un vieux Vietnamien à l’air bizarre en profite pour me tripoter les tétons sans raison. Au lieu de lui foutre une grosse mandale dans la gueule, je reste impassible, sans savoir quoi faire. J-B est en train d’exploser de rire et moi je vis un moment désagréable. Heureusement, le véhicule est vite réparé et nous continuons.

Que va-t-il faire avec ce long tuyau?

La nuit commence à tomber, les clartés vespérales font luire les feux des bus traversant la région. Dans le bus, nous sommes serrés comme des sardines, parfois à 2 sur une banquette. D’ailleurs à un arrêt, un passager en a eu tellement marre d’enjamber ses voisins qu’il est sorti par la fenêtre ! Respect. Arrivée à 19h00 à Tuang Giao. Nous trouvons l’hôtel grâce à un passant qui nous indique bien aimablement le chemin. C’est ce soir là que nous apprenons qu’un Super Typhon se dirige droit sur le Vietnam et qu’il aurait déjà causé plusieurs milliers de morts aux Philippines. Génial. 2 bières et puis au lit.

La vue de la terrasse de notre chambre et le gérant de l’hôtel. Charmant personnage.

Dien Bien Phu — 9 Novembre.

Lever à 8h00. Petit déjeuner puis discussion avec un vieux monsieur qui parle un peu Français. Il nous explique qu’ils sont en train d’abattre un arbre en vue justement du Super Typhon. Ajoutez à cela, la crainte du paludisme par les piqûres de plus en plus nombreuses des moustiques, les chiens qui hurlent toute la nuit et le karaoké qui dure jusqu’à 3heures du mat’ pour constater la nuit éprouvante que nous avons vécue ! Nous partons pour Dien Bien à 09h00, et arrivons sans encombres au lieu de la fameuse bataille vers 11h00. Et là, quelle déception ! Ne subsistent de cette époque que la Statue de la « Victoire » ( ça dépend de quel côté on est) posée au sommet de l’ancienne colline Dominique, pesant pas loin de 300 tonnes et les QG de Giap et Castries, les 2 commandants des forces en présence.

Nous visitons celui de ce dernier qui nous inspirera une seule phrase : c’est de la merde ! 15 000 dongs pour visiter un bunker composé de 2 chaises et d’une table. Génial !

Ikéa n’existait pas à cette époque apparemment…

Néanmoins un bas relief nous émeut par la représentation de ces officiers Français sortant tristement et la tête basse. Mais c’ est tout. Dépités, nous nous posons dans un bar en attendant notre bus de nuit pour aller vers Sappa.

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