Que vous le vouliez ou non vos futurs collaborateurs c‘est nous.

Ça fait pas mal de temps que j‘entends à travers divers articles, à travers des conférences ou dans des discussions le thème du management de la fameuse génération Y. Et (personnellement) les seules personnes que j’ai entendues en parler étaient au minimum des quadragénaires… Pourquoi vous ne nous demandez pas tout simplement ? Je vais donc essayer d’éclaircir et de vous ouvrir les portes de ce monde qui semble si fascinant !

Récemment il y a un article de Madame Figaro qui présentait le stagiaire roi : ce monstre de la génération Y. Personnellement j’ai apprécié cet article car même si les caricatures sont exagérées et que le ton et le titre sont (volontairement) provocateurs, j’ai quand même réussi à retrouver des personnalités que je côtoie tous les jours ! Alors, oui on travaille différemment, oui des fois on a envie de travailler la nuit plutôt que la journée, oui des fois on s’enferme dans notre musique pour être plus productif. Oui on aime les open-space où la bonne ambiance règne et non pas l’open-space tellement silencieux que lorsque notre stylo tombe on regarde ses voisins de peur de les déranger… Oui on a grandi avec MSN, Facebook, Twitter et Instagram. On a même notre propre langage tiré de nos usages de ces outils que l’on utilise depuis très jeunes.

“Allez vous faire f**tre moi je suis de la génération Y, j’en suis fier ! Et je vais vous prouver que je vais y arriver !”

Bah oui, moi je suis de la génération Y et j’en suis fier. Un des problèmes de notre société aujourd’hui c’est qu’elle n’accepte pas ou très peu la différence et la génération Y est différente et est très peu compatible avec l’organisation actuelle des entreprises. Pourquoi ? Parce que aujourd’hui, tout dans notre quotidien va très vite. Pour nous envoyer un message à l’autre bout de la terre prend quelques secondes, vous pourrez nous dire autant que vous voulez : “Ah de mon temps on n’avait pas les portable et on se débrouillait !” on n’arrivera pas à réellement visualiser ce genre de situation, car ce n’est pas dans nos habitudes depuis tout petit. Et je pense que le problème est que d’entendre depuis des années des réflexions de remise en question d’une génération tout entière comme “moi à mon époque, la jeunesse…” ou “bah moi à votre âge…” et bien ça peut avoir dans le meilleur des cas un effet de motivation et dans ces cas-là on a juste envie de dire “Allez-vous faire f**tre moi je suis de la génération Y, j’en suis fier ! Et je vais vous prouver que je vais y arriver !”. Ou ça aura un effet inverse et on se braquera et adoptera une position défensive et c’est de là que vont partir tous les stéréotypes et clichés des stagiaires ou des jeunes qui ne font rien, qui prennent tout à la légère etc.

“On se croit indispensable et sincèrement, on l’est.”

Oui, on est ou plutôt on sera indispensable. On sera vos futurs clients, vos futurs utilisateurs, vos futurs collaborateurs voir même vos futurs patrons. C’est un fait, on ne peut pas aller contre ça. Je pense qu’au delà du fait que vous ne pourrez pas échapper au recrutement de personne de la génération Y, je pense réellement que nous serons indispensable aux entreprises.

(Je fais une petite aparté juste pour expliquer ma situation et le domaine dans lequel j’évolue afin que vous compreniez pourquoi, selon moi ma génération est essentielle dans ce domaine, je ne m’avancerai pas sur les autres domaines qui ne me sont pas familiers. Je suis donc étudiant dans le domaine du numérique et de l’innovation. J’aspire à créer ma start-up ou intégrer une entreprise afin de participer à sa transformation numérique).

Pourquoi sommes-nous indispensable ? Nous ne sommes pas plus intelligent que les autres mais seulement toutes les problématiques que les entreprises se posent depuis quelques années ou commencent à se poser, iront chercher des réponses dans les usages des utilisateurs. Et les utilisateurs ayant à la fois le plus “d’expérience” sur ces nouveaux services apparus depuis quelques années et en même temps qui ont connu ça très jeunes et donc qui se sont construit autour de et avec ces services c’est la génération Y.
Par exemple vous pourrez trouver des experts de toutes les messageries instantanées du monde qui seront capable de vous parler de la technologie, des impacts financiers etc. Mais aucun de ces experts ne pourra vous dire qu’il passait des heures chaque jour sur MSN en rentrant du collège, aucun d’entre eux ne vous dira qu’il regrette l’époque des WIZZ et aucun ne vous dira qu’il a dragué ses premières petites-copines sur MSN avec des phrases remplies d’emoticone !

