Road Trip en moto dans le Sud du Vietnam

Allez Goodbye
Sep 9, 2018 · 13 min read

VIETNAM

> Mardi 15 Mai

Ce matin c’est le grand départ pour les montagnes, nous quittons Hoi An et notre gentil couple d’hôtes. Finalement nous serons restés 3 nuits dans cette homestay très confortable.

Nous partons en fin de matinée direction la petite ville de Kham Duc. Il fait extrêmement chaud et nous prenons la route avec un ciel dégagé.

Au début, la route n’est pas très intéressante, il n’y a que des camions et des bus qui ne cessent de nous klaxonner avant de nous dépasser. Nous prenons ensuite une route plus tranquille afin d’emprunter les montagnes.

Contrairement au Nord où les rizières étaient bien vertes, nous découvrons une végétation plus sèche. En effet, la récolte de riz vient d’être effectuée dans la région. Nous continuons de grimper dans les montagnes et, très rapidement, nous retrouvons la fraîcheur et les nuages.

Nous traversons de splendides vallées vertes, il y a de nombreuses forêts dans lesquelles des arbres probablement centenaires prennent le dessus.

Nous longeons un long moment une rivière, les rochers apparents donnent du relief à la montagne, un paysage que l’on n’avait pas encore vu auparavant.

Sur notre chemin, des paysans brûlent les terres en prévision de la prochaine semence, nous croisons plusieurs départs de feux au flanc de la montagne.

Nous arrivons ‪assez tôt à Kham Duc, idéal pour savourer un Pho, la route nous a ouvert l’appétit.

La journée est encore longue, nous réfléchissons à l’itinéraire possible si nous décidons de continuer. La prochaine ville est assez loin mais il y a des villages sur la route au cas où. C’est parti, nous reprenons la route pour prendre de l’avance, cette fois-ci nous partons sous un ciel très couvert et des rizières verdoyantes.

Peu à peu, la route se dégrade, il y a plusieurs fissures au sol et des travaux à la chaîne sur plus de 10km. Par contre, les paysages sont magnifiques, nous retrouvons des rizières verdoyantes.

Nous continuons de rouler, avant d’atteindre un sommet, la vue sur les plaines est splendide, notamment avec des éclairs qui s’enchainent au second plan. Ça s’annonce mal pour la suite.

D’un coup, il se met à pleuvoir, nous nous arrêtons pour mettre nos imperméables et continuer à rouler. La pluie sur la route chaude forme un lit de vapeur, c’est incroyable de rouler sur cette brume.

Nous roulons pendant 15 minutes sous une pluie torrentielle soutenue par des éclairs foudroyants et un tonnerre assourdissant, je n’en oublierai jamais le bruit.

Malgré tout, Olivier maintient le cap et nous nous dirigeons à présent vers les éclaircies.

Nous décidons de nous poser dans un petit hôtel dans le village de Dak Glei. Le chemin fût long et éprouvant et nous sommes bien contents de nous réfugier au sec.

Une fois les sacs déposés nous passons à un garage pour changer l’huile et faire quelques vérifications avant la tombée de la nuit. Finalement, le garagiste nous change la chaîne vieillissante. Nous repartons avec une toute nouvelle Berline, ce petit changement se ressent tout de suite à la conduite.

Ce soir, nous allons dîner en face de notre hôtel, un copieux repas qui nous achève de cette première journée avec plus de 190km au compteur. Cela parait peu pour une journée de route sans compter le chargement sur la moto et la qualité des routes mais c’est une vraie victoire pour nous.

> Mercredi 16 Mai

4ème mois de voyage!

Ce matin nous avons droit à un réveil ensoleillé. Pour le petit-déjeuner, Olivier a repéré un stand de banh mi. Le délicieux sandwich sera accompagné d’un café den (le café noir vietnamien, très fort), rien de mieux pour bien commencer la journée !

Nous reprenons la route en traversant plusieurs villages dans les plaines pendant quelques kilomètres avant de quitter les montagnes.

