Vouloir ou Désirer

S’il est vrai, comme le rappelait Sartre, que “Les mots sont comme des pistolets chargés”, il est encore plus vrai qu’ils reflètent notre être, notre être profond.

Intéressons-nous aujourd’hui aux verbes vouloir et désirer.

En exprimant notre volonté à la première personne du présent de l’indicatif, “je veux”, nous avons souvent un sentiment de pouvoir, de maîtrise, de domination sur l’objet de la volonté. Nous mettons dans cette requête toute notre énergie conscientisée, en l’accompagnant parfois d’un geste de fermeté qui dit “je ne reculerai pas!” ou qui tend à occuper l’espace, matérialisant déjà la réalisation de notre demande, avant même son execution.

«Vouloir» traduit notre état de conscience – rationnel.

Le sentiment imposé par le verbe vouloir traduit notre état de conscience, construit à partir de principes rationnels, issus de notre expérience et reposant sur notre seul pouvoir. C’est ce sentiment de domination conscience qui a entre autres permi à l’homo sapiens de s’imposer et d’imposer sa supériorité.

D’un autre côté, nous présentons souvent beaucoup de douceur à l’utilisation du verbe désirer. Même lorsqu’il est utilisé pour exprimer un commandement, il peut être perçu comme une porte ouverte sur le coeur de celui qui s’exprime. La candeur du don de soi, de l’abandon à la volonté de l’autre pour la réalisation de notre désir peut même passer pour une faiblesse.

Que nenni ! Le verbe désirer fait appel à une notion d’instinct, à tout le subconscient de l’être. Quand nous savons que nous ne percevons par nos sens qu’une infime partie de ce qui constitue notre être, nous comprenons que derrière l’expression de notre désir se cache une soif de le voir se réaliser sans commune mesure avec la fermeté et le pouvoir apparent de la volonté. Avec le désir on transporte avec soi une détermination sous-jacente forte et inébranlable, car il fait appel à notre être le plus profond, qui ne sera satisfait que d’une réalisation de notre requête.

«Désirer» reflète notre état profond – subconscient.

Ainsi, ne nous trompons pas. En essayant d’imposer notre volonté, prenons parfois le temps d’écouter notre désir. En cas d’opposition, il ne fait aucun doute que malgré toute la volonté du monde, notre projet pourra être un échec.

Par contre, en conscientisant notre désir, ou mieux encore : en désirant notre requête, plutôt que de la vouloir, nous accordons notre ‘ça’ et notre ‘moi’, l’inconscient et le conscient, dans une harmonie qui garantit le succès de notre projet.

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