Doit-on forcément faire un choix de carrière ?

Alexia Marques
Apr 16 · 5 min read
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Comment faire un bon choix de carrière ?”, “Orientation de carrière : comment faire le bon choix?”, “Comment choisir son métier sans se tromper ?”… Tapez “carrière” sur Google et vous verrez apparaître tout un tas d’articles promettant de vous aider à faire LE choix de votre vie. Mais que se passe-t-il lorsque plusieurs voies nous passionnent et s’offrent à nous ? Faut-il vraiment faire un choix ?

Métier vs passion

Petite, je me voyais exercer une multitude de métiers : styliste, photographe, libraire, professeur d’anglais, écrivain, avocate… Dès que je découvrais un nouveau métier, il devenait ma nouvelle lubie et je passais mon temps à me documenter sur le sujet et à rêver de ma future carrière. Évidemment, je suis consciente qu’il ne s’agissait que de rêves fugaces, mais je comprends aujourd’hui pourquoi j’ai aimé et voulu exercer chacun de ces métiers.

Je retrouve d’infimes parties de ces métiers dans mes passions et missions actuelles et quotidiennes. Au fond de moi, j’ai toujours quelque part la volonté d’être cette styliste, cette photographe, cette libraire ou cette professeur. Pourquoi ? Tout simplement parce que ces métiers sont proches de certains traits et/ou aspects de ma personnalité. Je vois en moi une libraire, car la lecture m’apaise et me fait réfléchir énormément, et parce que j’aime partager mes trouvailles littéraires. Je vois en moi une professeur d’anglais, car j’ai ce besoin de me sentir utile et de partager mes connaissances avec les autres. Je vois en moi une avocate, car je déteste l’injustice et que j’attache une grande importance à l’égalité et au respect de la loi.

Je n’exerce peut-être pas ces métiers aujourd’hui, en revanche je continue d’être passionnée et inspirée par leur univers. En grandissant, certains individus réalisent parfois qu’ils auraient adoré faire un tout autre métier, ou qu’ils se sont peut-être tout bonnement trompé de voie. C’est le cas de beaucoup de personnes, ce qui mène parfois à des reconversions professionnelles. De mon point de vue, il y a parmi ces individus qui pensent s’être trompés de voie, une petite partie qui se trouve pourtant dans la bonne voie. Je m’explique ! Selon moi, certaines personnes n’ont tout simplement pas eu la chance/l’idée de mettre à profit la totalité de leurs capacités et/ou d’inclure certains aspects de leurs passions au quotidien. C’est le cas pour certaines générations qui optaient à l’époque pour des jobs purement alimentaires et qui différenciait bien travail et passion, jusqu’à finalement ne penser qu’à leur emploi.

De nouvelles générations en quête de sens

Je remarque que nous sommes beaucoup à attacher une grande importance au sens de notre travail. Nous, les générations Y et Z, avons besoin de sentir que ce que nous faisons est en parfait accord avec notre personnalité, nos valeurs et nos projets de vie. L’an dernier, j’ai lu le livre “Trouver son Ikigai” de Christie VANBREMEERSCH, qui explique ce concept japonais visant à croiser nos compétences, nos talents et nos valeurs avec les besoins du marché pour mieux choisir un emploi. L’Ikigaï, c’est la jonction parfaite entre aptitudes, goûts, sens et nécessités, c’est LA raison qui vous pousse à vous lever le matin.

Un concept séduisant n’est-ce pas ? Mais dans les faits, cela reste encore difficile à mettre en oeuvre. Non pas parce que nous n’avons pas la volonté nécessaire pour vivre de nos passions, mais plutôt parce qu’on nous oblige encore aujourd’hui à faire des choix pour entrer dans des cases.

“Choisir, c’est renoncer !” — André Gide

Je crois que j’aime cette phrase autant que je la déteste. Il est vrai qu’avoir le choix est parfois un luxe que peu de personnes ont. Mais choisir quelque chose, c’est bel et bien renoncer à autre chose, ou du moins la repousser pendant un temps, et je déteste cette idée. Si je l’appliquais au thème de cet article, je vous demanderais “Pourquoi, alors que j’aime faire tellement de choses différentes dans ma vie, devrais-je n’en choisir qu’une seule pour en faire mon métier ?”

Arrive alors le fameux profil du mouton à cinq pattes

Je fais partie de ces profils qu’on appelle “couteau suisse” ou “mouton à cinq pattes”. J’ai toujours opté pour des formations dont les programmes étaient assez variés car, vous l’aurez compris, je n’ai jamais aimé faire de choix ! Une licence en langues étrangères, un DUT dans les métiers du web et un master en stratégie digitale plus tard, je ne sais toujours pas si j’ai fait le bon choix !

En revanche, je remarque que je n’ai jamais été aussi épanouie dans mon job que depuis que je tente de faire, dans une certaine mesure, tous ces autres métiers que j’aime tant. Je ne suis pas écrivain, mais je rédige aujourd’hui cet article pour partager mon expérience avec vous. Je ne suis pas professeur d’anglais, mais je continue régulièrement de me perfectionner pour conserver mon niveau et il m’arrive de donner des cours d’anglais par-ci par là. Je ne suis pas styliste, mais j’aide ma maman passionnée de couture à partager ses créations.

Bref, je n’exerce peut-être pas totalement ces métiers, ni de façon officielle, ni à plein temps, mais j’ai trouvé une façon de presque tous les inclure dans ma vie et cela fait un bien fou. J’ai réellement la sensation d’avoir trouvé un juste équilibre entre mon job “officiel” et mes passions qui me prennent finalement autant de temps. C’est bénéfique à la fois d’un point de vue personnel et mental, mais également professionnel, car ces expériences annexes me permettent d’élargir mes connaissances et mon réseau, mais aussi de les mettre à profit au sein de l’entreprise où je travaille.

Finalement, la clé c’est de ne pas choisir, de se motiver, d’oser et de prendre le temps de faire ce qu’on avait parfois mis de côtés (du moins c’est ce qui a fonctionné pour moi) 😊

Alexia Marques

Written by

Project Manager and UX/UI Designer Based In France