Et si on créait quelque chose ensemble ?

Ou comment j’ai réussi à faire comprendre à mon grand-père pourquoi j’entreprends.

Intro

En écrivant à des proches un soir, je me suis lancé le défi d’expliquer ce qui me pousse à m’investir dans des projets de création d’entreprises. Même si tout cela est finalement personnel, expliquer nécessite de parler de soi, et comme le moment est crucial, je m’y jette, pour la première fois :

Le petit fils à son grand-père

Je ne suis jamais trop rentré dans les cases où l’on m’attendait, au grand dam de mon grand-père, qui est comme moi informaticien (et qui en bon fils d’agriculteurs va me reprocher d’avoir ouvert ma bouche ici, mais bon tant pis).

Moi, avant.

Après une formation assez classique, j’ai démissionné de chez IBM à l’âge de 25 ans pour m’occuper d’un proche atteint d’une malade incurable et que j’ai accompagné dans sa fin de vie.
Mon grand père m’a dit : “Ce n’est vraiment pas raisonnable.”

Après cette expérience, finalement tout aussi heureuse que douloureuse, je suis retourné vers le monde du travail et me suis alors mis à mon compte en créant une entreprise de conseil en intégration de logiciels de gestion.
Mon grand père m’a dit : “Ce n’est pas raisonnable.” (mais m’a aidé 5 ans dans ma gestion administrative et ma comptabilité)

J’ai ensuite quitté les ambiances feutrées -et trop souvent grises- des missions en direction de grandes entreprises pour aller travailler jusqu’au Rwanda, mettre en place du suivi de statistiques agricoles, en sous-traitance du service européen pour l’action extérieure. 🇷🇼 🇪🇺
— Là, mon grand père m’a rien dit. Je crois que nous étions 2 à être plutôt fiers.😃

Moi, déjà à courir a(u)près des patates. Centre de recherche agronomique de Ruhengeri, Rwanda.

En chemin, j’ai passé mon temps à entreprendre des projets fous avec des personnes exceptionnelles, et je ne parle pas seulement de fonder une famille !👨‍👩‍👧‍👦

C’est de ces projets et des raisons qui me poussent à m’y investir dont je veux vous parler maintenant. Je veux vous rendre limpide ce que j’ai mis des années à faire comprendre à mon grand-père.

¡Que viva la libertad! ✊

Le chemin du freelance est parsemé d’embûches de toutes sortes. En témoigne l’étymologie du mot “Freelance” : une “lance libre”, un “libre lancier”, un mercenaire en somme ! Ce statut apporte peu de sécurité mais pour ma part, il m’a apporté beaucoup de plaisir. En effet, vendre mon temps en freelance m’a offert quelque chose de merveilleux : la Liberté !

Initialement, en tant que consultant indépendant, je ne servais que les clients qui achetaient mon temps. Mais rapidement, j’ai commencé à servir mes propres entreprises. Maintenant c’est ce que je fais maintenant à plein temps.

J’aime créer et entreprendre. Comme tout enfant j’ai sûrement été influencé par une mère commerçante et un père artisan serrurier. En tout cas, dès que j’ai pu me libérer des clients qui achetaient mes journées, j’ai usé de ma liberté de freelance pour donner de mon temps et de mon argent à des camarades de promotion qui avaient alors un projet un peu fou.

Comme il compte beaucoup pour moi, j’en ai bien sûr parlé à mon grand-père !

Une partie de moi, mon très cher grand-père.

Je vous laisse imaginer sa réaction à l’annonce de la disparition de toutes mes économies dans une entreprise dénommée “Cell&Co” et qui n’existait pas encore :
Il m’a bien sûr dit : “Ce n’est vraiment pas raisonnable.”

Il y a eu bien sûr beaucoup d’autres personnes a nous dire qu’il ne fallait pas le faire. Néanmoins, avec des amis au professionnalisme incroyable nous avons finalement créé et propulsé en 5 ans Cell&Co comme une référence du secteur des biobanques.

Un big bisou pour SNCF

J’ai principalement contribué à ce projet de création de cette première biobanque française privée les premières années après la création. J’étais alors en mission dans une direction de la SNCF et j’ai pu découvrir que je n’étais pas le seul à développer un projet entrepreneurial en plus de leur mission principale.

A ce titre, à l’instar de ceux et celles qui remercient pôle emploi comme un sponsor de la création d’entreprises en France, je dois pour ma part remercier mon client SNCF pour son soutien dans la création de Cell&Co !

N’en déplaisent aux voyageurs mécontents dont je fais aussi partie, bisou & ❤ à SNCF pour son aide !