La qualité de la route est excellente, nous avançons vite au milieu de ces grandes étendues de terres. Au bout d’une heure nous nous arrêtons à proximité d’une forêt d’hêtres où l’on récolte la sève de caoutchouc. On se croirait dans le centre de la France, absolument pas au Vietnam, c’est étonnant.

Nous poursuivons la route direction Kontum pour visiter une église en bois centenaire. Nous faisons une petite pause pour nous hydrater sur la route, il fait extrêmement chaud et nous avons mal aux fesses. Je sirote un excellent jus de sucre de canne, la boisson préférée des routiers vietnamiens.

Nous nous arrêtons devant l’église Immaculée, malheureusement elle est fermée. Âgée de plus de 100 ans, munie de son clocher majestueux de plus de 20 mètres et des vitraux multicolores, je n’avais jamais vu d’église de ce genre auparavant.

Nous faisons un arrêt pour déjeuner avant de reprendre la route, pendant le repas nous entendons le ciel vrombir. Toujours à la même heure, la météo se gâte.

Un nouvel orage se profile alors que nous venons de reprendre la route. Cette fois-ci nous allons rapidement nous abriter à l’intérieur d’un marché couvert vide. Nous sommes avec quelques locaux à attendre que l’orage passe. Les éclairs sont particulièrement proches et très assourdissants. Nous restons là une quarantaine de minutes à essayer d’échanger avec les locaux avant de reprendre la route. Ils sont d’une grande gentillesse et nous partageons un bon moment avec eux.

Au loin, le ciel redevient clair et coloré, nous sommes contents de reprendre la route dans cette direction.

Nous arrivons à T’Nung Lake, un cratère volcanique devenue ces dernières années un énorme lac. Nous sommes coupés du bruit de la ville, c’est calme et nous avons la chance d’assister au coucher du soleil devant le lac. Ce paysage ressemble à un tableau notamment due aux reflets du ciel sur l’eau apportant une lumière incroyable sur le lac et le passage d’une barque sur l’eau cristallise ce moment.

Nous arrivons après plus de 180km dans la ville de Pleiku. Nous trouvons rapidement un motel dans cette grande ville. Nous ne l’imaginions pas aussi vaste.

En face du motel se trouve un restaurant assez moderne proposant une sélection de plats à base de fruits de mer, une aubaine pour moi. Je commande un plat sans véritablement savoir le contenu. Finalement je déguste des coques au gingembre et au poivre, c’est savoureux et doux en bouche, un délice.

> Jeudi 17 Mai

Nous nous réveillons assez tôt, une longue journée de route nous attend, plus de 200km si nous y parvenons.

Nous devons faire 150km sur l’autoroute, rien d’excitant à voir mais cela nous permet d’avancer sur notre itinéraire. Nous traversons plusieurs grosses villes, Olivier doit redoubler de vigilances, les vietnamiens en scooter conduisent assez mal, ils déboulent des rues adjacentes sans même regarder et tournent sans prévenir.

En chemin, nous faisons plusieurs petites pauses pour nous dégourdir les jambes (et les fesses). La route est longue et linéaire, nous sommes ravis de voir au loin une forêt de pins qui nous rappelle le Sud de la France. Nous en profitons pour faire une pause un peu plus longue cette fois ci.

Sur plus de 80 kilomètres, nous roulons à travers des milliers de papillons blancs, c’est impressionnant à voir et ça donne enfin du charme à l’itinéraire qui pour l’instant était assez ennuyeux. Finalement nous sommes agréablement surpris par la route que nous empruntons.

Nous faisons une pause sur l’autoroute, il existe de nombreux stands pour se désaltérer munis de hamac pour se reposer. Idéal pour se décontracter, ou voir même pour faire la sieste. Un pause bien appréciée, avec pour accompagnement un bon verre de canne à sucre.

