Les notifications push sont mortes, vive les notifications push !

Crédit : Flickr / Jason Prine

Les pushs, ces alertes envoyées sur l’écran de votre téléphone via une application mobile préalablement téléchargée, c’était déjà bien. Mais les pushs sans application, c’est encore mieux.

Crédit : Accengage

Ceux-ci sont possibles sur :

  • les smartphones Android, mais pas sur les iPhones ;
  • sur les sites Web — ce sont les “web push”, configurés depuis votre navigateur (Chrome, Firefox), qui peuvent apparaître en haut à droite de votre Mac ou en bas à droite de votre PC, même si vous n’êtes pas sur Internet à ce moment-là ;
  • et, enfin, dans les messageries instantanées comme sur Messenger de Facebook.

L’avenir du push? Les messageries instantanées

“Les messageries instantanées sont l’avenir du push”, estime Jérôme Stioui, le président de la société Accengage, qui organisait une conférence dédiée aux pushs, The Push Notification Summit, ce mardi 26 septembre à Paris. Et pour cause : le nombre d’utilisateurs de messageries instantanées — 4 milliards dans le monde — tend à dépasser le nombre d’utilisateurs de réseaux sociaux.

“Jusqu’à très récemment, Facebook Messenger était réservé aux échanges entre particuliers”, reprend Jérôme Stioui, mais, depuis le printemps 2016, les marques de médias et autres peuvent aussi se servir de ce canal pour s’adresser à leur audience.

Crédit : Flickr/ Ed Yourdon

Plus de pushs et moins d’emails

Un sésame d’autant plus inespéré que Facebook Messenger est le lieu privilégié des Français de 15–24 ans pour communiquer, selon cette étude de Médiamétrie sur le mobile, avec 14,4 millions de personnes qui l’utilisent dans l’hexagone. Une préférence notable au détriment des emails que l’on passe moins de temps qu’avant à consulter (en France, 5,1 heures par jour contre 6,5 heures l’année dernière, d’après Adobe).

Le “réveil des zombies”

En outre, déployer les notifications dans les messageries instantanées et sur les navigateurs permettrait de meilleurs résultats en termes d’engagement, quand envoyer un push à ceux qui n’ouvraient plus leur application depuis des lustres ressemble à une vaine tentative de “réveil des zombies”, dit avec humour Thibaut Desjonquères, d’Air France. Il faut dire qu’un utilisateur sur cinq n’ouvre une application qu’une seule fois, et environ 40% la lancent moins de trois fois. Même avec des pushs envoyés en pagaille.

Autre problème : conserver les pushs quelque part pour que les utilisateurs les consultent à leur guise. “On les rate souvent, par mégarde, et on ne sait jamais où les retrouver”. D’où la création de messageries spéciales sur les sites Web et mobiles où seraient stockés des pushs.

L’accord des utilisateurs, le Graal

Reste le nerf de la guerre : obtenir l’opt-in, c’est-à-dire l’accord des utilisateurs à recevoir des notifications.

Et pour cela, toutes les stratégies ont déjà été testées. “Il faut envoyer la demande au bon moment, et ce bon moment dépend de l’emploi du temps de chaque individu”, détaille l’un. “Ce qui marche, c’est de personnaliser le message avec le prénom de l’utilisateur”, avance un autre. “Même si quelqu’un a dit non, il faut lui re-proposer régulièrement”, conseille Rachel Bouvier, de Showroom privé, qui finit, au bout de sept jours de relance sans réaction, par proposer un bon d’achat.

Crédit : baromètre Accengage

Selon les chiffres de la société Accengage dans son baromètre 2017, le taux moyen d’opt-in en France sur les applications de médias est de 42% sur les appareils Apple — 100% sur Android où l’accord se fait par défaut -, 16% sur les web push, toujours dans l’industrie des médias, et 35% sur Facebook Messenger.

20 millions de pushs sont envoyés chaque mois chez M6

Une fois l’accord obtenu, il faut ensuite gérer la “pression” en envoyant ni trop peu ni pas assez de notifications. Chez M6, on envoie 20 millions de pushs par mois à 3,9 millions d’utilisateurs qui ont “opt-in” sur les 18 millions d’inscrits au site 6play — l’inscription est obligatoire pour y regarder une vidéo. “Chaque jour, près de 16.000 nouveaux comptes sont créés, avec une moyenne d’âge de 34 ans, quand ls téléspectateurs de la chaîne ont 52 ans en moyenne”, renseigne Pierre Dubail, responsable data et CRM chez M6.

Capture d’écran de 6play

Il voit beaucoup d’utilisateurs venir par attrait pour le replay du programme L’Amour est dans le pré, mais, une fois le programme terminé, ils sont difficiles à faire revenir. “Nous tentons de les re-mobiliser via les pushs”, continue-t-il.

Les ingrédients d’un bon push

Des pushs, oui, mais lesquels? Comment les écrire? Selon Thibaut Desjonquères, la recette du parfait push serait la suivante, toutes industries confondues :

  • une phrase d’accroche attrayante
  • un texte personnalisé, de préférence avec le prénom de l’utilisateur
  • quelques mots en MAJUSCULES
  • des émoticônes — cela tombe bien, Facebook Messenger en a de nouveaux
  • une échéance, un compte à rebours — cela s’appelle du “stress marketing”— , par exemple “il ne vous reste que quelques heures pour pouvoir visionner ce programme”

Pas si simple de servir cette recette à tous les repas. Dans le domaine de l’information, la phrase d’accroche est rarement “attrayante” et les émoticônes ne se prêtent pas à tous les positionnements éditoriaux.

Alice Antheaume