Infirmière, ce métier que j’aime, mais que je quitte

J’ai toujours su que je voulais être infirmière.

Tu te souviens, quand tu étais au collège, en début d’année, quand tes profs te demandaient de remplir une fiche pour mieux te connaître ? Te souviens-tu de ce que tu avais inscrit dans la case : ton futur métier ? Moi, je pensais que je voulais être hôtesse de l’air ou institutrice !

Quelques années plus tard, j’ai revu mon prof d’anglais de 5ème. Ce jour là, en plein repas dans un restaurant chinois, il nous a ressorti ces fameuses fiches !! (avec la petite photo qui va bien !)

Dans la case : quel métier aimerais-tu faire plus tard, j’avais inscrit

« institutrice ou infirmière, enfin travailler avec les enfants ! »

Photo by rawpixel on Unsplash

Déjà à l’époque, je savais quel serait mon futur métier. C’est donc tout naturellement et sans trop me poser de questions, que je me suis lancée dans mes études d’infirmière -non sans mal- à la sortie du bac.

Echapper au burn-out, pas si simple…

11 ans… cela fait maintenant 11 ans que je suis infirmière et 7 ans que je suis Puéricultrice. Ce métier, je l’aime plus que tout, mais j’ai décidé de le quitter…

En 2014, au bord du burn-out, j’ai pris la décision de tout quitter.

Après 7 ans dans le même service, j’avais besoin de respirer. J’avais aussi besoin de prendre de la distance avec la France et son système.

J’ai donc posé ma dispo, lâché mon appart et acheté un billet d’avion pour la Nouvelle-Calédonie, après des vacances bien méritée de deux mois en Nouvelle-Zélande.

Mettre le plus de distance possible entre la France et moi…

Tu le sais sûrement, la Nouvelle-Calédonie est un pays d’Outre-Mer français. C’est donc tout naturellement que j’ai postulé pour retravailler à l’hôpital à Nouméa. Au bout de deux mois de vacances en Nouvelle-Zélande, le boulot et les petits bout-de-choux me manquaient !

De meilleures conditions de travail, un matériel digne des meilleurs hôpitaux, beaucoup plus de personnels, des pathologies plus légères, un meilleur salaire et un cadre de vie plus-que-parfait. Certes on travaille plus (en Nouvelle-Calédonie on est aux 39h !), mais chaque week-end est comme des vacances !

source : https://www.afnewstravel.com/expat-nouvelle-caledonie-ce-qui-change/

Malgré tout ça, ma vision de mon travail n’avait pas changée… Au bord d’un deuxième burn-out, j’avais besoin de faire un break avec le métier d’infirmière.

Ce break, c’est en Australie que je l’ai trouvé.

Quand toute ta vie tu n’as vécu que pour un métier, un métier que tu aimes, que tu respecte, tu ne te vois pas faire autre chose… Tu ne t’en sens pas capable…

Partir un an en Australie a été une révélation pour moi.

Certes, avant d’être infirmière, j’avais fait des petits boulots d’étudiants, mais ça, c’était avant ! On s’embourbe vite dans une routine, la facilité d’un emploi (même s’il n’est pas facile), qu’on connait par coeur.

Sortir de sa zone de confort n’est facile pour personne.

En Australie, mon diplôme n’est pas reconnu, à moins de se lancer dans des démarches longues et couteuses et là n’était pas le but de notre voyage. Il fallait donc que je fasse autre chose pour gagner ma vie… Et tu sais quoi ?? Je me suis éclatée !!

J’ai d’abord commencé par travailler dans un food-truck à vendre des patates chaudes, j’ai aussi fait du papy-sitting pour 35$ de l’heure !! Puis j’ai travaillé dans un restaurant mexicain type healthy fast food, où je suis même devenue employée du mois dès le premier mois ! Pour finir, j’ai bossé dans un snack.

Je ne sais pas si tu te rends compte, mais en Australie, j’étais mieux payé en tant que serveuse à 32h par semaine max. En m’éclatant, en apprenant plein de choses, avec beaucoup de considération, autant de la part de mes patrons que des mes collègues.

Mieux payée que quand j’étais infirmière de nuit dans un service difficile, où mes collègues, certaines aigrie, n’en pouvaient plus non plus de la difficulté de ce métier et des conditions de travail déplorables…

A ton avis, j’étais mieux où ?

source : https://gallery.afnewstravel.com

J’ai pris une décision…

Quand nous sommes rentré en Nouvelle-Calédonie, je n’avais qu’une hâte, retrouver mon métier. Retrouver les petits bébés et leurs parents en plein apprentissage. Ils me manquaient ces petits bouts trop mignons et attachants. Qu’est-ce que je l’aime mon métier !!

Cette coupure en Australie m’avait fait un bien fou.

J’appréhendais mon retour avec calme et sérénité. Était-ce le yoga que j’avais commencé en Australie, ou le fait que j’avais maintenant découvert qu’il était possible de travailler dans de meilleures conditions ?

En tous cas, je profitais désormais pleinement de mon boulot, sans stress. Essayant de ne pas me laisser embarquer dans la tourmente dans laquelle étaient encore mes collègues. Celles qui me connaissaient d’avant me trouvaient changée, épanouie, calme.

Je l’étais en effet, j’avais pris une décision. Mon métier je l’aime, mais pas n’importe comment. Pas au mépris de ma vie et de mon bien-être. Pas dans les conditions que je connaissaient en France et sûrement pas dans une autre spécialité que celle que j’aime par dessus tout : la néonatalogie.

De retour en France, c’est tout naturellement qu’on m’a demandé si j’allais retourner travailler à l’hôpital… non merci !

Être payé des clopinettes pour de nouveau être fatiguée et stressée ? Quel est le but ? Il ne s’agit pas là d’argent, soyons d’accord, mais de ma santé mentale et de mon bien-être. Je préfère 100 fois vendre des patates dans un food truck ou faire des crêpes en bord de plage, que de retourner dans ce cercle vicieux.

Alors oui, je suis infirmière, j’aime mon métier, mais j’ai décidé de le quitter…

Quand les gens qui nous gouvernent comprendront que c’est plus qu’un simple métier et qu’il faut le préserver, peut-être que les choses changeront.

Quand les gens qui nous gouvernent se feront soigner comme les gens du peuple, peut-être que les choses changeront.

Quand les gens qui nous gouvernent subiront de mauvais soins à cause des conditions déplorables dans lesquelles nous travaillons, peut-être que les choses changeront.

Mais ça, c’est pas demain la veille…

En attendant, je salue toutes les personnes qui travaillent au service des autres, en dépit de leur propre santé physique et mentale…Merci de tenir le coup pour nous et tous les autres…

Mon métier je l’aime…

“A parent holds a sleeping baby's tiny hand” by Aditya Romansa on Unsplash

Aurélie Beuchard ・AF News Travel

Written by

Voyageuse blogueuse expat・Copywritter & Storyteller 📝 Le bien être avant tout : Développement personnel ・zéro waste ・Vegan 🌱 www.afnewstravel.com

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