Cell&Co

Cell&Co est aujourd’hui un acteur de référence pour la gestion d’échantillons biologiques en France et en Europe.

Je pense que la fierté est à la hauteur de l’effort, de l’énergie et de l’exigence nécessaire pour hisser une société au plus haut, avec la volonté de tout simplement proposer la meilleure valeur et la meilleure expérience aux clients.

Cette affirmation est beaucoup plus facile à dire qu’à faire. Et de fait, mon chemin de créateur est aussi passé par des échecs pris en pleine face.

Les pelles prises en pleine face 👊🤕

Si elle m’a permis de contribuer au succès de Cell&Co, la liberté d’entreprendre m’a donc aussi offert des échecs cuisants. Comme par exemple de représenter à moi tout seul une société éditrice de logiciels en Europe ou encore de vouloir lancer seul un projet entrepreneurial avec des enfants en bas âge 😨.
Fort heureusement, tout ce qui ne tue pas rend plus fort !

Et maintenant INTIA & INFast !

Toutes ces expériences m’ont grandi et m’ont amené à participer plus récemment à la création de INTIA une societé qui édite INFast, une solution de facturation unique par sa simplicité.

Pour ma part, l’histoire d’INTIA a débuté le jour où j’ai rencontré Mathieu Gobert à la Cantine numérique de Brest.

Mathieu s’intéressait alors à la facturation des petites entreprises comme celle de mon activité de consultant freelance.
On a discuté. On a sympathisé. Et nous avons créé INTIA ensemble.

Mais pourquoi ?

J’ai rejoint Mathieu dans son projet car parmi tous les nerds, geeks ou autres forgeurs de code croisés jusqu’à présent, je n’avais jamais rencontré de développeur aussi talentueux.
Je me retrouve également dans son approche très concrète et sur tous ces points que nous partageons :

  • son sens aigu du travail, de la confiance et du respect des engagements,
  • l’importance de l’excellence technique et de la bonne conception logicielle,
  • le caractère essentiel de la simplicité (c’est-à-dire l’art de minimiser la quantité de travail inutile)
  • une appartenance qui penche plus vers les cafards discrets et travailleurs que vers les wannabe startuppers

Mais tout cela n’est pas suffisant. Ce n’est pas tout. Il y a encore autre chose primordiale que je n’avais jamais réalisé et que je n’avais donc jamais pu exprimer à mon grand-père.

Mais pourquoi (vraiment) ?

C’est à l’occasion de travaux préparatoires à la mise à jour de l’identité d’INTIA que j’ai vraiment pu comprendre ce qui nous rassemblait et ce qui fait que nous avons du plaisir à travailler ensemble.

Il y a quelques mois nous avons pu définir nos valeurs et y associer des mots tels que “liberté”, “ouverture”, “mouvement” ou “jeu” avec nos propres définitions.

J’ai ainsi compris pourquoi nous avions entrepris le projet INTIA ensemble et en même temps pourquoi j’entreprenais : cela tient tout simplement aux valeurs que je porte et que je partage.

Et tant qu’à faire, cela nous a permis de créer un logo avec Gweno :

Pour le reste, Mathieu et moi pensons différemment, nous n’avons pas les mêmes compétences, analysons les situations et abordons les problèmes de manières parfois totalement opposées, mais tout cela nous nourrit et nous avançons dans le même sens grâce à ces valeurs partagées.

Donc voilà pour toi Papy…

Quand tu me disais que ce n’était pas raisonnable et que tu me demandais pourquoi je n’étais pas resté salarié chez IBM ou pourquoi je m’associais dans des entreprises, voilà ce que j’aurai du alors te répondre :
̶“̶J̶e̶ ̶l̶e̶ ̶f̶a̶i̶s̶ ̶p̶a̶r̶c̶e̶ ̶q̶u̶e̶ ̶ç̶a̶ ̶m̶’̶a̶m̶u̶s̶e̶”̶
- “Je m’investis dans INTIA car j’ai du plaisir à créer des choses qui n’ont jamais été faites auparavant, avec des personnes très différentes de moi et avec qui je partage des valeurs communes.”

Et roule ma poule !

Je pense que avec les années tu avais déjà compris cela, au moins en partie car si tu conservais ta position “il faut être raisonnable” tu ne m’as jamais non plus complètement empêché d’agir. Finalement tu m’as aidé à ta manière, en me permettant d’être sûr de mes choix. Alors merci à toi !

Co-fondateur d’INTIA, qui édite une application unique d’automatisation de la gestion des ventes des plus de 2 millions de petites entreprises en France.

Co-fondateur d’INTIA, qui édite une application unique d’automatisation de la gestion des ventes des plus de 2 millions de petites entreprises en France.