Test du Fujifilm X-Pro 2

Pas besoin de s’équiper d’un pignon fixe ou de se laisser pousser la barbe pour l’apprécier : le X Pro 2 est plus qu’un appareil stylé.

Cela fait deux mois que je fait l’acquisition de ce boitier et depuis, je bourlingue un peu partout avec.

Qu’on se le dise, mon nouveau compagnon de route est un très bel objet. Même si la comparaison ne me semble pas juste, on l’assimile souvent aux appareils estampillés Leica pour son allure rétro. Pour moi, le boitier du X Pro 2 ressemble plus à celui d’un Contax G2 (un doux rêve dont je vous parlerai plus tard).

Réconciliation avec Fujifilm

Le premier élément qui m’a attiré vers le Xpro 2 est son ergonomie. En effet, j’étais à la recherche d’un petit boitier capable de répondre à mes exigences. Je le trimballe partout sans difficulté et il m’offre une qualité équivalente à celle de mon 5DMIII. Une expérience à laquelle j’ai gouté après avoir shooté un mariage au LEICA M7. J’ai été subjugué par le confort d’utilisation. Quel plaisir de shooter sur un boitier bien plus léger et fun à utiliser qu’un gros reflex ! Après avoir fait le tour de l’offre actuelle, je me suis finalement orienté vers le Xpro 2 car il me semblait être le compromis idéal. Utilisant principalement le 35mm 1.4 sur mon reflex, je me suis orienté vers une optique comparable chez Fujifilm : le 23mm 1.4 (équivalent d’un 35mm chez Canon).

Pourtant, mon histoire avec Fujifilm n’avait pas très bien débuté. Précédemment possesseur d’un Fujifilm X100, j’avais été extrêmement déçu par la lenteur du boitier : l’accès aux menus est lent et le EVF à une vitesse de rafraichissement tout aussi molle. Ce boitier s’était avéré inutilisable dans un cadre professionnel. Surtout pour les personnes, comme moi, qui font de l’événementiel où les moments intéressants surgissent sans prévenir.

Un compagnon de travail fiable

Alors que donne ce boitier en utilisation professionnel ? Je l’ai pris avec moi sur les deux derniers mariages que j’ai photographié et sa compagnie fut un régale. Déjà, il ne m’a attiré que des compliments de la part des invités surpris par son coté rétro. On me demande souvent si c’est un boitier argentique. Mais ce qui me plait le plus, c’est sa discrétion. C’est un appareil idéal pour réaliser quelques photos discrètes durant l’apéritif, il offre un rendu au style très « reportage ».

J’ai également apprécié la présence de deux ports SD, permettant de dupliquer les données et d’ajouter un niveau de sécurité pour les images. Les cartes SD sont souvent capricieuses et très fragiles, ce que Fujifilm a bien compris. Malgré le look minimaliste de l’appareil, vous retrouverez de nombreux boutons et diverses fonctions qui satisferont les plus « control freak » d’entre nous. Le nombre de boutons qu’ils ont réussi à mettre sur une toute petite surface est impressionnant. Seul bémol, il y en a tellement que l’on se retrouve vite à appuyer sur tout les boutons sans le vouloir. Heureusement, il y a une parade : il suffit de rester appuyé sur le bouton central pendant quelques secondes afin de verrouiller l’ensemble des boutons au dos pour éviter ce genre de bêtises.

Photographié au Fujifilm Xpro-2 (1/3500s — F/2.0–200 ISO )

Une nouvelle façon de photographier

Côté image, je suis rassuré : elles sont riches et détaillées malgré la présence d’un capteur APS-C (plus petit capteur qu’un plein format). Ayant l’habitude de ne shooter qu’a travers mon objectif, je trouvais fun l’idée de shooter en mode désaxé avec son viseur optique, ce qui me pousse à voir et à composer mes photos différemment. De son côté, le sélecteur de mise au point remplit largement sa mission. Il permet de choisir l’endroit exact où l’on souhaite faire sa mise au point très simplement. Le bouton se situe au dos du boitier et il est dédié à cette tâche. Plutôt que de faire une mise au point puis de recomposer, cette solution permet de s’assurer d’être nette à tous les coups. Il y à 77 points de contrôle définies par défaut mais il est possible d’étendre la fonction à 243 points. C’est impressionnant mais c’est trop pour un utilisateur comme moi puisque ça ne ferait que ralentir la mise au point. Enfin, je ne trouve rien à redire non plus sur les ISO. Sur le papier, l’appareil peut monter jusqu’a 51 200 ISO et l’on peut pousser jusqu’à 6400 ISO sans se retrouver avec une image dégoulinante.

Photographié au Fujifilm X-pro2 (Filtre N&B : Acros)

Seul problème : le flou de profondeur

Il y a bien un élément qui me déçoit, c’est le bokeh. Le flou de profondeur de champs est inférieur à celui que j’obtiens avec mon 5DMIII avec une optique équivalente. Il y a bien une explication à cela — le XPRO2 possède un capteur APS-C, plus petit qu’un plein format, et génère donc des floues moins « riche » — mais ça reste un élément gênant pour moi. Ca restera bien le seul.