La communication publique en 2016, pistes et enjeux

La communication gouvernementale doit constamment s’articuler autour de deux objectifs : expliquer l’action du gouvernement, et la promouvoir. Le premier est une exigence d’information et est indispensable dans un paysage médiatique dominé par les petites phrases, la vulgarisation à outrance, l’infotainment et la “politique politicienne”, incapable ainsi d’informer convenablement les citoyens. Le second est une exigence de communication, corollaire de l’action politique en démocratie (“faire et faire savoir”).

  1. Expliquer, c’est rendre l’action intelligible aux yeux de tous, c’est donner les clés aux citoyens pour comprendre les réformes engagées et les changements opérés. C’est “rendre compte” de l’action, une obligation de transparence nécessaire à la démocratie.
  2. Promouvoir, c’est relier l’action à l’impulsion politique derrière toute initiative. C’est montrer que des personnes politiques agissent dans le but d’améliorer le pays et le quotidien des citoyens. C’est “rendre des comptes”, c’est-à-dire montrer aux citoyens les conséquences de leur vote.
La communication gouvernementale a donc un rôle informatif et pédagogique, mais également politique. Il s’agit d’expliquer l’action et de donner une couleur politique à cette action : relier ce que fait le Gouvernement aux décisions prises par des femmes et hommes politiques.

En résumé : les 2 objectifs de la #compublique


3 défis pour la communication publique à l’heure de la démocratie numérique

1. Interagir avec les citoyens pour instaurer une relation horizontale au public

Le temps du communiqué est terminé. L’information est aujourd’hui digérée par le public, commentée, likée, partagée. A ce titre, la communication ne peut plus adopter une posture verticale où elle se contenterait de s’adresser par le haut à un public inerte. Au contraire, le message, dès sa fabrication, doit prendre en compte les attentes, besoins et réactions du public. Le numérique permet à quiconque de faire porter sa voix, ses demandes et ses opinions. Il constitue en cela une chance pour la communication publique, celle de mieux comprendre les attentes des citoyens et donc de rendre un meilleur service.

L’interactivité dans la communication publique consiste à donner un rôle participatif au citoyen, en faisant en sorte de prendre en compte ses opinions. Les plates-formes de consultation publique, de co-écriture des lois, de pétitions et d’actions collectives s’inscrivent dans cette dynamique.

Par ailleurs, l’interactivité implique aussi d’individualiser le public : il ne faut pas s’adresser à tous, mais à chacun. Chaque citoyen peut avoir des demandes singulières et il convient d’y répondre de manière personnalisée. A ce titre, le Community Management prend une importance tout à fait déterminante puisqu’il doit répondre à chaque post, chaque message, chaque mention.

2. Synthétiser et donner des repères pour faire émerger des messages clairs et mémorisables

Dans un paysage saturé d’informations et à l’ère du brouhaha médiatique, la communication publique doit hiérarchiser, synthétiser et donner des repères à l’action publique, pour faire émerger quelques messages clairs et mémorisables.

Si l’action publique est lente et progressive, l’information est instantanée et frénétique, et c’est pourquoi il est si difficile de répondre à une question du type “qu’a fait le gouvernement ce mois-ci ?”. La communication prend ici tout son sens en récapitulant l’action, en faisant le bilan permanent des politiques menées.

Ainsi, les articles de type “comprendre la loi X en 3mn” ne devraient plus être l’apanage de la presse. C’est par un effort de vulgarisation visible, honnête et assumé venant des institutions elles-mêmes que celles-ci pourront retrouver grâce aux yeux des citoyens.

3. Relocaliser et rapprocher la communication du public

La communication publique doit d’abord être au service du citoyen et non de l’institution qu’elle promeut. Elle doit d’abord chercher à répondre aux attentes du public avant d’essayer de le conquérir ; elle doit expliquer avant de promouvoir.

Alors que l’action des gouvernants paraît souvent loin des préoccupations et du quotidien, il s’agit de la rapprocher des citoyens en montrant qu’elle est à leur service. Il ne faut non pas mettre l’accent sur l’action elle-même, mais sur les conséquences concrètes de l’action sur le quotidien.

Cela implique également d’aller chercher le citoyen là où il est. En cela, les initiatives utilisant des codes de l’imaginaire collectif (séries TV par exemple) apparaissent comme un bon moyen de capter l’attention du public.


Ces réflexions sont issues d’un projet étudiant réalisé avec le Service d’Information du Gouvernement (SIG).

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