Vie sociale, hyper-spécialisation professionnelle, performance : et si la vie d’aujourd’hui nous en…
Anne-Laure Fréant
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Excellente analyse qui amène à réfléchir sur l’impact de ces changements professionnels sur les personnes.

Malheureusement cette situation ne touche pas que les «jeunes» de la génération Y mais également leurs aînés qui se trouvent confrontés aux plans de licenciement à la quarantaine ou cinquantaine.

Ils n’ont pas été davantage préparés à se réinventer professionnellement et personnellement, à redémarrer une nouvelle carrière, en changeant probablement de métier, et en passant du statut de salarié à celui de travailleur indépendant développant son propre business.

L’Etat, les régions, Pole Emploi font leur possible pour former et accompagner ces transitions de carrière souvent à l’occasion d’une perte d’emploi. Il reste que la société en générale et les entreprises en particulier restent très frileuses pour encourager les changements de carrière et donner une seconde chance aux personnes en reconversion.

Le débat actuel sur les évolutions de la loi sur le travail (projet El Khomri) montre combien le gouvernement et les syndicats concentrent leurs efforts sur les seuls travailleurs salariés. Mais n’est ce pas un modèle en «fin de vie» ?

Alors que les entreprises ne cessent de réduire leurs coûts et leurs postes de travail, et que de plus en plus de salariés se retrouvent sur le carreau, la loi devrait non seulement protéger les travailleurs mais aussi prendre en compte l’évolution des modes de travail et de relation avec les entreprises.

Les métiers de demain seront davantage des emplois pour un projet spécifique (sur le modèle du contrat de chantier) ou en tant que travailleurs autonomes, dans une relation de service avec les entreprises et les consommateurs finaux (selon les modèles de freelance ou de Uber), plutôt que le modèle de salariat hérité des 30 glorieuses.

Dans ce nouveau modèle de travail tout le monde y perd : les anciens salariés qui ne sont pas préparés à travailler de manière autonome, les syndicats qui n’ont plus de représentativité, les branches professionnelles qui sont conçues pour représenter les PME et les grandes entreprises, pas des milliers de travailleurs indépendants.

Bref c’est tout le système qu’il faut repenser. Et le chantier sera difficile car personne ne veut faire évoluer les acquis et négocier de nouveaux modes de partenariat.

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