Nouvelle année, nouveau départ !


Que de chemin parcouru depuis la naissance du Troisième Baobab, dans un bar à mojitos où il fut joliment nommé conformément à nos quelques grammes de rhum dans le sang ! C’était rigolo.

Pendant les mois qui ont suivi, j’ai construit un truc de zéro. Je ne savais pas tellement comment m’y prendre pour ça, alors j’ai tâtonné, j’ai posé des pierres que j’ai démolies ensuite, j’ai dit des choses et puis j’ai changé d’avis. Je n’avais aucune connaissance particulière me permettant de me lancer dans une aventure pareille, je ne savais absolument pas ce que je faisais et quelque part, c’était probablement pour le mieux !

Le Troisième Baobab est né en 2015, et en ce début de 2016, il doit muer. Parce que j’ai évolué, et que je dois le faire évoluer avec moi.

Pendant cette année 2015, je suis sortie de ma zone de confort, celle de l’universitaire binoclarde qui ratisse les bibliothèques et jubile devant des mots compliqués. Je me suis rendue compte que ce n’était pas si facile de partager ma passion pour des sujets abscons avec les gens normaux. Et j’ai compris que tout le monde s’en fiche des petits exercices masturbatoires d’universitaires en mal de vibrations intellectuelles.

Alors je me suis forcée à sortir de moi-même. Il fallait me mettre à la place du lecteur, imaginer ce à quoi il pense, ce qui l’intéresse, ce qui l’intrigue, ce qui l’inspire, et aussi ce qui le fait profondément chier.

J’ai réalisé qu’à l’université, j’avais surtout appris à montrer que je suis intelligente, en utilisant des mots compliqués et des concepts abstraits. Mais que cette approche pédante avait tendance à repousser le commun des mortels. Et comme je les comprends !

Il a donc fallu me remettre en question. Et je continue de le faire constamment, parce que ça fait beaucoup de bien.

Il m’a fallu comprendre (et ça peut paraître bête) qu’il se s’agit pas de montrer à quel point je suis intelligente dans mes articles parce que ça, tout le monde s’en fout. Par contre, il faut savoir faire en sorte que le lecteur se sente intelligent. Mais se projeter dans la tête de quelqu’un qui ne connaît pas le sujet dont on est soi-même spécialiste, c’est difficile. Plus difficile qu’on ne l’imagine.

Comment expliquer des notions qui me sont si évidentes, si familières, à un public qui les découvre à peine ? Et surtout, comment l’y intéresser ?

C’est peut-être à la portée de tout le monde, mais peu de personnes savent réellement comment faire. Je ne prétends même pas faire partie de ceux qui savent, mais je suis clairement de ceux qui essaient (et se prennent parfois des râteaux). Parce que mine de rien, savoir donner envie et raconter, c’est un vrai métier.

Mange-moi. Mange-moi je te dis !

S’il y a une chose primordiale que je retiendrai de cette année, c’est celle ci : la curiosité du lecteur n’est jamais, jamais, acquise.

Ce n’est pas parce qu’un lecteur est un ami personnel qu’il va forcément s’intéresser à ce que j’écris.

Ce n’est pas parce qu’un lecteur s’intéresse au sujet de mon article qu’il va forcément vouloir le lire.

Ce n’est pas parce qu’un lecteur a cliqué sur mon article qu’il va le lire en entier.

Ce n’est pas parce qu’un lecteur a lu mon article en entier que ça lui a plu (bon c’est rare, mais c’est le genre de choses que font les mamans).

Il suffit de quelques mots pour ennuyer un lecteur. Et donc le perdre. Mais la puissance du cerveau humain c’est qu’à l’inverse, il peut suffire de quelques mots pour exciter la curiosité d’un lecteur.


Ces derniers mois, j’ai appris à programmer en HTML et CSS, j’ai découvert le marketing et la communication web (merci à mes amis community managers pour leur patience), la gestion de newsletters, la construction d’une audience petit à petit. J’ai construit une landing page, qui sera bientôt remplacée par un nouveau site grâce à Ingrid, ma web designer.

J’ai appris à tourner et à monter des vidéos, et à essayer de ne pas trop avoir un balais dans les fesses (j’y travaille encore).

Work in progress.

J’ai découvert la richesse d’une grande équipe où chacun peut apporter un regard particulier. Mais j’ai aussi découvert la difficulté de gérer les aléas de motivation et d’implication des rédacteurs volontaires, leurs emplois du temps et leurs attentes différentes. J’ai appris qu’il faut autant de bienveillance que de fermeté. Le dosage est pas toujours facile.

J’ai découvert Twitter, dont j’ignorais tout il y a encore six mois, qui était ma bête noire il y a encore quatre mois, et que j’aime de plus en plus chaque jour maintenant.

J’ai lu et relu des livres et des articles de psychologie. Je suis même récemment certifiée d’un MOOC de psychologie d’une grande université anglophone. J’ai appris à prendre en compte les biais psychologiques de mes lecteurs, et les miens aussi.

Mais j’ai aussi appris l’humilité, la résilience, la persévérance. J’ai redécouvert mes capacités d’apprentissages dans des domaines très diversifiés.

J’ai compris que commencer un projet de zéro sans aucune certitude de réussite, c’est aussi s’attirer l’opprobre d’une partie de son cercle social.

J’ai appris qu’il vaut mieux avoir honte de ses débuts plutôt que d’en être fière. Parce que ça veut dire que mes critères de réussite s’élèvent au fur et à mesure que je m’améliore.

Aujourd’hui, je regarde ce que j’ai fait, et je pense que je peux aller encore plus loin. J’ai passé un cap.

C’est donc au tour du Troisième Baobab en tant que projet d’en passer un aussi.

En route !
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