LA Mondialisation pour les nuls

(Toutes mes excuses aux éditions First pour cette récupération)

Dans ce domaine vous entendez tout et son contraire : l’ouverture à la mondialisation est porteuse de richesse, ou bien la fermeture de nos frontières protège notre économie et nos emplois.

Pour y voir plus clair, rien ne vaut un exemple avec des chiffres simples et vérifiables, l’exemple d’un pays proche de nous, facile à identifier, dont nous connaissons la culture.

Prenons la Suisse c’est un petit pays 41 285 Km2, 8 327 000 h soit 201 h/km²

Par sa superficie et sa population on peut comparer la Suisse à une région Française. Les hauts de France, par exemple, couvrent 31 813 Km2, compte 6006 000 habitants soit 189 h/Km2.

Comparée à la France, la Suisse a de nombreux handicaps, c’est un pays sans accès à la mer avec un relief peu propice aux grandes cultures et aux communications. Au sein de l’Europe la Suisse, c’est un peu comme est le Massif Central au sein de la France.

Autrement dit, rien ne favorise la Suisse particulièrement.

Et pourtant la suisse possède un niveau de vie très supérieur au nôtre, (81 % de plus que nous, très exactement). Le PIB par habitant est de 57 100€ tandis qu’en France nous atteignons 31 500€

L’excédent de sa balance commerciale est de 35 Milliards d’€. Dans le même temps le déficit Français est de 45 Milliards €.

Comparons quelques autres chiffres de 2015 :

Son taux de chômage est de 4,6 % contre 10,4 % en France

Sa dette atteint 33 % du PIB contre 96 % en France

Son budget national représente 32,5 % du PIB contre 56,8 % en France

Malgré ces chiffres qui feraient rêver nos économistes et gouvernants, en Suisse on considère que le budget de l’État doit encore être plus rigoureux et que la dette est encore beaucoup trop élevée.

Pourquoi autant de richesse comparée à la France ?

La main d’œuvre est-elle moins chère ?

La Suisse dispose-t-elle de ressources naturelles importantes ?

La Suisse protège t-elle correctement ses frontières aux échanges commerciaux ou aux migrations ?

Eh bien non, non, non et non !!

Les salaires sont environ le double des salaires français

La Suisse fait partie de l’espace Schengen, elle a de nombreux accord d’échanges commerciaux privilégiés notamment avec l’UE, les États-Unis, le Japon et les pays du Golf.

Elle a un taux moyen de droits de douane de 5,1 %., comparables aux taux Européen.

Malgré sa petite taille, elle est le 3e plus gros partenaire commercial de l’UE après les USA et la Chine.

Comparons maintenant les chiffres de l’immigration

Sur les 8 327 000 h (2015) on compte 2 049000 d’étrangers soit : 24,6 % à cela s’ajoutent 303 000 frontaliers, soit au total 28,2 % d’étrangers vivant ou travaillant sur le sol Suisse.

En France nous avons environ 11 700 000 étrangers vivant sur notre sol, soit 17,5 %

Si on fait le bilan de toutes ces données, la Suisse est globalement plus ouverte que la France, tant au plan des échanges commerciaux que sur le plan de l’immigration. Cela ne l’empêche pas d’être globalement beaucoup plus performante.

Pour résumer, disons-le la Suisse réussi parfaitement sa mondialisation, une grand partie de ses richesses sont apportées grâce aux exportations. Exprimé autrement, la mondialisation est une opportunité extraordinaire pour ce pays singulier.

Si maintenant on se réfère à des pays refermés sur leur frontières, est-ce que cela leur a réussi ?

On trouve, pour des raisons diverses, la Corée du Nord, l’Iran, Cuba et puis dans l’histoire récente, les pays du bloc de l’est et la Chine pendant Mao.

D’ailleurs tous les pays qui ont eu un régime fermé sont restés pauvres ou se sont appauvris encore plus, mais dès qu’ils se sont ré-ouverts au monde leur économie s’est redressée.

Pour qui veut bien analyser ces situations sans parti pris, les effets de la mondialisation sont réels, déstabilisants, certes, mais certains pays s’en sortent très bien, d’autres beaucoup moins bien.

En fait, seuls les pays ouverts vers le monde tirent bien leur épingle du jeu, à la condition que leur production soit compétitive dans leur domaine ou suffisamment originale pour en justifier le besoin.

Cela nous ramène au besoin de réformer la France sans la déstabiliser, c’est-à-dire économiser sur les dépenses compressives de fonctionnement et investir sur des nouvelles productions de richesses plus performantes.

On est en plein dans le Projet E. Macron qui pose les bases d’une profonde transformation à entreprendre sur les prochaines années et décennies qui doit favoriser de nouvelles productions compétitives et innovantes.

En exportant davantage, la production augmente, cela entraîne la baisse du chômage, qui elle-même entraîne la réduction des coûts sociaux, ce qui permet à notre production de redevenir encore plus compétitive, A partir de ce moment on sort du cycle infernal de récession et des dégradations sociales qui en découlent.

L’exemple de la Suisse prouve que l’on peut à la fois être performant et apporter un niveau de vie élevé à sa population. Mais il faut se donner les moyens de la performance.

La performance à l’export des produits s’appuie nécessairement sur l’ouverture, car il est impossible de taxer les importations sans nous exposer à la réciproque.

Tous ceux qui vous annoncent le repli sur soi, ne ferons qu’aggraver les choses.

D’ailleurs si on imagine une gouvernance de l’extrême droite, le temps qui lui faudra pour sortir de l’Europe et de l’Euro, protéger efficacement nos frontières, ou ériger des murs à la Donald Trump, il s’écoulera plusieurs années sans résoudre ce qui peut améliorer notre compétitivité.

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