Arcueil : un cap est franchi, la France Insoumise est désormais plus dangereuse pour la République que l’extrême droite

En bloquant scandaleusement l’accès au centre d’examen d’Arcueil ce matin pour des centaines d’étudiants, les militants de la France Insoumise, les bloqueurs de facs et les cheminots (que faisaient-ils là ?) menés par Eric Coquerel ont révélé une nouvelle fois leur étrange conception de la démocratie, une démocratie qu’il ne faudrait respecter que quand elle va dans leur sens.

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Or, les Français ont élu Emmanuel Macron à la dernière présidentielle sur la base de son programme qui lui-même contenait la réforme des universités. Faudrait-il pour autant ne pas avoir la possibilité de s’opposer ? Aucunement, mais si notre droit autorise et garantit la grève, les manifestations et la liberté d’expression, il n’autorise nullement l’entrave à la liberté de circuler ou d’étudier.

J’ai une pensée aujourd’hui pour les centaines d’étudiants qui ne pourront pas passer leurs examens, alors qu’ils ont souvent dû composer pour la poursuite de leurs études avec des conditions de vie difficiles, dans des logements exiguës et parfois en effectuant des jobs étudiants plus ou moins sympathiques, mais toujours prenants au niveau de l’énergie et de la concentration.

Ces étudiants là, les plus modestes, n’ont pas le luxe de refaire une année à l’université alors que les bloqueurs, fils à papa en majorité (comme d’habitude), pourront toujours s’en sortir. C’est cela qu’il faut dénoncer ! Les militants de l’ultra gauche qui bloquent les facs ou les trains ne gênent pas « les puissants », ils ne nuisent qu’aux plus fragiles d’entre nous, avec un égoïsme qui ne suscite en moi qu’un profond dégoût.

Trop d’indulgence pour l’extrême gauche

Ce qui marque notre histoire politique récente, c’est une grande indulgence et même une sympathie pour des mouvements d’extrême gauche aux discours et méthodes pourtant largement contestables, dangereux et honteux. Si l’on regarde les agissements de cette famille politique, du NPA à la France Insoumise, pas un jour ne se passe pourtant sans que soit porté atteinte à notre démocratie ou à des catégories de Français.

Cela passe d’abord par la haine des riches ou des patrons, haine aussi stupide que celle des étrangers pratiquée par l’extrême droite. C’est la légitimation de la violence contre l’autorité et en premier lieu les forces de l’ordre dont de plus en plus se retrouvent blessés à la suite de manifestations ou d’évacuations de territoires ou de lieux qui n’avaient pas à être occupés. C’est la remise en cause permanente des résultats des élections, soit derrière la théorie du complot, soit derrière celle du nombre de votants. C’est la dégradation de nombre de permanences de parlementaires de la majorité et du harcèlement sur les réseaux sociaux. C’est aussi l’antisémitisme qui, sous couvert de remise en cause de la politique d’Israël, n’en reste pas moins réel et avéré, les messages sur Twitter ou Facebook, les pancartes ou les tags le prouvent chaque jour.

Je ne vous apprends rien en faisant ce rappel des faits et méfaits de l’extrême gauche, mais où sont nos réactions, nos indignations, la défense de nos valeurs face à ces attaques récurrentes contre notre démocratie ?

Nous nous émouvons, à juste titre, des violences commises par des milices de l’extrême droite contre des étudiants à Montpellier ou de l’action de militants anti-immigration au col de l’échelle. Nous hurlons, à juste titre là encore, lors de dérapages racistes de militants d’extrême droite dans les médias ou sur les réseaux sociaux. Mais pourquoi cette mansuétude face à des individus qui, de l’autre côté de l’échiquier, n’en véhiculent pas moins des idées et des mots qui attisent la haine au sein de notre société, entre Français ?

Oui, il y a un danger d’extrême gauche

Je n’écris pas ce billet pour vous dire que l’extrême droite serait respectable ou sympathique. Aucunement. Je la combattrai avec la même énergie que celle qui a été la mienne jusqu’à présent et je ne remercierai jamais assez Emmanuel Macron d’avoir révélé aux yeux des Français l’arnaque intellectuelle et politique qu’elle représente lors du débat de l’entre-deux-tours face à Marine Le Pen.

L’extrême droite est dangereuse par les idées qu’elle porte et par sa volonté d’abattre nos sociétés libérales, par le biais de la manipulation et le mensonge de masse comme le prouvent les fake news lors des dernières élections qui ne sont rien d’autre que la production « industrielle » de contrevérités visant à toucher le plus grand nombre. Le terrifiant et récent scandale du Cambridge Analytica — où des millions de données personnelles d’utilisateurs de Facebook furent récupérées au profit de Steve Bannon, ex-conseiller de Donald Trump — démontrait jusqu’où cette famille politique pouvait aller. Oui cela existe, c’est un fait et c’est un danger qu’il faut dénoncer.

Mais en France, l’extrême droite n’empêche pas les étudiants de passer leurs examens, n’occupe pas illégalement des territoires ou des lieux publics, ne lance pas de cocktails molotov contre les policiers ou n’appelle pas à leur meurtre, ne cherche pas à l’insurrection contre le pouvoir en place. Cela, c’est l’apanage de l’extrême gauche et de la France Insoumise et c’est tout autant condamnable. Sous couvert de manifestations contre une loi ou un projet, c’est toujours et encore la même volonté : mettre à mal l’autorité de l’Etat, espérer et favoriser l’émergence d’un mouvement révolutionnaire.

Comme l’expliquait il y a quelques années Mélenchon, qui agit avec méthode, il faut tout conflictualiser pour passer d’un peuple désespéré à un peuple révolutionnaire. C’était cela qu’il avait rapporté de son analyse des situations politique d’Amérique du Sud et notamment de ce qu’avait fait Hugo Chavez au Venezuela. Et donc pour tout conflictualiser, il faut instrumentaliser le moindre conflit pour justifier ses idées à tout prix (son soutien aux pilotes grévistes d’Air France qui ne sont pas vraiment ce qu’on appelle des prolos est ainsi totalement grotesque), il faut attaquer toutes les formes de pouvoir, dont celui de la presse qu’il remet en cause chaque jour comme le rappelait le dernier rapport — inquiet — de Reporters Sans Frontières, en le citant. L’objectif ? Comme pour l’extrême droite, c’est celui de tromper la vérité pour manipuler l’opinion et in fine servir ses desseins politiques. Et quels sont ses desseins ? Un projet politique anti-démocratique et anti-républicain. Ni plus ni moins.

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