Finalement les statuts existaient avant Facebook

Après là où je mettrais un gros bémol c’est que certain pour ne pas dire beaucoup d’entre nous voient cet avantage comme “acquis” et se reposent dessus. Et c’est là dessus que nous de notre côté nous devons continuer à travailler et à se donner à fond pour faire de notre avantage une réelle force pour y arriver et pour faire avancer l’entreprise dans laquelle nous serons.

Il y a quelques jours ICADE a souhaité avoir un regard étudiant sur l’entreprise du futur et m’a interviewé sur la question suivante : “Qu’est-ce que toi en tant qu’étudiant, tu attends des entreprises plus tard ?”
C’est cette question qui m’a motivée à écrire cet article afin d’offrir une réponse au plus de personnes possible. Et ma réponse n’a pas semblé satisfaire leurs attentes et les a un peu déboussolé. Ils s’attendaient à ce que je réponde “je veux des open-spaces”, “je veux un iPhone” “je veux des bureaux en extérieur”. Mais finalement ce n’est pas ça dont j’ai envie. Ma réponse fut beaucoup plus simple que des détails techniques.

Ce que j’attends d’une entreprise plus tard c’est d’être préparée à notre arrivée. Aujourd’hui avec mon école je travaille avec de très grands groupes français sur de vraies problématiques et ces grands groupes jouent vraiment le jeu. Ils acceptent de se faire “bousculer” par des étudiants et de nous permettre de faire “à notre manière” et ce qui ressort la plupart du temps c’est que les étudiants apportent une énorme fraicheur dans les projets, à défaut de trouver LA bonne idée on ouvre des pistes auxquelles ils n’avaient pas pensées. Mais cela reste dans un cadre scolaire et c’est une démarche de quelques entreprises et j’ai peur que finalement peu d’entreprises sont prêtes à l’arrivée sur le marché du travail de cette génération qui aime faire bouger les choses et casser les codes.
La deuxième chose que j’attends des entreprises c’est tout simplement qu’elles me laissent le choix. Qu’elle ne me force pas à prendre mes notes sur une tablette si je préfère un bloc-note et un stylo (et inversement) qu’elle ne force pas les gens à travailler sur un OS en particulier, alors oui il y a des problématiques IT et alors ? Les problématiques IT, manageuriales, de recrutement évoluent avec le temps et les usages, tout va devoir s’adapter à ces changements d’organisation de travail. Récemment j’ai discuté avec des employés (qui travaillent dans un joli petit bureau dans un bel open-space) et ils m’ont demandé comment nous on travaillait en mode projet ? Et je lui ai expliqué que s’il faisait beau on allait dehors, on changeait de salle régulièrement et que les seules choses qu’il nous faut ce sont : un tableau blanc et des prises électriques. C’est là que l’iun d’entre eux m’a expliqué que quand il souhaite faire pareil et qu’il sort pour travailler en s’asseyant sur la pelouse au soleil les autres employés le regardent de travers et ne comprennent pas qu’on peut être productifs dans un environnement que l’on a choisi, que l’on est même plus productif dans ces cas-là. Les codes sociaux instaurés sur le lieu de travail doivent être et seront cassés et évolueront.

Si j’avais un conseil à donner aux entreprises qui ne savent pas comment prendre ce virage organisationnel, c’est : confrontez vous à cette nouvelle génération avant qu’elle ne vous arrive en pleine face ! Ne retardez pas cette rencontre ! Rapprochez vous des écoles, rapprochez vous des événements où tous vos futurs collaborateurs sont et allez à leur rencontre. Ne leur posez pas la question “qu’est-ce que tu aimerais plus tard dans une entreprise ?”, challengez les et rassurez vous ils vous challengerons aussi ! Je peux vous assurer que vous ne serez pas déçu de prendre ce temps-là.

En résumé oui cette génération est différente de la vôtre, oui cette génération voit les choses relativement différemment. Mais quoi que vous pensiez de nous, nous serons vos futurs collaborateurs, vos futurs clients et pour certains peut être vos futurs patrons. Nous ne sommes pas meilleur mais, la réalité est que le jour où il n’y aura que nous vous n’aurez plus le choix. Et les questions ce ne sera plus “comment évitez d’engager ces jeunes de la génération Y car la philosophie de notre entreprise n’est pas en accord avec la leur” mais ce sera “que doit-on changer pour attirer de nouveaux profils et réussir à les garder ?”.

On peut bien entendu continuer à en discuter ensemble : @alexandrecrn !