De retour sur notre moto Berline, nous entrons sur un chemin de terre avec des nids de poules et parfois même des énormes trous. Nous savions que la route ne serait pas facile mais nous n’imaginions pas de tels trous. Sur la route, nous traversons une succession de champs de cafetiers, nous sommes seuls mais toujours accompagnés par des milliers de papillons.

Au bout de 15km le temps se gâte. Comme un rituel, ‪vers 15h30 nous entendons le ciel gronder. Nous continuons d’avancer malgré la tempête qui s’annonce, nous enfilons nos imperméables pour éviter d’être trempés mais rien n’y fait, il pleut des cordes et nous devons nous arrêter.

Nous trouvons un abri au sec avec quelques locaux. La maison avoisinante abrite une chèvre égorgée, rien de réjouissant. La pluie finit par s’arrêter au bout de 30 minutes mais le ciel reste noir.

Pile poil au moment où nous repartons, la pluie se remet à tomber. Nous finirons les 30 derniers kilomètres de la journée complètement trempés. Néanmoins, la route reste splendide, il y a énormément de rizières de différentes couleurs, quel dommage que le ciel ne nous permette pas de faire quelques photos. Qu’à cela ne tienne, nous reviendrons demain.

Nous voilà arriver près du Lac Lak, dans la ville de Lien Son. Nous allons en direction d’un logement lorsqu’une dame en vélo nous propose de l’accompagner à son hôtel. Nous décidons de la suivre, bonne surprise, sa sœur tient une guesthouse plutôt correcte et pas très cher.

Nous acceptons, nous n’avons qu’une seule envie, nous sécher et étendre nos affaires. En début de soirée, nous partons à la recherche d’un restaurant pour dîner. Nous n’avons rien manger de la journée, nos estomacs grondent.

Nous trouvons un stand qui propose des frites à base de patates douces, nous goutons pour changer un peu du riz. Pas encore rassasié, nous allons dans un petit resto rempli de locaux (c’est bon signe), nous savourons un délicieux plat de nouilles de riz avec de la viande mijotée. Les locaux intrigués par notre présence, nous offrent plusieurs shots d’alcool de riz. Olivier se prend au jeu et rentre un peu éméché.

Le soir, nous allons nous coucher exténués, nous avons parcouru plus de 215 kilomètres, un nouveau record.

Vendredi 18 Mai

Encore un réveil matinal, nous avançons plus rapidement que prévu en partant de bonne heure. Nous commençons la matinée par notre rituel café den et un banh mi pour tenir toute la journée.

Nous décidons de repasser par les rizières découvertes la veille, cette fois-ci nous avons plus de chance. Le soleil est au rendez-vous et des agriculteurs sont dans les champs. Nous faisons voler le drone pour capturer ce paysage magnifique et plein de vie.

Nous poursuivons la balade dans le village traditionnel June qui a conservé les habitations traditionnelles, de petites maisons en bois sur pilotis. Les habitants font sécher le riz devant leurs maisons et sur la route.

Nous nous posons devant le lac pour boire un jus, la vue est splendide et le village très calme.

Sur le chemin du retour, nous avons la triste rencontre avec des éléphants enchainés. Ils baladent des touristes, majoritairement chinois.

Nous retournons à l’hôtel récupérer les sacs pour reprendre la route. Nous partons en fin de matinée, la route va être longue et nous empruntons des petits route tout le long ce qui n’annonce rien de bon.

Le début du voyage est splendide, nous traversons des kilomètres de champs de cafetiers, par contre l’état de la route est déplorable, il y a d’énormes trous sur plusieurs kilomètres et cela nous ralentis. Nous arrivons devant un gigantesque lac et un barrage artificiel que nous contournons.

Je fais un rapide constat, nous venons de parcourir 20km en une heure, il va vraiment falloir avancer plus vite pour arriver à notre destination. Après une petite pause, nous empruntons une nouvelle route, cette fois-ci de meilleure qualité et il n’y a toujours personne. Nous retrouvons le sourire et profitons des paysages environnants.

