Agriculteur depuis 20 ans, je soutiens Emmanuel Macron.

Emmanuel Dousselin, éleveur dans le Morbihan

Avec mon épouse, nous nous sommes installés sur une petite exploitation en Bretagne. Nous avons 200 chèvres et cultivons 45 ha. Nous y produisons du lait que nous transformons en fromage pour moitié. Nous vendons l’autre moitié de notre lait à une laiterie. Nous sommes donc mi en circuits courts, mi en circuits longs…Nos terres sont conduites en agriculture biologique, notre élevage et notre fromagerie sont en conventionnel : Notre exploitation n’est ni vraiment en bio, ni vraiment en conventionnel, ou en bio et en conventionnel…L’histoire de ces choix résultent de notre parcours. Pourtant, pour ceux qui défendent des dogmes, nous sommes des opportunistes, nous sommes d’accord avec tout le monde, nous mangeons à tous les râteliers… Nous, nous trouvons pragmatiques, nous choisissons ce qui nous semble bons et réalistes pour nos deux enfants étudiants, pour notre salariée à temps plein et bientôt pour une seconde personne à temps partiel.

Depuis tout petit, je voulais être agriculteur. Je suis rentré au lycée agricole, ai passé un bac agricole, puis un BTS. Plus j’avançais dans les études, plus je me disais que m’installer était impossible. Je n’avais pas d’exploitation familiale à reprendre. Aujourd’hui, entre le cheptel, le matériel, le foncier, les bâtiments ce sont des centaines de milliers d’euros à investir. A l’époque, s’installer, c’était reprendre derrière ses parents. Aujourd’hui, un tiers des installations se font hors cadre familial et par des jeunes (et moins jeunes) non issus du milieu agricole. Les financements doivent donc évoluer. C’est pourquoi Emmanuel Macron propose un prêt d’honneur de 50 000 euros sans garantie et avec un différé de 2 ans. Il propose aussi de recourir à de nouveaux financements comme le crédit-bail immobilier, la location-vente, le prêt viager le crowdfunding.

Finalement après 7 ans de salariat et quelques économies en poche, nous nous sommes lancés. Nous partions d’une feuille blanche. Gamin, je rêvais d’une grande exploitation, je me voyais au volant de mon tracteur à cultiver mes champs, conduire un beau troupeau et me consacrer uniquement à produire. Mais les évolutions successives des PAC, de l’Europe en général, de sa libéralisation et sa dérégulation entrainant volatilité des prix, excédants, spéculations sur les produits agricoles, nous ont fait opter pour une toute autre agriculture, celle des circuits courts. Mais je rêve toujours d’une Europe plus protectrice, plus régulatrice. Elle est la mieux placée pour redonner de la valeur aux produits agricoles. Je la souhaite moins normative. Je veux aussi plus de convergence fiscale et sociale, de convergence des normes aussi pour en finir avec la concurrence parfois déloyale entre les pays partenaires. Je ne peux me résoudre à une France hors de l’Europe. En France, nous exportons entre 40 et 60 % de notre production agricole générant 7 milliards d’euros d’excédent commerciale et créant des centaines de milliers d’emplois. Une sortie de l’Europe serait un cataclysme.

La mondialisation des échanges n’explique pas tous les problèmes de prix des produits agricoles. Notre laiterie qui était déjà issue d’une fusion de 4 laiteries, vient de fusionner à nouveau avec un autre grand groupe français. A écouter les dirigeants, c’est le seul moyen d’exister face aux géants de la distribution. Mais dans cette guerre des géants, les producteurs n’ont pas grand-chose à dire. Aussi, se mettre à nouveau autour d’une table, en incluant les consommateurs, pour rediscuter des répartitions des marges, est la condition pour redonner du prix aux productions agricoles. Emmanuel Macron appelle cela le Grenelle de l’alimentation. Si aucun accord n’est trouvé, son gouvernement imposera la remise à plat des règles de la LME de 2008.

Etre agriculteur, c’est aussi être chef d’entreprise. C’est investir pour se développer, pour produire mieux, pour produire moins cher, pour embaucher. En 2016, nous avons bénéficié comme des milliers d’agriculteurs du PCAE (Plan de Compétitivité et d’Adaptation des Exploitations Agricoles). Nous avons, grâce à ce plan modernisé nos installations devenues obsolètes, inconfortables pour nous, nos salariés et nos animaux et avons aussi agrandi notre fromagerie. Un investissement d’environ 300 000 euros. Sans ce PCAE, nous n’aurions sans doute pas franchi le pas. Ce que propose Emmanuel Macron est inédit, c’est un plan d’investissement de 5 milliards d’euros soit 4 fois plus que le PCAE ! Une aubaine pour ceux qui travaillent dans des porcheries, des poulaillers, des salles de traite de plus de 20 ans d’âge mais qui n’ont plus la capacité d’investir dans des bâtiments plus performants, plus économes en énergie, plus confortables pour les animaux comme pour ceux qui y travaillent.

Enfin, comme pour toute entreprise, Emmanuel Macron propose de diminuer les charges salariales de 1800 euros pour nos salariés au SMIC. Un coup de pouce qui nous permettra de pérenniser et de créer, pour certains d’entre nous, de nouveaux emplois, car ce n’est pas le travail qui manque.

Aussi, pour toutes ces raisons, je crois sincèrement que Emmanuel Macron est le candidat des agriculteurs, des entrepreneurs, de tous ceux qui veulent se battre pour exister, se développer, rayonner.

Emmanuel Dousselin

Eleveur dans le Morbihan et Agriculteur En Marche !

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