Vingt-quatrième chapitre : La fin d’une épopée, en mode grosse ambiance.

Good bye, my friend..

28 Décembre- Phnom Penh

Bon Dieu, quelle journée ! Partis à 8h de Siem Reap, nous n’avons pas fait moins de 300 km en 8h aujourd’hui. Et ce ne fut pas sans mal ! Après 60 km, je me vois déjà obligé de changer ma boîte de vitesse. On roule ensuite à fond les ballons ( c’est de la belle route!) jusqu’à ce que je perde J-B de vue. Je le retrouve . Direct après, c’est ma chaîne qui pète ! Enfer et damnation ! Bon je trouve un mécano qui me la répare et hop, c’est reparti ! Cependant, à mesure que nous approchons de Phnom Penh, les routes ont l’air d’être constamment en travaux, les trous et les bosses réapparaissent…putain, c’est chiant !

Au bout d’un temps qui semble infini, j’atteinds enfin la capitale, fourbu et poussiéreux. Je retrouve J-B à notre ancien hôtel. Nous rencontrons des Allemands avec qui on joue au trouduc en buvant des bières et en fumant des joints. Puis dodo, bien mérité celui-là !

29 Décembre-Phnom Penh

Un nom bien connu de certains Blinois

Aujourd’hui, J-b part de Phnom Penh tôt. En effet, pas moins de 8h de route le sépare de Sihanouk ville. Nous convenons de nous retrouver là-bas demain. Il part. Me voici donc seul à Phnom Penh avec un seul objectif : vendre ma bécane. Quand à la manière de m’y prendre, aucune idée. Je me ballade donc un peu au pif en invectivant les passants, leur demandant s’ils souhaiteraient acquérir ma fière Lison. On me répond plusieurs fois non, jusqu’à ce que l’on m’indique un marché « mécanique ». La-bas, c’est le royaume du 2-roues et des pièces de moteur en tous genres. J’essaye de vendre au maximum mon engin, vantant ses mérites argumentant sur ses pièces neuves…rien n’y fait : partout, on me propose globalement le même prix : 40 dollars. Fautre de grives, on mange des merles. Adjugé vendu ! Le reste de l’après-midi, je bois des bières, je fume, je me promène le long du quai Sisowath en flânant, en regardant les gosses jouer pendant que leurs parents les surveillent en souriant. Les pagodes brillent sous le chaud soleil…de Décembre. Quelques bières et puis au lit.

Adieu Phnom Penh

30 Décembre- Sihanoukville.

La fameuse buvette

Lever à 6h30. J’ai tellement eu peur de ne pas me lever à temps, que je me suis levé trop tôt. Cela me permet de prendre mon petit déjeuner tranquille au moins. Surtout que mon bus est à 11h. Je patiente tant bien que vaille jusqu’à l’heure fatidique. Mon bus arrive. Il mettra 5h30 pour atteindre Sihanoukville. Pour ma part, je vais bien mettre 1h30 pour trouver un cybercafé, voir facebbok pour savoir ou se trouve J-B et le retrouver. Je réussis enfin à dénicher son hôtel. Je l’attends. Il revient. Le soir arrive et pourtant, nous prenons le risque de prendre la Kate qui ne dispose plus de ses fonctions éclairantes. Sans casques s’il vous plaît ! Il faut une bonne dizaines de minutes pour atteindre Serendipity beach. Et là, quel tohu-bohu ! On se croirait à une fête foraine : De grandes roues lumineuses, une scène de concert, de multiples stands ou l’on vend de la bière, du whisky et même des produits antimoustiques. Dans tous les cas, la buvette Angkor nous séduit tout de suite. 1 dollar pour 2 pintes. Affaire entendue, on se pose au comptoir, on trinque avec quelques Cambodgiens qui nous offrent généreusement leurs casquettes Angkor.

L’uniforme de pochard

Quelques tournées suivent, puis nous nous dirigeons vers la plage. Checkpoint oblige 2 bières sont commandées d’office. Avec en prime une Happy Pizza. Pourquoi Happy ? Tout simplement parce qu’il y a de la beuze à l’intérieur. Pour l’instant ça ne me fait rien.

Serendipity Beach

Wait and see. Soudain une nuée de gosses s’approche de notre position. Ils nous souhaitent le bonjour, puis tentent de nous vendre des feux d’artifice. Même si ce sont plus des pétards qu’autre chose, nous en achetons pour la bonne cause. Il faut dire que de nombreux touristes font comme nous, brûlant les miches de ces fragiles mousquets pour en laisser échapper des éclats de lumière qui exploseront joyeusement avant de disparaître brièvement en poussière d’étoiles, tels des sémaphores lointains dans une mer obscure et agitée. On voit aussi quelques lampions, fidèles reproductions miniatures de montgolfières s’élevant haut, très haut même, à la portée des cieux, mais s’échouent misérablement plus loin dans l’eau froide et sombre.

Il n’y avait pas plus grand

A ces douces pensées oniriques s’ajoute une oisiveté langoureuse et une échappée de l’esprit à travers mes 5 sens. Chaque chose que je ressens semble m’apparaître comme superbement intéressant. Je crois bien que la Happy pizza fait son effet. Ma doué ça défonce !

Le reste de la soirée nous verra jouer au billard contre un Cambodgien avec 1 dollar de mise et quitte ou double. Nous perdrons 8 dollars. Retour à l’hôtel extrêmement dangereux, nous sommes tous les 2 bourrés et défoncés, pas de casques, pas de phares, pas de lampadaires. J’ignore comment J-b a fait, mais il a réussi ! Respect et dodo.

31 Décembre- Sihanoukville-

Levés vers 11h, nous ne ferons absolument rien jusqu’à 15h. Puis c’est reparti pour un tour ! Cette soirée est ma dernière au Cambodge et c’est bien triste.

Oui chérie, je m’occupe de notre fille…

Pour me remonter le moral, nous entamons une tournée de dégustation de bières sur la buvette Angkor. Puis direction une plage noire de monde, dans une nuit éclairée par d’innombrables feux d’artifice plus ou moins puissants mais toujours continus. Entre 2 seaux de whisky ( oui on peut acheter des seaux d’alcool), nous faisons la connaissance d’un couple de Russes sympathiques. Bonne soirée, faite au rythme des verres s’entrechoquant et du bruit des fireworks. 2013 s’achève dans la joie et c’est l’essentiel.

Bon. Bah …
On va boire!
Avec …
…un Russe.
Ration de survie, mode Russe
Faut pas trop lui en piquer, sinon il pète un câble.

1er Janvier 2014-

« This is the end, my friend… ». Il est 7h, je me réveille, la tête dans le cul. Je baragouine un bref salut à J-B. Dans le bus à destination de l’aéroport de Phnom Penh, je ne fais que pioncer. Dans l’avion, un Français est assis à coté de moi. Nous trinquons ensemble à la nouvelle année qui s’annonce prometteuse. Pour ma part, je suis vraiment déçu d’être parti plus tôt, tout ça à cause de la thune…Mais bon, la fin d’un voyage, n’est-ce-pas le début d’un autre ? Je m’endors en savourant ces 2 mois en Asie qui furent pour moi, inoubliables; Dédicace à mon compagnon de voyage et ami, Jean-Baptiste Bohuon.