Après plusieurs kilomètres, nous regagnons une route nationale plus fréquentée (retour des camions et de la circulation). Je demande à Olivier de s’arrêter une énième fois pour me dégourdir les jambes. Nous voyons une grande église au loin, parfait endroit pour se poser. Finalement nous restons plus longtemps que prévu car un orage éclate, comme toujours ‪aux alentours de 15h30. Après 20 minutes, la pluie commence légèrement à cesser, nous décidons de repartir avec nos imperméables.

Malheureusement la pluie redouble d’intensité au bout de quelques instants et nous devons à nouveau nous arrêter pour éviter de conduire à côté des camions sur les routes glissantes. Chargés comme nous sommes, ce n’est pas raisonnable de prendre de tels risques.

Nous attendons une bonne demi-heure avant de repartir sous une fine pluie, je ne suis pas rassurée mais nous ne pouvons pas rester au milieu de nulle part plus longtemps, la nuit va commencer à tomber.

Il est bientôt 17h, je propose à Olivier de s’arrêter dans la prochaine ville afin de trouver un hôtel.

Après une première tentative un peu glauque, nous parvenons à trouver un endroit où dormir à Duc Phong, une petite ville sans grand intérêt.

Nous venons de parcourir 180 kilomètres dans la journée, la fatigue commence sérieusement à se ressentir. Nous déposons nos sacs avant d’aller sur la place du marché déguster un Pho avec les locaux. Alors que nous commençons à manger, un énième orage éclate à côté de nous, suivi d’une forte pluie. Nous terminons notre soupe et nous rentrons en courant à l’hôtel se regarder une petite série au sec.

Samedi 19 Mai

Ce matin, je suis réveillée par la lumière du jour ‪à 5h30, impossible de me rendormir ensuite, l’excitation de la dernière journée de route. Nous partons manger un bon banh mi dans la ville pour prendre des forces. A chaque étape, nous dégustons un sandwich différent, celui-ci est particulièrement bon.

Aujourd’hui nous parcourons les derniers kilomètres pour rejoindre HCMV (ancien Saigon). Nous redoutons un peu l’arrivée dans la ville, il y a un trafic important dans le centre et principalement des motos comme à Hanoi.

La chaleur est écrasante, nous réalisons que nos bras sont complètement noirs avec l’intensité du soleil sur la moto, le vrai bronzage des routiers !

Il n’y a rien de spécial à voir car c’est une autoroute. Nous parcourons plusieurs villages en compagnie de camions qui continuent à nous klaxonner, c’est toujours aussi désagréable.

Olivier conduit toujours prudemment, d’autant plus que nous voyons régulièrement des accidents dans les villes, cette fois-ci un bus est rentre dans un scooter.

Nous sommes à 50 kilomètres d’HCMV et nous remarquons déjà l’augmentation du trafic et des camions. Au loin nous distinguons la ville et les buildings, l’arrivée est proche, il faut être encore plus prudent, le nombre de scooters ne cesse d’augmenter.

Nous franchissons un dernier pont avant d’arriver dans le district 1, le cœur du centre-ville. Finalement c’est plus facile de rouler ici qu’à Hanoi, les routes sont plus spacieuses et même si la densité du trafic est poussée à l’extrême c’est moins dangereux. Olivier continue d’attirer les regards des locaux avec tous nos sacs et son visage occidental.

Nous y sommes, devant notre hôtel ! Si heureux d’avoir accompli avec succès ce nouveau road trip dans les plaines du Vietnam du Sud.

Allez Goodbye le Sud Vietnam!

>> Ce qui nous a marqué:

- Les champs de cafetiers et les forêts de pins

- Les milliers de papillons

- Les orages toujours à la même heure

>> Ce qu’on a aimé:

- La variété de paysages

- Traverser des petits villages authentiques

- Discuter avec les locaux

>> Ce que l’on n’a pas aimé:

- Les camions et leurs klaxons incessants

- Les nombreux chemins en mauvais états

- Les accidents de la route récurrents

Next destination: Hô Chi Minh Ville

Allez Goodbye

Written by

French travellers in Asia & Latin America

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