La longue nuit avant la mise à jour

ou comment ne pas perdre de vue le principal

La mise à jour du blog est demain et il me manque une chronique pour arriver à 7.

Pourquoi ai-je instauré ce principe de 7 articles par quinzaine ?

Pourquoi est-ce-que je ne botte pas promptement le derrière de mes petits camarades pour qu’ils prennent leur part du boulot ?

Pourquoi est-ce-que je me sens forcément obligé de prendre le relais et de rédiger cette fichue chronique manquante ?

Ces trois questions méritent un soupçon d’attention. Je suis certes le dépositaire de la publication desdits articles et de la gestion de ce blog ‘collaboratif’ de critique musicale. Je n’en suis cependant pas le créateur et il n’y a là aucun intérêt pécuniaire. Le nombre de visiteurs n’est pas négligeable mais force est de constater que ce sont les bots qui témoignent le plus de leur attention (c’est gentil à eux de se préocupper de ma vie et de mes préférences sexuelles ainsi que de mes goûts en matière de chaussures).

Autrement dit : pourquoi est-ce-que je m’implique à ce point alors qu’il n’y aura aucune conséquence s’il manque ce fameux article ?

Il serait plus confortable de ne considérer que ce dernier point et de maudire sur plusieurs générations les autres contributeurs en leur promettant des hémorroïdes explosives. Mais ce serait là éluder le fait que j’aime écouter et faire partager des découvertes musicales. Pour de nombreux ‘Mouais’ blasés, il y a cette absence de commentaire à l’écoute d’un morceau sorti de nulle part (enfin si, d’un lien issu d’un message ou newsletter reçu sur la boîte mail du blog). Ainsi que le fait de se dire que cela permettra peut-être à quelqu’un d’écouter quelque chose qui aura un impact, même minime, sur son existence. Ce sentiment d’être un passeur, ce champ des possibles offert à chaque consultation de courriel sont sans nul doute le moteur de cet effort désespéré au détriment d’heures de sommeil bienvenues.

Il y a de plus ce rêve fou de développer le support pour en faire une internationale francophone de l’avis musical qui s’étendrait de fait sur plusieurs continents.

Alors certes, dans quelques heures, lorsque l’enfant s’éveillera et demandera mon attention forcément brouillée par le manque de sommeil, j’en resterai très probablement aux madictions induisant des saignements inconfortables. Je n’oublierai cependant pas que cette nuit j’ai découvert un EP de hip-hop composé par un rappeur américano-ghanéen diffusé par un label berlinois.